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Nous marchons allègrement vers notre perte
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Article publié le 07/09/2007 à 09:47 par Michel Monette
 
Récemment, l'écologiste Chris Goodall a soutenu, calculatrice en main, qu'il est moins dommageable pour l'environnement de prendre sa voiture que de marcher pour se rendre au supermarché.

Dans How to Live a Low-Carbon Life, Goodall est formel : alors que la conduite d'une voiture britannique typique sur une distance de 3 milles [4.8km] ajoute environ 0,9 kg de CO2 dans l'athmosphère, marcher l'équivalent fait dépenser environ 180 calories et il faudra alors ingérer 100 g de boeuf pour les récupérer, la production du dit boeuf se traduisant par l'émission d'environ 3,6 kg de CO2 (Times online, Walking to the shops ‘damages planet more than going by car’).

Le problème, c'est que la consommation mondiale de la viande et des autres produits alimentaires de l'élevage est en hausse constante.

Déjà en décembre 2006, la FAO publiait un rapport démontrant que le secteur de l'élevage est responsable, à l'échelle mondiale, de plus d'émissions de gaz à effet de serre que le secteur du transport.

Or, la production de viande devrait passer de 229 millions de tonnes en 2001 à plus de 465 millions de tonnes en 2050, alors que celle du lait va passer pour sa part de 580 à 1043 millions de tonnes.

Voilà bien là un des grands paradoxes de l'amélioration du sort humain.

Certains diront qu'il y aurait une façon simple de résoudre ce paradoxe : remplacer la diette carnée par une diète végétarienne.

Pas si simple, en fait. Plus de 1,3 milliards de personnes vivent du secteur de l'élevage dans le monde, un secteur qui représente environ 40 pour cent de la production mondiale.

Imaginez un instant le virage formidable que représenterait le passage à une alimentation essentiellement végétale.

Ajoutons, pour compliquer le tableau, que l’élevage est, pour de nombreux agriculteurs pauvres des pays en , « aussi une source d’énergie renouvelable pour la traction animale et une source essentielle d’engrais organiques pour leurs cultures », toujours selon la FAO.

L'élevage est une véritable calamité environnementale, Jugez-en par ces chiffres :

  • 65 pour cent des émissions d'hémioxyde d'azote (imputables essentiellement au fumier), qui a un potentiel de réchauffement global (PRG) 296 fois plus élevé que le CO2 ;
  • 37 pour cent de tout le méthane dû aux activités humaines (agissant sur le réchauffement 23 fois plus que le CO2) ;
  • 64 pour cent de l’ammoniac, qui contribue sensiblement aux pluies acides ;
  • 30 pour cent de toute la surface émergée de la terre sert à l'élevage et 33 pour cent des terres arables sont utilisées pour la production fourragère ;
  • 70 pour cent des anciennes forêts d’Amazonie ont été converties en pâturages.

Ajoutons que plus du cinquième des pâturages sont dégradés par le surpâturage, la compaction et l’érosion, sans compter les rejets de polluants dans les écosystèmes.

Or, non seulement devrons nous produire de plus en plus de végétaux afin de nourrir davantage d'animaux d'élevage qui coûtent cher en énergie, tout en polluant notre environnement, mais en plus, l'épuisement des sources d'énergie fossile, combinée à une demande d'énergie sans cesse croissante, fera en sorte que les végétaux seront utilisés en quantité croissante pour fabriquer du biocarburant.

Résultat : le prix des céréales et autres végétaux destinés à la consommation humaine et animale augmente déjà sur les marchés mondiaux, le coût de l'élevage suit, le prix des aliments ne saurait tarder à emboîter le pas à son tour...

...et les petits paysans n'auront plus les moyens d'exploiter leurs terres. Ils iront gonfler le flot des citadins devant acheter, pour nourrir leurs familles, ce qu'ils produisaient.

En complément : How to keep cutting that carbon

 
 
Très intéressant, mais il conviendrait de faire appel à la notion de dérivée première. Si y représente une variable endogène (à expliquer) et x une variable endogène (explicative), le comportement de la fonction y=f(x) peut alors être caractérisé par delta y / delta x, à savoir la variation (positive ou négative) qu?occasionne une variation petite de x. Si l?ingestion de calories à travers la nourriture est fonction de l?énergie consommée, ce qui nous intéresse est de savoir quel est le supplément de calories ingérées par rapport à l?effort supplémentaire presté. De la même manière qu?en économie on a l?habitude de constater que l?élasticité de la demande par rapport au prix est quasi nulle pour certains biens économiques, on peut constater que les calories supplémentaires ingérées restent plus ou moins constantes lorsqu?on fournit un effort supplémentaire. L?homme qui marche, plutôt que d?utiliser son véhicule, risque de ne pas consommer plus de viande que d?habitude, auquel cas la dérivée première tend vers 0. L?offre de viande serait par ailleurs totalement incapable d?assumer ce delta x s?il était significativement différent de 0. Il en va de même avec l?émission supplémentaire de CO2 par kilo de viande supplémentaire offert, qui risque de ne pas correspondre à la moyenne de CO2 par kilo produit. Il y a peu de comportements expliqués par l?une ou l?autre exogène dont la dérivée première est voisine de 1. Autre exemple : émission de CO2 et production d?électricité d?origine éolienne. Si, de par le phénomène d?intermittence éolienne et de la nécessité de régulation thermique qui s?ensuit , on peut estimer que la pollution éolienne est de 386gC02/KWh en moyenne, une baisse unitaire de la production éolienne risque de provoquer une émission supérieure à cette moyenne compte tenu des écarts de fonctionnement du régulateur thermique, d?autant plus qu?une baisse de 10% de la vitesse du vent résulte en une baisse de 30% de la production éolienne. La dérivée première est rarement constante tout au long de la plage de variation de l?exogène?
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 Michel Monette - Quebec (Canada)
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Je ne suis pas contre l’utilisation des technique du numérique pour améliorer l’exercice de la démocratie. Cependant, je suis plutôt critique face à l’enthousiasme des décideurs publics. Les techniques du numérique, communément appelées NTI ou NTIC, ne sont et ne seront jamais la démocratie. Les choix réels doivent se faire en amont et en aval ce celles-ci. J’ai souvent un point de vue critique. C’est un choix délibéré de ma part. D’autres sont plus positifs. Les effets d’une technique ne sont pas exclusivement positifs ou négatifs. La poudre à canon est un excellent exemple. Elle a été inventée pour faire des feux d’artifice. On sait ce qu’on en a fait par la suite. Faut-il pour autant prôner l’abstinence technique ? Aussi bien demander aux femmes et aux hommes de cesser de rêver…

Une dernière précision : tout ce que j’écris sur ce blogue n’engage que moi, le citoyen Michel Monette, maître en art en histoire, longtemps pédagogue, aujourd’hui communicateur.

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