Mardi 8 juillet à 6h30 du matin, un réservoir de la centrale du Tricastin a accidentellement débordé. 30 m3 de liquide contenant 12 grammes d'uranium par litre se sont déversés sur le sol et dans un canal adjacent.
L'accident s'est produit "pour une raison encore inconnue" dans un réservoir de la station de traitement de effluents uranifères (STEU) de la société Socatri, sur le site nucléaire du Tricastin. L'Autorité de Sûreté Nucléaire nous apprend que ce réservoir, en travaux, n'était plus étanche.
Le liquide déversé s'est infiltré dans le sol à l'intérieur de l'établissement de Socatri, et s'est répandu aux rivières "La Gaffière" et le "Lauzon" via le réseau des eaux fluviales.
Sur recommandation de l'ASN, le Préfet a décidé d'interdire toute utilisation et contact avec l'eau dans les zones impactées.
Plus précisément, les mesures suivantes ont été prises :
- Interdiction de la consommation d'eau potable issue de captages privés sur les communes de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône.
Cela concerne les captages du périmètre suivant :
Nord : limite départementale
Ouest et est: canal de Donzère-Mondragon et Rhône
Sud : R.D. 994
- Interruption de l'irrigation agricole issue de la Gaffière et de l'Auzon
- Interdiction des activités nautiques et de la baignade sur les plans d'eau du Trop-Long, du Baltraces (Bollène) et des Girardes (Lapalud)
- Interdiction de la pêche et de la consommation dans :
La Gaffière (y compris dans la partie amont située dans la Drôme)
L'Auzon
La Mayre Girarde
Le Lac du Trop-Long
Ces interdictions sont des "mesures de précautions", a déclaré l'ASN, qui annonce que Socatri a mis en place un plan de mesures et de surveillance de l'environnement, ainsi qu'une opération de décontamination de la zone polluée sur le site.
L'IRSN et Socatri ont également lancé des expertises pour connaître l'augmentation de la teneur en uranium dans les jours à venir dans la nappe phréatique entre la Gaffière et le Rhône.
Une inspection des installations nucléaires du sites sera menée par l'ASN le 10 juillet, afin de déterminer les causes précises de l'événement et examiner les mesures mises en place par l'exploitant.
L'ASN affirme que la "concentration en uranium mesurée dans la Gaffière a été de l'ordre de mille fois le 'bruit de fond' habituellement relevé, et est actuellement en rapide diminution."
"L'impact sanitaire est très limité", assure-t-elle.
La Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (Criirad) a immédiatement réagi en relevant dans un communiqué que le "rejet dans l'environnement [est] plus de 100 fois supérieur à la limite annuelle" autorisé pour la Socatri (71,7 MBq en isotopes de l'uranium par an).
La Criirad note également qu' "Aux termes de l’arrêté du 16 août 2005, la limite d’activité volumique des isotopes de l’uranium dans les effluents après traitement doit être inférieure à 50 Bq/l. Toujours sur la base d’un rapport isotopique naturel et de l’absence d’isotopes artificiels, l’activité massique des effluents serait de 307 000 Bq/l, soit un dépassement de plus de 6 000 fois la limite réglementaire."