Faire un tour de la Méditerranée à bord d'un voilier dont le moteur auxiliaire, indispensable à toutes les manoeuvres de port, sera sans rejet direct de gaz carbonique, tel est le défi du projet "Zéro CO2".
Ce voilier de 12 mètres construit par le chantier naval RM de la Rochelle, sera équipé d'un moteur électrique alimenté par une pile à combustible, à hydrogène développée par le CEA Liten à Grenoble.
Le projet "Zéro CO2 autour de la Méditerranée à la voile" doit notamment permettre de démontrer l'efficacité du mix-énergétique du voilier RM 1200, capable d'utiliser un panel d'énergies propres le rendant autonome vis-à-vis du pétrole : une pile à combustible à hydrogène alimentant son moteur auxiliaire électrique, des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) pour subvenir aux besoins du bord.
La pile à combustible, le stockage hydrogène et l'intégration sont réalisés par l'Institut Liten du CEA à Grenoble.
L'architecture électrique à bord du voilier exploite les trois vecteurs énergétiques suivants : le rayonnement solaire, le vent et l'hydrogène. Les panneaux photovoltaïques et l'éolienne d'une puissance respective crête de 200 W et 300 W assurent la charge des batteries dites de servitudes pour les appareils électriques à bord 12V tels que les instruments de navigation, les équipements de confort et le pilotage du système pile à combustible.

Le module de puissance à pile à combustible de 35 kW est dédié à la propulsion du voilier et aux batteries de secours 400V. Il assure également la conversion électrique basse tension pour les servitudes et le chauffage de l'eau sanitaire.

Le bateau sera à Marseille pour des essais en mer à partir du printemps 2010 et devrait quitter Marseille en avril 2010 pour sa mission scientifique. Le projet zéro c02 est porté par quatre partenaires : le cea, l'université Joseph Fourier et la société de valorisation Floralis, et le constructeur RM.
L’énergie et le bateau :
Pour la première fois un voilier RM 1200 sera équipé d’une plateforme scientifique de recherche et développement de démonstration d’autonomie énergétique. Le bateau RM est construit à la Rochelle. La pile à combustible, le stockage hydrogène et l’intégration sont réalisés par l’Institut Liten du CEA à Grenoble.
Le bateau dans son environnement :
Le laboratoire d’analyses embarqué est constitué de deux technologies innovantes, Sara et Ecometrix, développées par l’Université Joseph Fourier et la Société Floralis. Elles permettront l’analyse des polluants atmosphériques issus des activités humaines, industrielles et urbaines, typiquement des gaz comme le monoxyde de carbone, l’ammoniac, le méthane mais également des polluants plus complexes tels que les composés organiques volatils (COVs) et leurs résidus dans l’eau et dans les sédiments des ports. Les technologies utilisées pour les mesures dans l’environnement proviennent d’innovations technologiques de laboratoires de l’Université Joseph Fourier (Laboratoire de Spectrométrie Physique et Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement), qui complètent celles portées par Sara et Ecometrix,
L’environnement et le littoral :
Le projet étudiera particulièrement : le processus de production énergétique autonome des territoires (production locale d’ « Hydrogène Vert » à partir de l’installation de panneaux solaires photovoltaïques et d’éoliennes sur les toits des bâtiments portuaires) de réduction des consommations d’énergie, de connaissance des pollutions et de lutte contre ces pollutions.
L’étude de préfiguration d’ « Hydrogène Vert » est conduite par l’Université Joseph Fourier et ses laboratoires en association avec le CEA.
Les financements :
Le financement est assuré majoritairement par le chantier naval RM (projet éligible au crédit d’impôt recherche) associé à un investissement des partenaires et des sponsors (toujours en cours de recherche). Le laboratoire embarqué et les campagnes de mesures associées feront l’objet de financements spécifiques dans le cadre de programmes de recherche nationaux et internationaux.