L'énergie solaire s'invite partout L'énergie coûte de plus en plus cher et beaucoup se tournent vers l'exploitation de nouvelles sources d'approvisionnement. Parmi elles, le solaire, ...
Total a-t-il inventé une technologie propre d'expl La volonté exprimée par Total de mettre en oeuvre son PER de Montélimar n'a rien de rassurant tant qu'une technologie "propre" d'exploitation des hydrocarbures non conventionnels liquides ou gazeux n'est disponible... et l'on sait les dégâts de la fracturation hydraulique pour les gaz et pétroles de schiste comme ceux de l'exploitation des sables bitumineux ainsi que les risques des forages à grande profondeur (envisagés avec concupiscence au large de la Guyane).
Heureusement que, autour en particulier de Négawatt, d'autres que les pétroliers et les nucléocrates se préoccupent de construire une vraie politique énergétique alternative, en optant clairement pour la diminution de la consommation des énergies fossiles et nucléaires.
Si on demande aux détenteurs des permis d'exploration de communiquer dans les deux mois les méthodes qu'ils ont l'intention d'utiliser, en leur précisant qu'ils perdront leur droits dans le cas où la fracturation hydraulique figure dans ces méthodes, quelle sera la réponse? Tout d'abord, il faut bien comprendre que les opérateurs n'ont pas besoin de recourir à la fracturation hydraulique en phase d'explorartion qui, comme l'indique Total, s'étend jusqu'au puits de découverte et éventuellement des puits complémentaires. Donc la réponse pourrait être tout simplement "on n'utilisera pas la fracturation hydraulique sur le permis d'exploration". Mais cette réponse en cache une autre, car pourquoi dépenser argent et efforts sur un permis d'exploration s'il n'a pas de chance d'évoluer un jour en permis d'exploitation? Total (et les autres détenteur de permis) doivent donc répondre en interne notamment à la question suivante: la technologie offrira-t-elle à temps une méthode d'exploitation qui satisfera les exigences technico-commerciales et les contraintes légales et règlementaires? La réponse n'est pas univoque, car ce n'est pas la réponse actuelle qui est pertinente, c'est celle que l'on aura lorsque viendra le temps (disons dans 3-5 ans), peut-être, d'exploiter un gisement. Cela dépend principalement de trois variables: a. Tout d'abord les besoins du réservoir (il faut aller voir pour le savoir, donc explorer); b. Les technologies disponibles au bon moment (leur sens commercial dépendra du prix du gaz à ce moment et dans les années qui suivront); c. Le cadre règlementaire qui s'appliquera alors (peut-être plus doux, sans doute plus dur). Eviter de répondre aujourd'hui et conserver le permis d'exploitation, c'est prendre un petit risque qui donne des options dans les temps pour répondre à a/, en comptant sur des avancées pour répondre à b/ tout en espérant (activement...) que c/ ne complique pas les choses. De gros opérateurs comme Total investiront certainement dans la R&D pour répondre à b/, surtout s'ils ont les moyens de tester leur technologie ailleurs (Pologne ou Ukraine par exemple), tandis que de plus petites sociétés attendront patiemment les développement de l'industrie. Dans un cas comme dans l'autre, le marché de l'énergie leur indique clairement aujourd'hui qu'ils auraient tort de ne pas conserver (à bas prix) une option sur le gaz de schiste français - et les stratèges nationaux ne veulent sans doute pas prendre de retard sur cette option en cas de retournement de situation (approvisionnement russe, acceptabilité du nucléaire...). Quant à la relation entre a/ et c/, elle dépend fortement des volumes récupérables face aux alternatives... Donc, rien de surprennant pour l'instant. Ce qui serait étonnant, c'est que dans les 5 ans à venir le gaz perde de l'intérêt dans le mix énergétique et que des vraies alternatives voient le jour plus vite qu'une combinaison viable de a, b et c. Etonnant, mais pas impossible et ça n'a pas grand chose à voir avec le gaz de schiste. En attendant, il serait naïf de ne compter que sur un échec des gaz de schistes. Il faut au contraire redoubler d'efforts pour matérialiser une véritable alternative aux énergies fossiles. Dans les 5 ans à venir, la question est de savoir si "sobriété, efficacité et EnR" restera un slogan ou deviendra un projet de société.