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Pétrole : des réserves c'est bien, de la production c'est mieux !
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Article publié le 10/12/2007 à 11:05 par Caderange
 
On nous parle souvent des reserves mondiales de pétrole dans le monde pour évaluer pour combien de temps nous en avons encore avant que ces réserves ne s'épuisent. Un exercice difficile et à réponse variable comme le montre le shema ci contre en fonction des hypothèses prises, du plus ou moins grand optimisme de l'organisme auteur de l'évaluation et parfois du message que cet organisme, ou le lobby qui le soutient, veut faire passer.

Production Peack OilOn nous parle moins souvent des deux autres goulots d'étranglement qui affectent la mise à la consommation des produits pétroliers que nous utilisons et qui sont la production de ce pétrole brut à partir des gisements pétroliers et le raffinage. Or le Président de Total vient d'exprimer ses doutes le 31 octobre lors d'une conférence à Londres sur la capacité de l'industrie pétrolière à parvenir à un rythme d'extraction journalier de 120 millions de barils /jours qui est le besoin maximal calculé par l'Agence Internationale de l'Energie pour satisfaire nos besoins en 2030 en fonction du développement économique et de celui de la demande en produits pétroliers.

Rappellons qu'au jour d'aujourd'hui, l'industrie pétrolière mondiale n'extrait tous les jours 85 millions de barils.

Or Christian de Margerie vient d'exprimer, "en parlant sincérement, clairement et sans vouloir plaire aux gens", qu'il pensait qu'atteindre 100 millions de barils /jours en 2030 lui paraissait déjà un objectif difficile à atteindre. Jugement corroboré quelque temps plus tard par le PDG de l'américain ConocoPhillips,James Mulva, au cours d'une conférence à Wall Street qui disait: "je ne vois pas la production dépasser les 100 millions de Barils /jours. D'où cela pourrait il venir?". Même le Chairman de la Lybia National Corp a exprimé ses doutes à la même conférence à Londres que le monde puisse aller au delà des 100 millions de barils/jours.

Les raisons pour cette limitation de production journalière sont multiples. D'abord l'insuffisance des moyens humains( ingénieurs) et techniques ( barges, matériaux,pompes etc) pour arriver à suivre l'augmentation de la demande. L'autre raison , comme le dit le chairman d'ExxonMobil, Rex Tillerson, provient des restrictions que les compagnies rencontrent désormais dans certains pays pour accéder aux gisements pour des raisons politiques, de nationalisme économique, ou simplement parce que les besoins de développement de leurs pays et infrastuctures ou simplement financiers ne justifie pas d'aller au delà de leur production actuelle.Le chiffre de production qu'il serait possible d'atteindre en 2030 si ces barrières étaient levées a été calculé par ExxonMobil à 116 millions de barils/Jours.

Pour certain experts le Peak Oil ressemblera plutot à un plateau de production ondulent pendant une ou deux décades avant de prendre une courbe plus définitivement descendante.

Un autre obstacle est le cout sans cesse croissant des recherches et developpement des champs pétroliers. Parce que ceux qui sont découverts aujourd'hui sont de plus petite taille et situés dans des zones climatiquement ou d'accès difficile. Ou encore parce que les gisements nouveaux sont géologiquement plus complexes comme le seul mégagisement découvert ces dernières années, celui du Kazakstan, ou plus difficiles à exploiter comme les sables bitumineux du Canada. Pour simplement maintenir le niveau de production actuel, il faudrait, du fait du déclin des champs existants pouvoir ajouter tous les ans une production nouvelle de 4 millions de barils/jour soit l'équivalent de la production actuelle de l'Alaska.

L'un des experts qui s'exprimait s'est même félicité que l'on commence à s'interesser au problème du peak oil qui d'après lui devrait se traduire par de difficultés d'approvisonnement et des pics de prix dès 2012 alors que le réchauffement climatique qui mobilise toutes les energies ne créera de véritable problème que dans les années 2050 à 2100.

Dans ce climat incertain, félicitons nous de l'attitude de l'Opep et de son leader l'Arabie Seoudite qui, bien que ses membres n'aient, pour un certain nombre d'entre eux, pas absolument besoin de revenus nouveaux, jouent leur role de fournisseurs mondial avec une grande responsabilité.Ils viennent de décider d'investir 150 milliards de dollars pour accroitre leur niveau de production de 5 millions de barils/jours pour 2012 ( soit un total de producion de 89/90 millions de barils/jours). Et comme ils sont conscient de l'impact sur les prix de l'autre goulot d'étranglement de la chaine pétrolière, le raffinage, ils ont décidé d'investir également 50 milliards de dollars dans leur outil de raffinage.Merci messieurs!

 

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