• Informer - découvrir - comprendre
  • Espace Abonné
login
pass
Découvrez la lettre quotidienne d'information !
Inscription    Exemple ?  
La filière 'HVP' (1ère partie)
1870 visites
Article publié le 09/05/2007 à 11:50 par Yves Lubraniecki
 
Actuellement, l'humanité est confrontée à trois des dangers les plus massifs qu'elle ait rencontrés depuis sa naissance : l'augmentation de l'effet de serre qui met carrément en péril la biodiversité à cause de la rapidité des changements climatiques, la fin du pétrole, alors que toute l'économie mondiale est construite sur le pétrole, le déséquilibre de plus en plus insupportable entre les pays riches et les pays pauvres qui, au-delà des aspects humains inacceptables, génère des tensions géopolitiques allant crescendo tout autour du monde.
Le point crucial de ces difficultés est l'énergie. Or, seule une source d'énergie apporte dès aujourd'hui de bonnes réponses à ces questions : "l'huile végétale pure" (HVP).

En effet, utiliser de l'huile végétale non modifiée à la place d'une partie, la plus importante possible, des combustibles fossiles permet de sensibles améliorations grâce à une stabilisation de l'effet de serre, grâce à la mise en œuvre d'une économie qui préserve les réserves de combustibles non renouvelables et grâce au développement d'une saine activité économique dans les pays pauvres.

Il y a cependant trois conditions incontournables à poser en préalable, sinon le remède risque de détériorer encore plus vite le milieu naturel.

Malgré la progression d'une certaine prise de conscience depuis une quarantaine d'années, la menace environnementale n'a pas cessé de se préciser et de s'amplifier notamment sous trois formes :
  • 1ère MENACE : L'EFFET DE SERRE
Aujourd'hui, et depuis seulement quelques années, la population a commencé à prendre conscience d'un danger qui est spécifique par son caractère global. Il s'étend à la planète entière et menace l'ensemble des espèces en faisant varier leur milieu par une modification, déjà engagée, globale et trop rapide du climat terrien. Il s'agit de l'augmentation de l'effet de serre.
Sa cause est d'une simplicité biblique, essentiellement depuis la révolution industrielle de 1850, l'homme rejette sans compter dans l'atmosphère et sous la forme de gaz carbonique (CO2) le carbone que les plantes ont fixé pendant 300 millions d'années pour fabriquer ce que l'on appelle "les combustibles fossiles" : le charbon, le gaz naturel et le pétrole. Or le CO2 est l'un des plus volumineux gaz à effet de serre et il n'y a pas de combustible fossile "propre". Si l'on met du carbone fossile à l'entrée, on a la même quantité de carbone fossile à la sortie, quoi qu'on fasse.
Un chiffre, juste pour illustrer : 6 milliards de tonnes de rejets de CO2 d'origine humaine en 1950, 22 milliards en 1989, 24 milliards en 2000 (Source : Département américain de l'énergie [1]).

Avec, entre autres, les 8 % et plus de taux de croissance annuelle de la Chine et de l'Inde qui s'ajoutent à ceux des États Unis, de l'Europe orientale, du Brésil, de la Turquie, etc., le phénomène n'est pas près de s'inverser sachant que, grosso modo, un point de croissance économique a pour conséquence un accroissement d'un point de la demande d'énergie et donc des rejets de CO2.
  • 2e MENACE : LE MANQUE DE PÉTROLE
Les experts commencent à exprimer des craintes très fortes sur le moment où le pétrole va commencer à manquer. Ainsi, nous sommes en train de franchir un premier cap important : celui où, définitivement, le volume de la demande dépasse le volume des découvertes de nouvelles réserves [2].
Le cap suivant, connu sous le nom de "peak oil" est celui où la demande de pétrole va définitivement dépasser l'offre. Cette date fatidique ne cesse de se déplacer en fonction des expertises, mais de plus en plus clairement, elle semble s'approcher de façon menaçante pour l'économie du monde [3]. En tout cas, qu'il reste 5 ans ou 100 ans de pétrole ne change rien au fait qu'à ce jour nous ne savons pas répondre à la question : "Par quoi remplacerons-nous le pétrole ?".
  • 3e MENACE : L'EXTRÊME PAUVRETÉ
Parallèlement, la différence entre les pays riches et les pays pauvres s'améliore sensiblement entre le Nord et l'Asie ou entre le Nord et l'Amérique du Sud, mais demeure obstinément insupportable entre le Nord et l'Afrique. Elle ne "demeure" pas insupportable, elle continue à s'aggraver avec, notamment, des pays d'Afrique de l'Ouest, d'Afrique Centrale ou d'Afrique de l'Est bloqués dans une situation sanitaire, administrative et politique incompatible avec le moindre espoir de développement à court ou même à moyen terme. Avec 25,4 millions de séropositifs (source ONUSIDA). Par ailleurs, l'agence officielle "Faire reculer le paludisme" fait observer que "les économistes imputent au (seul) paludisme un déficit de croissance annuelle pouvant atteindre 1,3% dans certains pays d'Afrique" [4]. Imaginez la croissance de la France amputée d'un pour cent par une seule maladie !...

Il n'y a aucune charge pessimiste abusive dans ce triple constat qui n'est malheureusement plus contesté par les experts dignes de ce nom. Il reste à attendre des décisions politiques propres à rendre un peu de sérénité à l'avenir de nos enfants et des leurs.

Bien entendu, compte tenu des enjeux économiques en cause, nombreux sont ceux qui proposent la solution qui correspond le mieux, non à la situation, mais à leurs intérêts. Ils font ainsi totalement l'impasse sur les dangers que leur attitude irresponsable fait courir "pour de vrai" à l'humanité.

[1] <http://cdiac.esd.ornl.gov/index.html> puis « FAQ ».
[2] <http://www.oilcrisis.com/news/article.asp?id=8228>
[3] <http://www.oleocene.org/>
[4] <http://www.rbm.who.int/>
 
 
C'est trop beau pour être vrai !

Quelques calculs supplémentaires, par exemple sur le nombre d'hectares à consacrer à la culture des HVP si on veut remplacer le pétrole, permettrait de constater le caractère marginal de cette solution, voire le problème de concurrence avec l'alimentaire qu'elle entraînerait.

Et il existe un quatrième problème majeur aujourd'hui : l'appauvrissement des sols. Ce n'est pas en se ruant sur les HVP, avec des schémas agricoles productivistes classiques, qu'on va le résoudre.
Trouvez vous ce commentaire pertinent ?   3     0

Participer vous aussi à ce forum
ATTENTION, vous devez préalablement vous inscrire et être connecté

Vous avez la possibilité de laisser un commentaire dans notre forum de discussion afin d'éclaicir et d'enrichir l'article publié ci-dessus.

N'hésitez pas à nous signaler toutes formes d'abus en cliquant sur le lien présent en bas de chaque commentaire pour pouvoir le supprimer rapidement. Nous vous demanderons d'indiquer le motif de l'abus, ainsi qu'une courte explication ...

Pour pouvoir commenter, donner votre vote à un commentaire ou signaler un abus, vous devez préalablement vous enregistrer. Merci de vous connecter ici avec vos identifiants. Si vous n'êtes pas enregistré, inscrivez vous ici.

Cet article vous paraît intéressant ?
(Pour voter, faîtes 1 clic sur l'une des 8 étoiles ci-dessous)

Pertinence: 4.0/8 (22 votes)

 Yves Lubraniecki - Nancy
Mon site Internet
La passion pour la filière énergétique « huile végétale pure » qui anime l’auteur de ces lignes depuis 1989 s'explique sans doute par sa triple expérience :

a - dans sa jeunesse, pendant quelques années, il a été conducteur de poids lourds. Il a même conduit des engins de chantier. Cela lui a permis de connaître le fonctionnement d’un moteur diesel et, surtout, il a appris, par le vécu, ce qu’il est possible de faire ou non avec un moteur diesel.

b – il milite depuis 1988 dans une association de coopération de terrain dont l’objet social est d’apporter une aide concrète au développement global de deux villages d’Afrique de l’Ouest. De ce fait, il sait ce que ses partenaires africains pourraient faire ou non avec un moteur diesel fonctionnant avec de l’huile végétale produite sur place. Il connaît concrètement l’état de décrépitude économique de l’Afrique.

c – de formation juridique, il travaille depuis plus de vingt ans dans une collectivité locale de l’Est de la FRANCE où, entre autres, il a eu l'occasion de proposer aux élus puis de mettre en œuvre la politique de coopération décentralisée. Il sait donc ce que les élus peuvent faire ou non avec la filière « huile végétale pure ». Il sait également ce que les élus locaux pourraient dire à ce sujet aux élus nationaux pour qu'ils comprennent enfin l’importance capitale de ce dossier.

Par ailleurs, le grand-père maternel des deux plus beaux petits enfants du monde, c'est lui et il aimerait bien leur laisser une planète vivable…
.