Ce taux de dépendance énergétique est calculé sur l'énergie primaire (énergie théoriquement disponible) et pas sur l'énergie finale (qui est utilisée par les consommateurs)
Or, une grande partie de l'énergie primaire produite en Europe, c'est le charbon et l'énergie nucléaire dont plus de 60% de l'énergie est perdue dans les centrales électriques.
Au total, en 2007, 429,4 millions de TEP ont été perdues dans la production d'électricité en Europe qui était de 242 millions de TEP ou 2814 TWh.
Question J'ai évoqué le fait, sur les Echos.fr, que le rendement réel d'un radiateur électrique n'était que de 23% à cause des pertes. Mais quelqu'un m'a soutenu que les pertes sur le réseau n'était en fait que de 5%. Vous, vous dites 60%, alors qui dit vrai? Pouvez-vous expliciter où se situe ces pertes?
Dans une centrale électrique, le rendement est de : 33% pour une centrale nucléaire (36% demain dans un EPR). En moyenne de 35,5% pour une centrale au charbon en Europe (chiffres 2007).
D'abord, dans les centrales nucléaires, 67% de la chaleur est perdue dans les turbines à vapeur, pour convertir la chaleur en électricité. Dans les centrales au charbon, 64,5% de la chaleur est perdue.
Ensuite, l'électricité est distribué aux clients grâce aux réseaux électriques avec quelques pertes.
En 2008, 492,5 TWh ont été distribué aux clients français avec 32,2 TWh de pertes.
Soit un taux de perte de 6,5%.
Enfin, avec un radiateur va convertir l'électricité en chaleur avec un rendement de presque 100%.
Au final, pour 1000 kWh de chaleur nucléaire, on obtient 330 kWh d'électricité. 21,4 kWh d'électricité sont perdus dans le réseau électrique pendant le transport.
Le client final reçoit 308 kWh d'électricité qui peuvent fournir 308 kWh de chaleur avec un radiateur électrique. Avec 1000 kWh de chaleur venant du charbon, le client final va recevoir un peu plus, 332 kWh.
Avec 1000 kWh de nucléaire ou de charbon, on perd plus de 650 kWh soit plus de 65%.
Pertes Pour etre précis et compléter la réponse précédente, lors d'un calcul thermique d'un batiment on prend aussi en compte le rendement de distribution (1 pour l'électrique, perte électrique du réseau du batiment considérée nulle), le rendement d'emission (0,95 pour un convecteur) et le rendement de régulation (0,99 pour un convecteur). Le rendement d'un convecteur peut donc etre considéré de 0.99*0.95=0.94.
La chaine globale depuis le réacteur jusq'au service rendu serait alors :
0.33*0.935*0.94=0.29
Donc 70% de la chaleur est fournie aux oiseaux.
on pourrait pousser le raisonnement avec l'energie nécessaire à l'extraction et approvisionnement du minerai...
evidement ce raisonnement peut s'appliquer à tous système énergétique.
En effet c'est compliqué on pourrait en conclure que produire de l'électricité à partir de chaleur avec cycle vapeur est peu efficace. Et que cette électricité doit etre alors économisée et réservée aux usages captifs électriques, ou privilégié les systèmes à cogénération.
Pour le nucléaire c'est particulier puisque on reserve son emploi qu'à l'électricité, on n'utilise pas sa chaleur, à quand des réseaux de chaleur citadins sur petits réacteurs...il parait qu'il n'y aucun risque avec cette techno, alors pourquoi pas ?
à climax 1891 Excusez moi, je n'avais pas compris que votre raisonnement sur les pertes dans l'electricité cachait en fait le message que "l'essentiel de l'énergie finale en Europe est importés", ce qui effectivement se voit très bien sur votre graphe, notamment pour pétrole et gaz.
Ce qui prouve bien qu'il n'y a pas que l'électricité dans la vie (énergétique...).
à climax 1891: complément Pour s'en convaincre encore plus, il serait d'ailleurs très iteressant ( est-ce que ça existe?) d'avoir le même schéma que celui que nous nous avez fourni avec les imports (I) sur la gauche) exprimés non pas en MTEP , mais en M€ (ou Mld€)
Merci pour vos réponses. Ma conclusion à moi sera donc, vive l'énergie de proximité, cogénération, biogaz, hydroélectricité sans oublier le feu dans la cheminée!
Et du coup j'ai une autre question, Paris consomme chaque jour 550 millions de M3 d'eau douce sous pression dans des tuyaux. Je pense qu'une eau sous pression peut être turbinée, donc qu'elle est le potientiel de production électrique de cette source d'énergie? Serait-elle financièrement rentable?
@ bruno lalouette "Ma conclusion à moi sera donc, vive l'énergie de proximité [...] sans oublier le feu dans la cheminée!"
Malheureux, vous voulez donc tous nous tuer ! :)
Pour rappel, les particules fines font environ 42000 morts par an en France, et de l'ordre de 40% d'entres elles sont dues au secteur résidentiel (à savoir les feux de cheminée). Les feux de cheminée sont donc responsables d'en gros 17000 morts par an, sans compter les incendies domestiques et les accidents de bûcheronnage.
"Et du coup j'ai une autre question, Paris consomme chaque jour 550 millions de M3 d'eau douce sous pression dans des tuyaux. Je pense qu'une eau sous pression peut être turbinée, donc qu'elle est le potientiel de production électrique de cette source d'énergie? Serait-elle financièrement rentable?"
Cette eau est mise volontairement en pression via des pompes électriques. La turbiner serait donc inutile (il s'agit déjà d'énergie électrique à la base) et du gâchi (pertes du système).
il me semble que le raccourci résidentiel=feux de cheminée est un peu sommaire. le chauffage au fioul est-il émetteur de particules ? Il est vrai que dans certaine vallée les fumées de cheminées sont une vrai source de pollutions à ne pas négliger. Un changement de matériel permettrait déjà de grandement réduire les consommations et donc les pollutions (label flamme verte).
d'autre part les zones de pollutions aux particules sont concentrées dans les grandes agglomérations et là c'est bien le transport qui en est la source principale (feux de cheminées à Paris?).
en contrepoint on pourrait plus dire que c'est les conducteurs de diesel en ville qui veulent nous raccourcir l'espérance de vie.
Et attention à ne pas relier le % d'emission avec un % de mort, concentration des pollutions, exposition des population....