Imprimante

La pollution du chauffage au bois inquiète Montréal

Les fumées de chaudières à bois inquiètent MontréalA Montréal, le chauffage au bois, largement répandu, est responsable d'une grande partie des émissions de polluants de la ville. Celle-ci s'alarme des risques que fait peser ce mode de chauffage sur la santé publique et sur l'environnement.

La concentration de particules fines émises par le fonctionnement d'un poêle à bois durant une période de 9 heures correspond à l'émission d'un véhicule automobile de taille intermédiaire pendant une année ou 18 000 km(1), explique la Ville de Montréal.

En 2007, on évalue à 85 241 le nombre d'appareils de combustion au bois sur l'île de Montréal et 50 550 unités pour la seule Ville. Ainsi, si chacun de ces appareils de combustion au bois était utilisé 9 heures par jour durant 1 mois, le total des particules fines émises correspondrait à celui d'environ 1,5 million de véhicules roulant 18 000 km annuellement.

"Depuis la crise du verglas à la fin des années 90, beaucoup de citoyens se sont installé des poêles ou des foyers. En milieu urbain, en raison de la proximité des résidences et des conditions climatiques particulières en hiver, la situation est fort problématique : l'ensemble des polluants demeure plus concentré dans l'air que nous respirons avec les risques que cela comporte pour notre santé. Il est temps de passer à l'action" souligne M. Alan DeSousa, responsable du développement durable de la Ville.

Depuis plusieurs années, la Ville de Montréal sensibilise sa population et demande aux habitants de couper leur appareil en cas de forte concentration de smog. Elle travaille également aux côtés de partenaires pour développer un programme de remplacement des appareils de chauffage au bois sur le territoire, incluant des hypothèses d'incitatifs financiers.

[DEVIS|6] Fumée de bois et pollution

Lorsque l'on brûle du bois, plus d'une centaine de composés toxiques sont libérés dans l'atmosphère et s'ajoutent à ceux émis lors de la combustion de l'essence, du diesel ou, en hiver, de l'huile à chauffage ainsi que ceux émis par de nombreuses industries. Les principaux polluants qu'on retrouve dans la fumée de bois sont les particules fines (PM2.5), le monoxyde de carbone (CO), des composés organiques volatils (COV), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des oxydes d'azote (NOx) et de nombreux produits irritants.

Il a été établi, en 2005, que le chauffage au bois résidentiel représentait 47% du total des émissions estimées des particules fines (PM2,5) au Québec, comparativement aux industries, qui sont responsables de 36% des émissions, et au transport, responsable de 17% des émissions (2).

Effets sur la santé

Plusieurs études ont rapporté que la combustion du bois a un impact sur la qualité de l'air et sur la santé de la population. La fumée dégagée par le bois qui brûle contribue à la formation de la pollution atmosphérique est jugée responsable de plus de 1500 décès prématurés chaque année à Montréal.

« Depuis plusieurs années, la Direction de santé publique considère que certaines substances émises par la combustion du bois sont reconnues cancérigènes, et que d'autres peuvent provoquer différents malaises comme des maux de tête ou l'irritation des yeux et des voies respiratoires, ainsi qu'aggraver l'état des personnes souffrant de maladies cardiaques ou respiratoires chroniques », explique le Dr Louis Drouin, de la Direction de santé publique de l'Agence de la santé de Montréal.


    (1) BANVILLE, Jean-François (2001). Comparaison des émissions de
        particules entre les poêles à bois et l'automobile, Environnement
        Canada, 6 p.
    (2) GOUVERNEMENT DU CANADA (2006), Branché sur l'air pur, Principales
        sources d'émission [en ligne], Ottawa, Environnement Canada, [réf. du
        27 février 2007] www.ec.gc.ca/cleanair-air-pur/principales sources
        d'émission

Bréve publiée le 23/06/2008 à 12:09 
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