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Areva, où tu vas (suite) ?
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Article publié le 16/03/2009 à 09:58 par CaDerange
 
Areva a filialisé son activité développement, construction et ventes de réacteurs dans une filiale appelé Areva NP dont l'allemand Siemens, grand de la construction électrique et des turboalternateurs, possède trente quatre pour cent du capital. Une collaboration fructueuse avec Siemens dont le fruit principal est justement l'EPR, modèle de réacteur nucléaire qui réunit le meilleur des expériences françaises et allemandes du fonctionnement de la génération précédente de réacteurs.

En même temps, la question de la puissance financière d'Areva se posait régulièrement, quand on faisait le compte de ses énormes besoins de capitaux. Tel gouvernement se prononçait pour une augmentation de son capital par introduction en bourse, tel autre au contraire ne considérait pas qu'Areva était sur la liste des entreprises publiques privatisables.Siemens avait donc levé le doigt pour monter au capital d'Areva NP. D'autres entreprises françaises qui avaient nom Alstom ou Bouygues voire Total faisaient également le siège de l'actionnaire, l'Etat, pour prendre leur part de cette entreprise au développement prometteur. Le Roi choisit... de ne pas choisir et de conserver pour l'instant cette pepite dans son portefeuille. Ce faisant il écartait ainsi pour un temps Siemens qui avait le handicap de ne pouvoir amener aucune centrale nouvelle dans son pays d'origine, l'Allemagne. Et comme Angela Merkel ne paressait pas en position de retourner l'opinion allemande en faveur du nucléaire, l'affaire fut enterrée pour un temps.

Mais le temps de l'industrie n'est pas celui des politiques. Et son champ de jeu dans ce domaine n'est pas limité à son pays natal mais est mondial. C'est ainsi donc que Siemens, repoussé par les français et désireux de s'investir néanmoins dans le nucléaire mondial prit sa décision... de lâcher l'arrogant Areva pour un partenaire plus enclin à coopérer, le russe Rosatom.

L'affaire n'est pas terminé car Siemens avait accepté une clause lui interdisant en cas de rupture des accords de faire concurrence à Areva pendant 8 ans. Il faudra donc dénouer ces accords ce qui ne sera pas très facile pour un Areva à la surface financière limitée et dont le rachat de la part de Siemens dans Areva NP immobiliserait 2 milliards d'euros non prévus. On négociera donc vraisemblablement un prix de rachat plus faible contre un raccourcissement de la clause de non concurrence. Mais ne nous y trompons pas les jeux sont faits et nos politiques ont loupé l'occasion de batir un très grand européen du nucléaire.

Madame Merkel et Monsieur Sarkozy, au lieu de nous faire croire une fois à votre copinage et de vous regarder une autre fois en chien de faïence, vous auriez mieux fait de vous entendre sur des alliances industrielles aussi essentielles. ll y en a un qui doit bien rire en ce moment, c'est Vladimir Poutine !!!

 

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