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Rénovation de l'habitat: vers une précarité énergétique durable ?
  
Rénovation de l'habitat: vers une précarité énergétique durable ?"Il devient donc urgent de revoir totalement la philosophie des politiques publiques en matière d'économies d'énergie, faute de quoi nous n’atteindrons pas les objectifs ambitieux du Grenelle de l'environnement."

Jean Bergougnoux**, président de l'association Equilibre des énergies donne son opinion sur les futurs chantiers qui s'annoncent aussi bien en France qu'en Europe avec la rénovation énergétique de l'habitat.

Cette année encore, avec le Projet de loi de finances 2012 et la Table ronde sur l’efficacité énergétique initiée par le Ministère du Développement durable, les pouvoirs publics tablent sur la rénovation lourde des bâtiments résidentiels et tertiaires pour réduire les consommations d'énergie du secteur.

Ces opérations peu nombreuses, coûteuses et peu rentables sont économiquement irréalistes, surtout en période de crise, et socialement inéquitables. Il devient urgent de revenir à des solutions plus pragmatiques et efficientes pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement !

Car si le logement neuf répond dès aujourd’hui aux objectifs posés, le bâti existant, lui, présente un véritable défi en matière d’amélioration de la performance énergétique.

Rappelons trois réalités économiques incontournables :

► Les investissements d’économie d’énergie dans un logement présentent des “rendements décroissants” : à montant égal investi, plusieurs opérations légères présenteront une meilleure rentabilité énergétique qu’une rénovation lourde,

► Les particuliers (ou gestionnaires d’immeubles) raisonnent souvent en temps de retour sur investissement, compte tenu des économies de facture énergétique escomptées et bien sûr des aides éventuelles de l’Etat. Or, la rénovation “lourde” d’un bâtiment existant, presque aussi chère que la construction d’un logement neuf, n’est souvent rentable qu’au bout de 30 ans : elle demande donc des aides de l’Etat plus importantes par kWh économisé pour déclencher l’investissement. De plus, la réussite de l’opération est souvent aléatoire, car la logistique est considérable et la coordination d’une multitude d’intervenants et de parties prenantes incertaine (propriétaires, bailleurs, locataires, autorités administratives…),

► enfin, 3,8 millions de ménages sont aujourd’hui en situation de précarité énergétique, dans des logements mal isolés et mal équipés. Alors qu’ils devraient être les premiers bénéficiaires des aides permettant la réalisation d’améliorations à fort impact sur leur facture énergétique, ils n’ont pas la capacité d’investissement nécessaire à une rénovation lourde.

Ce constat pose ainsi la question de la bonne allocation des fonds publics. L’efficacité et l’équité incitent à privilégier des opérations de rénovation légères, valorisant au maximum l’euro investi et l’utilisation des fonds publics, à l’inverse donc des tendances actuelles ! Il s’agit là de bon sens et de solidarité sociale…

Cibler la rénovation légère d’un nombre important de logements, présente en effet un double avantage.

D’une part, induire des investissements à temps de retour attractif pour les particuliers tout en optimisant l’utilisation des fonds publics. D’autre part, engendrer l’adhésion d’un plus grand nombre d’acteurs - particuliers ou professionnels - à sa mise en œuvre. Cela favorise ainsi une large prise de conscience des responsabilités de chacun en matière de maîtrise des consommations d’énergie, et donc de rénovations, nécessaires aux objectifs visés par le Grenelle de l’environnement. La différence de recours entre le Crédit d’Impôt Développement Durable et l’Eco-prêt à taux zéro confirme cette analyse: tandis que le CIDD a permis les rénovations intermédiaires de plus de 6 millions de logements sur 6 ans, l’éco-prêt à taux zéro n’a financé la rénovation lourde que de 150 000 logements en 2 ans.

Certes, le groupe de travail "Ménages" de la Table ronde sur l’efficacité énergétique, qui poursuit ses travaux sous l’égide de Nathalie Kosciusko-Morizet, a pris conscience de ce dilemme. Il propose ainsi de "trouver un équilibre entre une aide massive à un petit nombre de logements pour réaliser des rénovations thermiques très ambitieuses, et des aides concernant un plus grand nombre de logements, mais ne permettant de réaliser que des rénovations thermiques d’ampleur et d’efficacité limitées".

Force est cependant de constater que les mesures préconisées jusqu’à présent privilégient essentiellement la rénovation lourde du bâti, alors que les logiques économique et sociale - surtout en période de forte contrainte budgétaire - militent fortement pour la seconde alternative ! 

** Jean Bergougnoux est consultant, président d'honneur de la SNCF et directeur général honoraire d'EDF


 Lu 1414 fois 
 Publié le 03/01/2012 à 07:47 
© Enerzine.com
 
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Tom2559


Invité



le 03-01-2012 09:18:57
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Bonjour,

Cet article est un publireportage caché des partisans du chauffage électrique qui oublient de le dire et une donnée importante : l'augmentation constante des énergies de 6% par an depuis 10 ans et une tendance au moins égale pour les 10 prochaines années. Les rénovations légèrent ne règleront pas le problème de la précarité énergétique qui touchera bientôt un ménage sur 3.

chelya


Membre
depuis le 29-04-2009
le 03-01-2012 10:12:16
  Bas de page     Répondre  

Tout ceux qui connaissent les grands enjeux savent que ce que préconise la filiale d'EDF équilibre des énergies ( http://heloim.sinclair.over-blog.com/ar … 46729.html ), serait une catastrophe pour l'indépendance énergétique de la France... Un batiment qu'on rénove c'est un batiment qu'on met aux dernières techniques disponible pour le garder pendant 30 années supplémentaires. On voudrait nous faire croire qu'il est possible de faire une demi-rénovation, mais celà implique de ne faire que des modifications cosmétiques qui ne changeront rien à sa consommation et d'avoir des batiments qui seront déjà périmés (et donc invendables) à la fin des travaux...

C'est gràce à ce type d'action de lobying (qui a un pendant institutionnel très fort et met des barrière réglementaire infranchissable envers toutes actions visant à diminuer les gaspillages énergétiques) que la main d'oeuvre française dans le bâtiment est la moins formée aux économies d'énergies par rapport au reste de l'Europe et que la France arrive à avoir des couts de construction écologique aussi élevé alors que déjà nos voisins arrivent à faire des constructions passives moins chère que les constructions conventionnelles... ( http://www.lemoniteur.fr/195-batiment/a … competitif ).

Maintenant en période de crise, on a un peu autre chose à faire que de gaspiller l'électricité juste pour permettre à EDF de garder son chiffre d'affaire, cette entreprise ferait mieux de dépenser de l'argent à se trouver un nouveau business model qui lui permettrait de continuer sa croissance dans un monde où on va consommer de moins en moins d'énergie plutot que d'essayer de nous faire revenir au XXe siècle...

Pastilleverte


Invité



le 03-01-2012 11:51:51
  Bas de page     Répondre  

Sans dout sans doute
reste que la question de la précarité énergétique ne sera pas réglée par des actions "lourdes" mais peu nombreuses.

Oui, dans l'idéal, il faut faire de la rénovation lourde sur 80% du bâti actuel et "moyenne" sur 10 à 15%., et toujours dans l'idéal avec l'aide de l'etat, c'est à dire nous, nos impôts;

Que celui qui a une bonne conscience des problèmes énergétiques à venir commence par payer (plus d') des impôts.

Et c'est pas le voisin qui doit commencer, mais bien vous, nous, moi.

Meilleurs voeux (énergétiques) pour 2012.

Bertrand


Invité



le 03-01-2012 14:23:07
  Bas de page     Répondre  

Un freelance chez gazprom
Chelya avec sa pastoche de germanophone n'est absolument pas partisan du chauffage au gaz en remplacement de l'électricité nucléaire, mais pas de l'électricité EnR. Quand les nouveaux batiments generent plus d'énergies qu'ils n'en consomment, pourquoi les chauffer avec cette électricité produite puisque la mode promue par Chelya est de chauffer au gaz?

Chelya souhaite moins de précarité en France, en augmentant par deux ou trois la facture d'énergies des français gràce à l'importation massive de gaz qui assure l'indépendance énergétique de notre pays, comme tout le monde le sait. Il souhaite aussi la disparition de EDF, Areva, Total, GDF-Suez... pour lutter contre le chomage en France. Ein Chelya comprendra un jour que que ces entreprises sont déjà les plus gros investisseurs dans les EnR...

L'association équilibre des énergies ouvre des débats, depuis l'été dernier, pour trouver un équilibre énergétique en France avec des membres comme: Union des maisons françaises (UMF), Union sociale pour l’habitat (USH), Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) et des associations de consommateurs comme Familles Laiques de France, tous bien connus pour etre des filiales d'EDF! Le très anonyme M. Chelya doit etre freelance chez Gazprom et intervient subtilement dans les forums pour développer son business. On ne peut pas lui en vouloir...

Tech


Invité



le 03-01-2012 16:20:17
  Bas de page     Répondre  

Efficacité
je pense qu'il existe asses d'"experts" pour déterminer quels sont les ^projets qui permettent de réduire la facture énergétique des locataires.

en qualité et nombre le choix devrait plutôt être tranché en fonction de l'énergie économisée, et ou générée!

le hlm derrière chez moi c'est couvert sur la terasse de beau garde-fous ! 'normalement personne n'a accès à cette terasse! mais pour le prix, des panneaux solaire thermiques et/ou photovoltaïques auraient été plus judicieux! qui a pris la décision?

moise44


Membre
depuis le 21-04-2009
le 03-01-2012 22:17:36
  Bas de page     Répondre  

Mais depuis quand sont ils construits tes HLM ? Et puis malheureusement, les chauffes-eau solaire ne sont pas legion. Sans doute que les subventions ne sont pas assez fortes sur ce type d'installations. A mon sens, il vaut bien mieux subventionner les chauffe-eau solaire que le solaire pv, mais cela ne plaira pas aux antinucléaire et autres pro photopiles... pourtant, il faut moins de matières rares et moins d'énergies rien qu'a la fabrication...durée de vie supérieure, maintenance plus faible...
Je suis plutôt d'accord avec le fond de l'article : subventionner plusieurs petits changements permettrait de stabiliser la consommation, a condition que les occupants prennent bien conscience de la valeur de l'énergie et qu'ils ne se décident pas a investir dans un autre appareil électrique plus gros ou plus énergivore a coté : c'est l'effet rebond. càd reprendre ce qui a été gagné par l?efficacité énergétique en consommant pire das un autre domaine.
En chauffage électrique, il y a des petits changements qui sont aussi efficaces qu'en chaudières a fioul ou chauffage au gaz. rien que des panneaux rayonnants a la place des convecteurs classiques, c'est entre 10 a 15% d'aconomies de chauffage. C'est un oparation légère que tout le monde ou presque peut faire pour pas si cher...
Plus cher , et plus lourd : les fenêtres a double ou triple vitrage permettent de limiter les rayonnements thermique vers l'extèrieur. Avec un peu de dommotique une fermeture des volets automatique (pour ceux qui en ont) au coucher du soleil diminue aussi les pertes, a la min c'est encore mieux et plus économique.
Des petits actes en grande quantité sont bien plus éfficaces que des grandes actions en petite quantité, or c'est justement ce qui se passe actuellement, alors que personne ne veut voir ses impôts augmenter pour se voir ensuite refuser une aide d'état subventionnant la rénovation.
C'est le "proverbe" du colibri. Je fais ma part des choses et si nous sommes nombreux, l'éfficacité de l'action est assurée.
Je penses que c'est le fond ce qui est écrit dans cet article.

lion


Membre
depuis le 30-11-2008
le 03-01-2012 23:53:25
  Bas de page     Répondre  

Grenelle de l'environnement,

Il était clair depuis le début de la loi Grenelle 1 c'est à dire avant la crise économique que les chiffres donnés sur la réhabilitation thermique étaient inaccessibles.

D'abord financièrement.

Ensuite administrativement quand on a affaire à des copropriétés par exemple. L'Etat devait donner l'exemple pour ses propres bâtiments? Et les bailleurs d'habitat social sont peu enclins à faire des investissements qu'ils ne peuvent pas répercuter sur les loyers.

Enfin techniquement pour un certain nombre d'immeubles

Suden


Invité



le 04-01-2012 10:08:49
  Bas de page     Répondre  

L'importance des stratégies de réhabilitation éner
Bonjour,

Nous partageons totalement les propos de Jean Bergougnoux et nous avons développé cet argumentaire dans "La réhabilitation énergétique des logements" paru aux Editions du Moniteur fin 2011.

Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin

(auteurs également de nombreux ouvrages tels que: "L'urbanisme durable, concevoir un écoquartier", Le Moniteur, 2009 (réédité en 2011), "Ecoquartier mode d'emploi", Edition Eyrolles, 2009, "Développement durable et renouvellement urbain", Edition L'Harmattan, 2006, etc.)

 
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