L'énergie solaire s'invite partout L'énergie coûte de plus en plus cher et beaucoup se tournent vers l'exploitation de nouvelles sources d'approvisionnement. Parmi elles, le solaire, ...
Economie de tep On a l'impression en lisant l'article d'une économie substancielle et "bonne pour la planète".
Une autre manière d'exprimer la même réalité (en admettant que l'économie annoncée soit réelle) : "l'économie d'électricité s'élève à 1,3 TWh soit 0,24 % de la production et 0,27 % de la consommation annuelle de la France) ou encore 112 000 tep en énergie finale".
Evidemment, en appliquant le fameux coefficient de 2,58, on obtient bien un équivalent de 290 000 tep en énergie primaire. Sauf qu'en France, on économise pas 290 000 tonnes de pétrole, en réalité on économise majoritairement de... l'uranium et de l'eau !
En effet, pendant l'été, l'électricité fossile ne dépasse guère les 6 % du mix, alors qu'en hiver elle sera en moyenne supérieure à 10 %.
Les économies en CO2 ne sont pas non plus très importantes. En été le mix "tournant" en moyenne à environ 40 g CO2/kWh, on peut estimer un gain 52 000 tonnes de CO2 au total sur les 36 millions émises annuellement par le mix (soit 0,15 %).
On voit donc que si le gain de 1,3 TWh existe (ce qui est difficile à démontrer), il a un impact relativement faible.
Heure d'été N'oublions pas que cela concerne les 27 pays membres de l'UE, les mix énergétiques sont différents (plus de thermiques) donc les économies carbones seront aussi plus importantes. Alors arretons de polémiquer sur des "impacts relativement faibles", toute action est bonne à prendre et celle ci est d'autant plus remarquable qu'elle est une initiative commune à plusieurs pays.
Exact Echec et Mat, pardon... merci m.Mat pour cette intervention... on peut préciser que tous si nous adaptons notre rythme de vie (sans jouer aux hippies...) aux saisons nous serons tous gagnants, une réduction de la facture énergétique et une santé un peu plus préservée...avec un rythme plus proche de celui de notre propre nature...
Priorités En admettant que cette économie sur l'éclairage soit réelle (RTE dit que cela lisse la bosse du soir sur la courbe de charge) et à peu près répartie de la même manière en Europe, il est évident que l'impact CO2 sera très différent en France et en Pologne par exemple : 1,3 TWh économisé ferait 52 000 tonnes d'émission en moins en France et 1,2 millions de tonnes en Pologne !
Comme les polonais consomment environ 3 fois moins d'électricité que nous, disons qu'ils auraient économisés seulement 0,4 TWh avec l'heure d'été. Seulement ces 0,4 TWh représentent tout de même presque 400 000 tonnes de CO2.
Je n'ai rien contre l'heure d'été et nous pouvons tout à fait être solidaires de nos voisins européens, seulement si on parle une fois encore d'économiser l'énergie fossile et de réduire les émissions de CO2, il ne faut pas se contenter de parler du passage à l'heure d'été en France, il faut attaquer le problème à la racine et parler des sources de consommations d'énergie fossile et d'émission de CO2.
Parler de la suppression de la pointe du soir due à l'éclairage, c'est bien. Parler de la centrale à lignite de Belchatow, c'est encore mieux :
http://www.enerzine.com/41/6513+alstom- … -co2+.html En gagnant 3% sur les émissions de CO2 de cette seule centrale, on gagne 1 millions de tonnes de CO2 par an soit 19 ans d'heure d'été en France ! Il y a urgence.
De l'addiction au contenu moyen en CO2.... Sur le fond, je suis parfaitement d'accord avec Dan : si l'on veut réduire efficacement les émissions de CO2, il faut d'abord éviter de construire de nouvelles centrales au lignite ou au charbon. Et pour celles qui existent et qu'on ne peut pas remplacer du jour au lendemain, les solliciter le moins possible. A ce titre, même en France, toute réduction de consommation d'électricité est bonne à prendre. Quand on produit 50 GW avec 48 GW de nucléaire et hydraulique et 2 GW de charbon, en 1 heure, on émet 2.000 t de CO2 (à 1 kg de CO2 par kWh pour une centrale charbon - les autres n'émettent pas de CO2) ; et on peut s'amuser à calculer une valeur moyenne d'émission (petit jeu que semble particulièrement affectionner Dan, et sur lequel EDF fonde son image verte) : 2.000 t pour 50 GWh produits au total, on arrive bien aux 40 g CO2/kWh. Supposons maintenant qu'on réduise la consommation, et la production qui va avec, de 1 GW. Si on baissait tous les moyens de production au prorata (c'est à dire, en produisant 49 GW avec 47,04 GW d'hydraulique et 1,96 GW de charbon), on garderait bien la même émission moyenne de 40 g CO2/kWh ; et l'intérêt de réduire la consommation de 1 GW serait bien maigre... Oui, mais voila, dans un système électrique, les choses ne se passent pas comme ça : on baisse en priorité les centrales qui ont le coût de production le plus élevé, en l'occurrence celles au charbon, et les 49 GW de consommation seront satisfaits par 48 GW de nucléaire et hydraulique, et 1 GW de charbon. Dan pourra vérifier que le contenu moyen en CO2 du kWh produit est de 20 g, mais bof!... la moitié de pas grand chose, c'est toujours pas grand chose... "braves gens, votre entreprise publique préférée a tout bien pensé pour vous, ce n'est pas la peine de réduire vos consommations! ..." Pourtant, en réalité, chacun des premiers kWh economisés évite bel et bien le rejet de 1 kg de CO2, en France comme dans n'importe lequel des pays européens.
Réduction automatique ? D'abord en France et pour EDF la limite ultime de réduction des émissions de CO2 est de 18 millions de tonnes par an (après on passe en dessous de zéro !), soit en gros la moitié de ce que la centrale de Belchatow émet en une année.
Avec votre équation, la réduction est impressionnante et à la limite si on a besoin de 48 GW de puissance appelée (-4%), on a plus de charbon ! Seulement il semblerait que l'équation réelle soit un peu différente et on a du charbon même au mois d'août.
De même, lorsque la France consommait 4% de moins (c'est à dire 460 TWh au lieu de 480), elle ne fonctionnait pas sans charbon.
De toute façon, il serait bon de ne pas se cacher la vérité au niveau de l'Europe, si on a la volonté de traiter le problème des émissions de CO2 dans la production électrique, il faut attaquer le lignite et le charbon, où les gains potentiels sont énormes (rappelons les 400 millions de tonnes d'émissions annuelles des allemands).
Si on a pas la volonté, on peut continuer à disserter sur le contenu en CO2 du kWh français. Rappelons aussi que ce contenu est avant tout politique et c'est bien pourquoi GDF -Suez nous présente des contenu en CO2 de 600 g pour le chauffage électrique et 300 g pour le chauffage au fioul ! ça c'est bon pour la planète !
1) "on a du charbon même au mois d'août" : vrai. Mais (assurément en août 2008, où j'ai controlé extensivement, ce doit être le cas en 2007 aussi - à partir des données du site http://www.rte-france.com) : - la production 'charbon + gaz' a été inférieure aux exportations sur toutes les 744 heures du mois ; sans les interconnexions avec les systèmes voisins, ces productions n'auraient pas eu lieu. - la production 'charbon + gaz' n'a jamais été rigoureusement nulle, mais, du vendredi 15 3h au lundi 18 6h, elle est restée dans la plage 260-290 MW ; idem du samedi 2 18 h au lundi 4 6h ; on a même eu 180-220 MW du dimanche 10 8h au lundi 11 6h. Là, on butte sur les limites de la transparence à la française, mais je ne pense pas me tromper en disant que ces productions sont celles liées au gaz de haut fourneau (Richemont - 117 MW - et /ou Dunkerque - 800 MW, une partie de l'énergie venant du gaz des hauts fourneaux voisins). Vraisemblablement, aucun groupe charbon ne fonctionnait sur les plages horaires décrites plus haut - conclusion : il est techniquement possible de passer des périodes de plusieurs dizaines d'heures, voire plusieurs jours consécutifs sans groupe charbon ; quand il y a du charbon qui tourne en août (et plus généralement dans toutes les périodes de basse consommation), c'est uniquement pour l'exportation. Autrement dit, si on veut comprendre ce qui se passe dans la production d'électricité, on passera à coté de l'essentiel en raisonnant France seule.
2) "lorsque la France consommait 4% de moins (c'est à dire 460 TWh au lieu de 480), elle ne fonctionnait pas sans charbon" : encore vrai. Mais on peut comparer les bilans énergétiques de RTE entre 2003 et 2008 : - la consommation est passée de 468,4 à 494,5 TWh (+5,6%) - la production de 542,1 à 549,1 TWh (+1,3% !!!) - l'essentiel de la hausse de consommation française en 5 ans a été pris sur les exportations, descendues de 66,4 à 48 TWh. Pas étonnant dans ces conditions qu'on ne voit pas grandes conséquences sur la production thermique à flamme en France. Les effets, c'est à l'étranger qu'ils se sont faits ressentir (il a bien fallu qu'ils produisent 18 TWh de plus pour satisfaire leur consommation) ; peut-être pas à Belchatow même, mais certainement dans des centrales qui ne doivent pas être loin de lui ressembler...
Conclusion Pour vous, le problème N°1, c'est la baisse des exportations françaises (que l'on attribue généralement en grande majorité au nucléaire) qui a pour conséquence d'obliger nos voisins à utiliser plus leurs centrales à charbon.
Nous aurions donc dû faire en sorte de conserver le niveau record de 70 TWh pour soulager notamment les allemands.
Nous avons donc trop attendu pour lancer la construction des EPR de Flamanville et de Penly !
Il existe une autre solution : éviter de tourner autour du pot en culpabilisant les français : il suffit de reconnaître que le problème des émissions de CO2 des centrales électriques est dans les pays qui émettent du CO2 et d'inciter ceux-ci à y remédier. Une première mesure, en Allemagne, serait d'éviter de brider les centrales nucléaires existantes pour éviter de devoir s'alimenter à partir des centrales nucléaires françaises.
Pour ce qui concerne la réduction de la consommation qui entraîne mécaniquement, selon vous, une très forte réduction du recours au thermique, je vous laisse analyser les chiffres des 9 dernières années (mix à peu près stable).
de 2000 à 2008, la consommation est passée de 441 à 494 TWh (+ 12%), dans le même temps la production thermique est passée de 50 à 53,2 TWh (avec un pic à 59 TWh en 2005). Si on raisonne à l'envers, on voit bien que si, avec des mesures énergique de réduction de la consommation, on revenait à 441 TWh en 2009 (-10,7 %), on aurait toujours au moins 50 TWh de thermique. Globalement, la réduction serait donc au mieux proportionnelle.
Encore une fois, on est parfaitement d'accord sur le diagnostic du problème principal (j'ai déjà eu l'occasion de le dire sur un fil précédent) : la production d'électricité est trop carbonée chez nos voisins. C'est sur les conclusions que nous divergeons. Vous dites en substance (je schématise, ne m'en voulez pas) : "Nous, français, sommes extremement vertueux, ce n'est pas la peine de faire d'efforts sur notre consommation d'électricité (ni avec le passage à l'heure d'été, ni en modérant le développement du chauffage électrique par effet Joule,...), les autres n'ont qu'à suivre notre exemple !". Mon point de vue est différent : "Nos voisins ayant fait et faisant ce qu'ils font (même si on peut trouver ça regrettable), notre appétance pour l'électricité (qui nous fait tourner le dos à la maîtrise de la demande et développer des usages non performants de l'électricité) se traduit par des productions supplémentaires à l'étranger, qui rejettent beaucoup de CO2 dans l'atmosphère (la même pour eux et pour nous)". Si des mesures de maîtrise nous faisaient revenir à 441 TWh de consommation en 2009, je ne serais pas du tout gêné que la production thermique à flamme en France reste autour de 50 TWh : ça signifierait que nous exporterions beaucoup plus, et qu'il y aurait beaucoup moins de production thermique à flamme à l'étranger. Et globalement, il y aurait beaucoup moins d'émissions en Europe.
Exportation versus importation Première remarque : par rapport à l'ampleur du problème d'émission de CO2 "électrique en Europe", soit presque 1,3 milliards de tonnes/an selon la base de données EPER (UE à27), j'ai l'impression que nous débattons de ce que j'ai déjà appelés les "queues de cerises" pour amuser la galerie !
D'autre part, si nos importations d'électricité sont chargées en CO2, c'est bien parce qu'il y a problème que l'on ne veut pas nommer et dont on ne veut pas débattre, faute de quoi on glose sur le nucléaire.
Ceci dit puisque nous sommes "coupables" de nos importations, qui, soit dit en passant, sont de moins en moins maîtrisées par l'ouverture des marchés, regardons les importations.
La première chose que l'on constate est que pour étudier les importations, c'est bien les importations qu'il faut regarder et non les exportations (le lien n'est pas aussi direct qu'il y paraît). Il faut regarder par exemple les années 2005 et 2007 sur le lien suivant :
http://www.rte-france.com/espace_client … u_2005.jsp En 2005, nous avions un meilleur solde global avec 58,6 TWh mais nous avons importé 32,3 TWh. En revanche en 2007, le solde s'était dégradé à 55,5 TWh, mais nous n'avons importé que 27,5 TWh. Cela veut dire qu'en 2007, nous avons moins exportés (83 TWh contre 90,9 en 2005, soit -8,7 %) pourtant, nous avons moins sollicité les centrales étrangères.
L'année 2002 est un record pour le solde, non pas tant à cause des exportations, mais plutôt à cause de la faiblesse des importations voir le tableau page 2 du bilan 2008 :
http://www.rte-france.com/htm/fr/mediat … e_2008.pdf Enfin, dire que grâce à la maîtrise de la consommation d'électricité en France, il y aurait beaucoup moins d'émissions en Europe est une plaisanterie (nos importations sont aux alentours de 30 TWh sur 3 300 produits, soit 0,9 %).
Pour savoir où sont les problèmes et solutions pour le CO2, refaites un petit tour sur la base de données CARMA :
http://carma.org/region/detail/4