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Déplacements urbains : le concept de voiture en libre-service va-t-il s'imposer ?
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Article publié le 17/08/2009 à 23:59 par René Tregouët
 
En ville, 50% des déplacements en voiture ne dépassent pas 3 km et 15% font moins de 500 m. Or le premier kilomètre pollue deux fois plus que les autres et toutes les grandes agglomérations cherchent des solutions innovantes visant à la fois à réduire la circulation automobile en centre-ville et à diminuer la pollution liée aux transports particuliers qui est non seulement nocive pour la santé mais contribue au réchauffement climatique.
Dans de nombreuses grandes métropoles, Londres, Stockholm, Milan ou Berlin, des systèmes de péages urbains ou de restriction de la circulation automobile ont été instaurés. Mais ces outils, pour intéressants qu’ils soient ne suffisent pas, à eux seuls, à diminuer suffisamment la circulation automobile en ville et de nombreuses villes commencent à expérimenter à plus ou moins grande échelle les concepts d’autopartage et de véhicules en libre service. A Ulm, en Allemagne, Veronika n’a pas les moyens de s’acheter une voiture. Mais elle avoue n’être guère une adepte des transports en commun. Pour se rendre à ses cours à l’université d’Ulm, elle a donc adopté le système Car2go, mis à la disposition des habitants de cette jolie ville du sud-ouest de l’Allemagne depuis fin mars : un service de voitures en libre-service, conçu par le groupe Daimler avec sa marque Smart Fortwo. "Cela m’économise un long trajet en bus, explique Veronika. Et je peux prendre et laisser la voiture à peu près n’importe où, c’est pratique." La flexibilité, c’est la clé du concept Car2go. A ce jour inédite pour l’automobile, la formule évoque le modèle du Vélib’ parisien que le maire de Paris, cherche à dupliquer en Autolib’. Contrairement au système traditionnel d’autopartage, le client n’est soumis à aucune contrainte de réservation. Il n’a pas à se rendre à une adresse donnée pour aller chercher son véhicule ou le restituer. Les voitures sont garées un peu partout en ville sur des emplacements gratuits, loués à Daimler par la municipalité, à des tarifs avantageux. Pour trouver la Smart la plus proche, il suffit d’appeler un central téléphonique. Le déverrouillage s’effectue ensuite grâce à une puce magnétique que l’utilisateur se fait coller sur son permis de conduire après une inscription gratuite. Sur la grand-place d’Ulm, la boutique chargée de délivrer le précieux sésame ne désemplit pas. "Même des touristes de passage veulent essayer", rapporte le vendeur. Comme Veronika, ils sont déjà plus de 9 000 à s’être enregistrés, sur les quelque 120 000 résidents de la cité souabe. Un chiffre qui augmente tous les jours et dépasse de loin les espérances des responsables du projet chez Daimler. "C’est un modèle qui fonctionne, car il est dans l’air du temps, estime le porte-parole,Andreas Lo. En milieu urbain, de moins en moins de gens possèdent une voiture ou bien répugnent à l’utiliser, à cause des difficultés de stationnement." Ainsi Daniela Schurch a renoncé à prendre son propre véhicule quand elle doit se rendre dans le centre-ville. "Cela me coûte trop cher en place de parking", explique cette jeune fonctionnaire, qui affirme faire des économies en louant une Smart de Car2go. Le tarif est de 19 centimes d’euros la minute tout compris (location, essence, assurance, stationnement). Le concept a démarré à Ulm à cause de la proximité d’un centre de recherche Daimler. "Notre but est surtout écologique, car nous espérons qu’un maximum de gens seront tentés de renoncer à leur voiture", explique Walter Laitenberg,chef de cabinet du maire. Les 200 Smart ne fonctionnent pourtant pas à l’électrique. Un choix que l’équipe de Daimler justifie par la complexité des infrastructures. "Mais si elle roule au diesel, la Smart n’est pas très polluante, car elle consomme extrêmement peu", justifie M. Leo. Avant de démarrer, il faut y entrer un certain nombre de données, notamment sur l’état de propreté intérieure et extérieure, ce qui permet d’évaluer l’utilisateur précédent. A long terme, le but est d’exporter le projet dans des agglomérations plus grandes. "Il faut commencer à petite échelle pour apprendre, mais Car2go a tout pour séduire des grandes villes qui ont des problèmes d’embouteillage", affirme M. Guillen. Dès l’automne, le concept sera développé à Austin, la capitale du Texas, qui compte 750 000 habitants. Il est vrai que la voiture en libre service est également en train de décoller outre Atlantique. Zipcar, la voiture à louer en libre-service, compte 300 000 abonnés après 10 ans d’existence aux USA et devrait enregistrer pour la première fois cette année des bénéfices. "La société s’agrandit malgré les difficultés de l’économie", a précisé Luke Schneider, directeur du service Technologie de Zipcar. "Cela change fondamentalement le rapport que les gens ont avec les transports dans nos villes", explique-t-il. "C’est un nouveau style de vie, plus simple et de meilleure qualité. La société, créée par deux anciens camarades de classe de Boston en 1999, vient par ailleurs de lancer une application sur l’Iphone afin de trouver plus facilement les voitures disponibles. "Le téléphone localise votre position", explique M. Schneider, "il vous montre où sont les Zipcar les plus proches". A Washington, 800 Zipcar sont stationnés aux quatre coins de la ville. L’abonnement annuel est de 50 dollars. La voiture coûte ensuite entre 7 et 14 dollars par heure suivant le modèle. La réservation peut se faire sur le site internet de la société. La voiture s’ouvre ensuite grâce à la carte magnétique que possède chaque abonné. Outre- Manche, Londres vient également de mettre en place un tout nouveau système d’autopartage, par le biais d’un accord entre ZipCar et le Conseil municipal de Westminster. La réduction du nombre de véhicules reste donc un objectif majeur pour les londoniens, déjà limité par le péage urbain. Mais l’intérêt de cette mesure réside également dans le choix des véhicules : Toyota Prius, Honda Insight hybride ou Citroën C1 électrique. Les personnes réfractaires aux voitures écologiques pourront toujours se satisfaire d’une Mini Cooper ou d’une BMW 318 classiques. L’objectif souhaité est de proposer 400 véhicules d’ici 2012, avec 30% d’hybrides, situés à proximité des lieux d’habitation et de travail. Le conseil de Westminster dispose du plus important service de recharge de voiture, avec 14 points de charge. Une étude montre que chaque véhicule issu du club remplace jusqu’à 20 voitures privées et que les membres réduisent leurs trajets de 40%. En France, Le préfet de Paris vient d’approuver la création du syndicat mixte nommé « Autolib ». Ce concept déjà réalisé à Lyon ressemble fort à celui des Vélib qui a eu un franc succès dans la capitale puis dans les grandes villes de province. Adapté pour les voitures, Autolib’ vise à mettre à disposition entre 3 000 et 4 000 véhicules électriques d’ici un an et demi. Il faudra d’abord s’abonner au service, pour 15 à 20 euros par mois. Chaque utilisateur pourra ensuite prendre une automobile électrique disposant de 2 ou 4 places assises, dans l’une des stations et la restituer dans n’importe quelle autre. L’utilisation du véhicule coûtera entre 4 et 5 euros par une demi-heure. Des forfaits à la journée seront peut-être envisagés par la suite. Si le service vise à réduire l’utilisation des véhicules particuliers, ce concept ne fait pas l’unanimité. Les Verts, par exemple, remettent en cause son caractère écologique. A Toulouse, depuis mars 2009, les habitants peuvent emprunter l’un des 11 véhicules mis à disposition, sur un principe analogue à VélôToulouse, pour des trajets urbains et péri-urbains. Seule condition : réserver la voiture au préalable. L’idée a germé en 1995 mais Mobilib’ n’est née qu’en septembre 2007. « Nous visions un projet sans but lucratif, permettant aux citoyens de prendre en charge eux-mêmes leur mobilité urbaine », précise Dominique Platon, son président et fondateur, ingénieur en retraite. L’association, qui comptait 85 adhérents et 390 sympathisants, s’est transformée en octobre 2008 en SCIC, société coopérative d’intérêt collectif. Cette dernière compte près de 70 sociétaires, dont Tisséo. La municipalité et la Caisse d’allocations familiales ont fait part de leur intérêt. Le système proposé est simple. 24h/24, l’utilisateur réserve sur internet ou par téléphone, pour un jour et une durée, la voiture la plus proche. Avec sa carte à puce, il ouvre le véhicule, récupère la clé et peut alors circuler à sa guise. Il le ramène ensuite au parking de son choix. La voiture transmet les données grâce à un système embarqué et un GPS. Le projet s’adresse essentiellement aux personnes qui n’ont besoin d’une voiture qu’occasionnellement, pour des trajets courts : faire des courses, transporter un meuble, passer une soirée chez des amis...« Il ne concerne pas que les particuliers, rajoute Dominique Platon. Pour que les véhicules soient amortis, il faut qu’ils roulent 6 heures par jour. Nous visons donc d’autres populations, les professions libérales et les artisans qui se déplacent peu souvent par exemple. » Dominique Platon espère que 110 à 120 personnes les utiliseront dans un premier temps. « Dans un an, nous espérons racheter 20 voitures et élargir le système aux autres couronnes toulousaines. » Gros avantage, l’inter-opérabilité : la carte Mobilib’ fonctionnera avec d’autres systèmes d’autopartage français, à Paris, Lille, Lyon, etc. Une réflexion est aussi menée pour la rendre valable dans les bus de Tisséo et avec VélôToulouse. Reste la question du coût. Deux possibilités, selon que l’on soit sociétaire (une part sociale vaut 750 euros, elle est défiscalisée) ou simple utilisateur (droit d’entrée de 100 euros). Dans tous les cas, il faut régler un abonnement mensuel. Se rajoute un tarif d’utilisation horaire et kilométrique. Il faut compter 2 euros par heure pour les sociétaires, 2,50 euros pour les usagers. La facture est mensualisée. « On peut estimer qu’une voiture individuelle coûte 320 euros par mois, contre 133 euros avec un véhicule en auto-partage pour 40 heures d’utilisation », avance Dominique Platon. On voit donc que, pour diminuer de manière sensible la pollution, les nuisances et les émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation des voitures, les grandes villes vont devoir combiner de manière novatrice trois outils complémentaires : le péage urbain « intelligent » et modulable en fonction de l’heure et du type de véhicule, l’utilisation de véhicules propres en libre service, associée au covoiturage et le développement de transports en commun « à la carte » de nouvelle génération, capables de s’adapter en temps réel à l’évolution de la demande. A ces outils pourront bien sur s’ajouter toute une panoplie d’incitations fiscales, locale ou nationale, incitant à l’utilisation des transports en commun ou de véhicules propres. Enfin les villes devront généraliser le télétravail et les téléactivités et repenser l’urbanisme pour inverser la tendance intenable qui allonge chaque année un peu plus la distance entre le domicile du travail et limiter, à la source, les besoins de déplacements.
 
>Déplacements urbains : le concept de voiture en libre-service va-t-il s'imposer ?

 
Exactement comme le projet de :

http://www.bfi.org/our_programs/the_buckminster_fuller_challenge/student_team_from_mit_wins_the_100k_buckminster_fuller_challenge_prize_for_their_i

trimtab
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