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Comment améliorer la sûreté nucléaire internationale ?
  
Comment améliorer la sûreté nucléaire internationale ?Nathalie Kosciusko-morizet, la ministre de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, en coopération avec l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN), a organisé mardi à Paris, un séminaire ministériel dédié à la sûreté nucléaire.

33 pays se sont rassemblés, afin de progresser ensemble sur la mutualisation des moyens et des connaissances, sur les audits de sûreté, sur la transparence ou encore sur les dispositifs de solidarité technique et humaine en cas de crise.

Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986 et aujourd'hui Fukushima : pour la troisième fois, une centrale nucléaire connaît un accident grave, qui impose de revoir à l'échelle mondiale les règles de la sûreté nucléaire. Comme pour les deux premières catastrophes, la communauté internationale doit tirer les enseignements de Fukushima, afin d'améliorer la coopération internationale, tant sur le plan de la gestion de crise que sur celui de la prévention des risques.

« On ne peut pas continuer à penser comme on pensait avant Fukushima. Ce que nous a appris cette catastrophe, ce qu'il faut en retenir, c'est qu'il suffit d'un accident dans une centrale pour avoir des conséquences terribles et irréversibles sur l'humain et sur l'environnement. Il est impératif d'améliorer la coopération en matière de sûreté nucléaire civile, au niveau international, car elle n'est pas encore à son meilleur niveau. C'est tout l'enjeu de cette rencontre », a indiqué Nathalie Kosciusko-morizet.

Les participants, qui regroupent les pays du G8 et les pays membres de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN), se sont appuyés sur les conclusions du G8 de Deauville (qui s'est tenu le 27 mai dernier) pour faire avancer ce débat. A l'issue de cette réunion, ils proposent :

En matière de prévention des risques nucléaires :

· Un large consensus s'est dessiné au sein des pays participants pour que tous les pays disposant d'installations nucléaires réalisent des audits de sûreté ou « tests de résistance ». Ces « tests de résistance », directement issus des premiers éléments de retour d'expérience de l'accident de Fukushima, permettent d'évaluer leur niveau de sûreté et de tester leur capacité à résister à des événements majeurs.

· Les pays participants ont également rappelé l'importance de réaliser dans chaque pays des revues périodiques de la sûreté de leurs installations, à chaque étape de leur exploitation, examinant l'ensemble des composants des installations et s'assurant de leur bon fonctionnement.

· Il apparait nécessaire de renforcer le rôle global et les missions de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) et en particulier les systèmes d'évaluations (des cadres nationaux de sûreté, des installations nucléaires) qu'elle pilote.

· Il est également nécessaire de renforcer les activités de sûreté nucléaire de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN) visant une plus grande harmonisation des pratiques en matière de sûreté.

· La présidence française du séminaire demande à l'AIEA de revoir ses standards de sûreté à la lumière de l'accident de Fukushima et de veiller à leur bonne application. En particulier, comme demandé par le G8, l'AIEA est invité à revoir ses standards sur la construction et l'exploitation des centrales nucléaires en zones sismiques, et en tenant compte de l'impact global d'événements naturels.

En matière de gestion de crise nucléaire :


· Les pays participants ont réfléchi aux moyens de donner davantage forme à une solidarité internationale face à ce type d'accident, en développant des équipes d'intervention rapide et en prévoyant de mutualiser leurs dispositifs de secours et d'assistance. Des aménagements des conventions internationales pertinentes (notification rapide, assistance) devraient également être proposés.

· Des formations à la gestion de crise doivent être menées au niveau international, pour mutualiser au maximum les expériences. Il faudrait également harmoniser les procédures de gestion de crise (par exemple faire en sorte que les rayons d'évacuation autour des centrales ou les seuils à partir desquels ingérer de l'iode soient cohérents entre pays proches géographiquement), et de faciliter la coopération entre les cellules de crise.

Nathalie Kosciusko-morizet présentera aujourd'hui, les conclusions de ce séminaire aux autorités de sûreté nucléaire. Celles-ci pourront appuyer leurs travaux sur les discussions engagées par les décideurs politiques.

La synthèse de ces journées sera également transmise à l'AIEA, dans le cadre de la préparation de la réunion que l'Agence organise du 20 au 24 juin prochain à Vienne. Cette réunion internationale permettra de mettre en place des solutions concrètes pour renforcer la sûreté nucléaire à l'échelle mondiale.


 Lu 535 fois 
 Publié le 08/06/2011 à 07:40 
© Enerzine.com
 
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Reivilo


Invité



le 08-06-2011 10:36:59
  Bas de page     Répondre  

Rassurés ?
"Les pays participants ont également rappelé l'importance de réaliser dans chaque pays des revues périodiques de la sûreté de leurs installations, à chaque étape de leur exploitation, examinant l'ensemble des composants des installations et s'assurant de leur bon fonctionnement"

Sage décision mais ça semble quand même un minimum !



Quant à dire qu'il faut renforcer le rôle de l'AIEA, ce serait mieux de renforcer le rôle d'organismes indépendants et non d'une agence de promotion du nucléaire.



Pour les "tests de résistances" ils ont largement fait la preuve de leur inefficacité dans le domaine des stress-tests bancaires, et pour les centrales certains critères ne seront même pas pris en compte par exemple sur les risques liés au terrorisme.



Bref tout ça est un peu creux il faut souhaiter que les décisions "concrètes" prévues pour la réunion de Vienne, soient beaucoup plus rigoureuses.



Invité
le 08-06-2011 14:40:47

@ reivilo.

Je vous trouve bien sévère. 

Les revues internationales qui s'appelent les Osart pour les revues formelles et les Peer review pour celles qui le sont moins, sont pour les exploitants du monde entier qui veulent progresser des sources de recommandations très pertinentes.
Mais j'ai bien dit pour les exploitants qui veulent progresser! Et quand les autorités de sûreté du pays inspecté suivent l'application des recommandations dans le délai des 2 ans suite à l'inspection.

Après TMI, les USA qui n'avaient pas un échelon central d'expertise car les petites compagnies y sont majoritaires ont crée l'INPO à Atlanta qui est un organisme inter-compagnies qui analyse tous les incidents et les presqu'incidents pour formuler des recommandations qui donnent lieu ensuite à des vérifications de mise en oeuvre. Attention, l'INPO ne se sustitue pas à l'organisme de sûreté qui s'appelle aux USA la NRC. Les pays qui ont voulu adhérer à l'INPO ont pu le faire et la France a toujours des représentants à Atlanta depuis l'origine.

Après l'accident de Tchernobyl et surtout la fin du régime soviétique, un organisme international a vu le jour et s'appelle WANO. WANO est l'association des opérateurs nucléaires mondiaux qui inclut aussi l'INPO et formule ses recommandations aux différents pays adhérents.

La principale piste de progrès est la même que celle en vigueur dans tous les secteurs industriels, c'est le retour d'expérience. C'est comme cela que l'aviation ou la chimie ou le raffinage sont devenues des industries de plus en plus sûres.

Pour Fukushima, il est clair que si l'Autorité de Sûreté japonaise avait eu les mêmes exgences qu'en France ou aux USA, les réacteurs auraient été dotés de recombineurs d'hydrogène et de filtres à sable pour la rétention des produits volatils. Il n'y aurait donc pas eu d'explosion en partie supérieure du bâtiment réacteur et pas de rejets d'aérosols, iodes et césiums. Le césium est aujourd'hui le produit qui donne les irradaitions au sol tandis que l'iode a disparu par décroissance radioactive. En revanche, il y aurait eu quand même fusion des trois coeurs car la simultanéïté de 2 événements naturels successifs et hors dimensionnement, donnant lieu à la fois à la perte de toutes les sources électriques et à la perte de l'eau de refroidissement, n'était pas prise en compte et ne l'est pas ailleurs.

S'agissant du premier retour d'expérience à faire, il faut s'assurer que partout il y a une véritable autorité de sûreté. De ce point de vue, la situation française est très bonne.

S'agissant des premiers stress tests, il consiste à vérifier que les centrales font face aux accidents prévus dans le référentiel de sûreté réévalué en fonction du REX mondial.

Les chutes d'aéronefs ont été prises en compte à l'origine comme étant des accidents et non des actes terroristes. Ce n'est qu'après le 11/09/2001 que cette question s'est posée et c'est la raison pour laquelle l'EPR a été conçu différemment de ses prédécesseurs.

Les avions qui étaient présents autour du site des centrales et qui pouvaient connaître des avaries ont été pris en compte. Par exemple le F 16 américain modifié par les allemands qui avait une propension aux accidents figure dans le référentiel de sûreté de Fessenheim.

Après ces premiers stress tests, les autorités de sûreté vont demander aux exploitants comment ils peuvent faire face à un accident cumulant la perte totale des alimentations électriques et de la perte de l'eau de refroidissement à la suite d'un séisme par exemple.

Cette question est déjà posée en France. Les exploitants devront, avec les concepteurs, apporter des réponses satisfaisantes et les mettre en oeuvre. On pourra alors parler de 2ème phase de stress tests.

Quant à l'AIEA, n'oublions pas que cet organisme de l'ONU a été crée dans le cadre du traité de non-prolifération des armes nucléaires. Bien entendu, cet organisme a beaucoup évolué pour assurer une meilleure sûreté du nucléaire civil. Mais ne lui demandons pas l'impossible aujourd'hui.

lion


Membre
depuis le 30-11-2008
le 08-06-2011 14:42:47
  Bas de page     Répondre  

L'invité ci dessus est Lion

pamina


Membre
depuis le 23-05-2009
le 08-06-2011 15:33:27
  Bas de page     Répondre  

Je précise aussi que l'AIEA comprend 151 Etats membres, dont la grande majorité soit n'ont jamais eu d'installations nucléaires sur leur sol et certains, comme l'Autriche, sont opposés au nucléaire civil et d'autres ont récemment décidé d'en sortir.

Guydegif(91)


Membre
depuis le 26-11-2007
le 08-06-2011 23:42:39
  Bas de page     Répondre  

Unis pour améliorer la sûreté !
Relevé ce jour dans le Figaro:

<h2>La Suisse a réclamé ce mardi à Paris des inspections obligatoires des réacteurs par des experts étrangers. </h2>
Bonjour, ATTENTION !!!

L'affirmation ''...les radiations à Fukushima «n'ont tué heureusement personne à ce jour »'' est FAUSSE, car malheureusement il y a déjà eu des MORTS parmi les ''liquidateurs'' techniciens-intervenants sur les réacteurs de Fukushima pour des raisons d'exposition à de très fortes doses !
Certes les médias n'en ont pas beaucoup parlé pour des raisons de CENSURE nippone, mais suffisamment pour l'avoir entendu à la télé française.
Je suis sûr qu'en CREUSANT un peu sur cet aspect il y en aurait plus à dire, sur ces intervenants courageux mais SACRIFIéS, qui, même pour ceux pas morts dans les semaines ou mois à venir, auront une santé ruinée et de grosses répercussions pour eux et leurs descendants éventuels....
Sans parler des produits chimiques et radioactifs largués dans la mer pour Fukushima et dans nos fleuves et rivières en aval de nos centrales, autant de pollution sournoise pour nos nappes, faune, flore, et poissons...parfois voire souvent consommés...donc produits toxiques sournois rentrés dans notre chaine ALIMENTAIRE.... Pas vu, pas dit !!!!!!!! Attention aux poisons sournois !
A+ Salutations Guydegif(91)

lion


Membre
depuis le 30-11-2008
le 09-06-2011 00:45:32
  Bas de page     Répondre  

Guydegif,vous délirez?

mais il est tard et nous engagerons cette discussion demain.

 
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