Sur la zone portuaire de Boulogne-sur-Mer, la valorisation des résidus issus de la transformation du poisson permettra de produire de l'énergie directement utilisée par l'industrie agroalimentaire.
L'unité de production de biogaz de Boulogne-sur-Mer permettra prochainement de générer une énergie de 25 000 MWh par an, soit plus de 2000 Tonnes Equivalent Pétrole, à partir de matières organiques.
Cette usine sera opérée par Capénergie, une société créée en janvier dernier par Copalis, coopérative spécialisée dans la valorisation intégrale des co-produits du poisson, et Agriopale Services, spécialisée dans la valorisation de résidus organiques. Actuellement, Copalis traite 45 000 tonnes par an d'effluents liquides chargés organiquement, à une température favorable aux procédés de méthanisation.
Le secteur de la production agroalimentaire est à la fois un important consommateur d'énergie, et producteur d'effluents et de déchets organiques. Les résidus issus de la transformation du poisson sont gras et donc méthanogènes. En parallèle, les déchets verts (10 000 t) en provenance des collectivités environnantes ont un pouvoir méthanisant et structurant, selon une technique déjà maîtrisée par le milieu agricole.
Les boues résiduelles des stations d'épuration portuaires constituent également un gisement de valorisation de 10 000 tonnes par an. A cela s'ajoutent 10 000 tonnes de matières valorisables supplémentaires en provenance d'industries agroalimentaires de la zone portuaire.
Les déchets seront collectés dans un rayon de 3 km.
Les 25 000 MWh de biogaz résultant de cette méthanisation pourront se répartir en vapeur qui sera réutilisée par Copalis, en eau chaude également consommée par l'industrie agroalimentaire, ou éventuellement en électricité qui pourra être réinjectée sur le réseau électrique. Cette production représente l'équivalent des besoins en électricité et en chauffage d'une ville de 10 000 habitants. Elle sera donc destinée à l'alimentation en énergie des industries agroalimentaires du port, tandis que les résidus ultimes du process de production du biogaz retourneront comme compost vers la culture.