La chambre des représentants américaine a approuvé mardi une loi permettant de poursuivre les membres de l'Organisation des Pays exportateurs de Pétrole (OPEP) pour manipulation du marché, comme n'importe quelle entreprise.
La majorité du camp républicain s'est jointe au camp démocrate pour voter un texte qui autorise la poursuite des pays membres de l'OPEP dans le cadre des lois Antitrust. Voté à 324 voix contre 84, il implique la création d'une équipe spécialisée rattachée au ministère de la justice, chargée d'enquêter sur le mécanisme des prix et sur d'éventuelles manipulations des cours du pétrole. Elle serait également chargée de déterminer les conséquences sur les cours des fusions dans l'industrie pétrolière.
Selon les défenseurs du projet de loi, elle priverait l'OPEP de son "immunité souveraine", et permettraient d'appliquer à son encontre les lois Antitrust condamnant les ententes sur les prix et les manipulations de cours.
Mais cette loi a de grandes chances de ne jamais être appliquée : la Maison Blanche a prévenu qu'elle y opposerait son veto, arguant de possibles mesures de retorsions de la part du cartel du pétrole. L'an dernier, une mesure similaire avait été adoptée par le Sénat, mais annulée par la menace de véto de la Maison Blanche.
En visite en Arabie Saoudite, George W. Bush a obtenu une hausse de 300 000 barils par jours de la production saoudienne (sur 9,45 millions de b/j), tout en se heurtant à un nouveau refus de la part de l'OPEP d'augmenter significativement sa production.