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Energie : Et maintenant, on fait comment ?
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Article publié le 08/04/2011 à 12:08 par CaDerange
 
La catastrophe du Fukushima vient brutalement de repousser tout au moins, voire de jeter au panier, le modèle de "mix" énergétique sur lequel le monde comptait poursuivre son développement économique. Un mix énergétique qui avait l'avantage d'être le seul réaliste, quoique très limite quand même, pour permettre aux pays émergents de se rapprocher du niveau de vie des pays développés, aux pays développés de se maintenir à leur niveau de vie actuel tout en faisant néanmoins des efforts considérables pour s'y maintenir et de maitriser tant bien que mal le réchauffement climatique.

Car s'il est facile de parler de solution vertes et de critiquer toujours et encore les choix existants, il est infiniment plus difficile de trouver d'autres solutions pour satisfaire les besoins chiffrés des uns et des autres à l'échelle de la planète.

Plusieurs choses sont sures. Du coté des besoins, nous n’empêcherons pas les pays émergents qui ont enfin trouvé la martingale de la croissance de poursuivre dans cette voie tellement le réservoir de ceux qui n'ont rien ou pas grand chose est vaste et tellement leurs attentes, totalement légitimes, sont immenses. Ceux qui ne l'ont pas encore trouvée la trouveront bientôt et viendront se rajouter aux acheteurs d'énergie sur la marché.

Coté ressources, la production mondiale de pétrole brut, comme l'avait annoncé en faisant un peu scandale le PDG de Total, Christophe de Margerie, il y a trois ans, ne pourra pas dépasser les 90/95 millions de barils. Il n'y aura pas de Peak oil brutal avec une décroissance forte immédiatement après à partir de ..? 2025, 2040 ou 2050 mais une production en plateau aux alentours des 100 Millions de barils/jours pendant....quelques décennies. Les efforts considérables pour développer de nouveaux gisements viendront juste compenser la décroissance des gisements existants qui, elle, se précise tous les jours.

Coté gaz il y a encore de large réserves existantes et les gaz de schistes que nos écologistes rejettent d'un revers de main sans même se donner la peine d'étudier le problème viendront probablement nous donner quelques décennies de répits.

Le charbon également est en quantité disponible considérable à la surface du globe mais par contre il dégage beaucoup de CO2 lors de sa transformation en énergie électrique ou calorique sans compter des polluants importants comme le SO2, le précurseur des pluies acides, et nécessitera donc des méthodes lourdes et couteuses pour en dépolluer l'utilisation.

Viennent ensuite les énergies renouvelables sur lesquelles nous commençons à avoir un peu de recul. La meilleure d'entre elles est l'énergie hydraulique qui a l'avantage de pouvoir produire jour et nuit et qui peut se conserver ou se stocker pour la transformer en électricité au moment où l'on en a besoin. Les sites utilisables dans les pays développés sont malheureusement déjà équipés. Il en reste par contre beaucoup de disponibles dans les pays émergents ou en voie de développement.

Le solaire ou l'éolien sont des énergies qui ont un potentiel important de développement et de gros inconvénients. Leur production est intermittente et ne dépasse pas 30 % du temps de fonctionnement, elles sont couteuses et suscitent facilement des réactions négatives du type NYMBY, Not in my Backyard, pas dans ma cour. La technique peut bien sur progresser mais sur la base de l'expérience existante on peut difficilement envisager qu'elles puissent dépasser les 25/30 % de la production mondiale.

Reste la biomasse et le bois en particulier qui a du potentiel mais au détriment des cultures alimentaires et en éliminant de vastes zones d'absorption de CO2 dont nous avons besoin pour lutter contre le réchauffement climatique. On ne peut à la fois se plaindre de la déforestation en Indonésie, en Afrique et en Amazonie et vouloir promouvoir l'utilisation du bois de chauffage !

Alors ? Alors nous ne pourrons pas nous passer du nucléaire. Nous pourrons en minimiser l'usage, un certain nombre de décennies, mais c'est tout. C'est pourquoi l'attitude "populiste" de certains de nos dirigeants politiques est atterrante. La chasse aux voix passe avant l'avenir de l'humanité. Consternant ! Bien sur il faut tirer les conséquences de Fukushima, inspecter tout le parc mondial de centrales existantes, refaire le point sur leur technologie, en fermer un certain nombre, en réhabiliter un nombre important d'autres et ne construire de nouvelles centrales qu'à un standard à définir mais qui sera proche de celui des EPR avec sans doute quelques améliorations importantes en plus.

Il faudra peut être admettre qu'il ne sera pas possible d'installer partout des centrales nucléaires et que certains pays dont le niveau d'excellence technologique n'est pas suffisant ne pourront, pour un temps, y avoir accès. Peut être même faudra t il mutualiser la production mondiale d'électricité nucléaire, dans le style du projet Desertec ?

Les écologistes, toujours à l'affut d'une mauvaise nouvelle électoraliste, vous diront qu'il n'y aura pas suffisamment d'Uranium dans le monde pour alimenter toutes les centrales en production. C'est vrai et faux à la fois. Il faudra passer en effet à un moment donner aux centrales surgénératrices, alimentées par du combustible en provenance des centrales classiques et à partir de l'utilisation desquelles nous n'aurons plus de problème de combustibles nucléaire. Quel dommage que Madame Voynet ait jugé utile de démanteler Super Phénix à Creys Malville qui serait bien utile actuellement !

Et que se passera t'il si tout ce beau plan ne peut se mettre en place, me direz vous? Eh bien nous reviendrons au mode de vie moyenâgeux que Monsieur Yves Cochet avait très bien décrit dans un de ses livres.Nous aurons droit à des guerres sanglantes pour s'approprier les ressources énergétiques naturelles disponibles. D'ailleurs c'est déjà commencé si vous suivez la politique d'appropriation de ces ressources que la Chine a mise en place.

Et nous devons nous attaquer au problème de base qui est à l'origine de cette crise énergétique, la croissance sans limite et sans contrôle des populations à la surface de la planète...

 
 
Tous les points que vous avez évoqués sont probablements justes, mais votre conclusion : nous ne pouvons pas nous passer de nucléaire est fausse.
Le principal problème de l'humanité n'est pas l'énergie, mais sa reproduction effrénée sans tenir compte de ses ressources,c'est là le premier problème, la limitation de cette ' lapinisation " est une priorité.
Deuxièmement le gaspillage : plus de 40 pour cent de la consommation des pays dits riches est purement et simplement gaspillée.
Troisièmement le nucléaire que vous évoquez fait parti de ce gaspillage, 30 pour cent à peine de l'énergie issue de la fission est utilisée dans les fameuses centrales nuclaires.
Par contre le Thermonuclaire dont le projet ITER est un démonstrateur, lui peut permettre par la fusion d'atteindre des rendements autrement plus importants et sans déchets radioactifs pendant des milliers d'années. Seulement on ne lui consacre qu'une fraction du budjet de recherche, à titre d'expemple la station spatiale représente plus du triple de ce même budjet !
La seule solution envisageable à long terme ne passe pas par un accroissement exponentiel de nos dépenses énergétiques, mais par un changement de type d'évolution sociologique plus intelligent et moins destructeur de notre environnement en proportionnant notre reproduction aux capacités de celui-ci et à nos propres moyens. Ce sera plus long mais sacrément plus sûr.
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Cette revue de détail de notre mixt énergétique est assez réaliste .

La conclusion est également valable à un détail prés qui a son importance :

La filière surgénératrice refroidie au sodium liquide est une aberration monstrueusement dangereuse .
Une filière nucléaire déjà potentiellement dangereuse ne peut se payer le luxe de jongler entre le risque nucléaire et cette bombe que représente 20 tonnes de sodium en fusion qui flambe à l'air mais aussi à l'eau.

Il existe des recherches trés avancées sur des calo-porteurs à base de gaz inertes (hélium) ou à base de plomb (russes).

Continuer dans la voie du sodium liquide est impensable au vu de ce qui s'est passé au japon .
Les bricolages à base d'eau de mer , d'aspersion par hélicoptères ou camions de pompier auraient relancé le feu de sodium , la catastrophe aurait alors stérilisé toute la partie nord du japon .
Continuer dans la voie actuelle serait totalement irresponsable .

Il est urgent d'orienter les recherches et les crédits vers centrales surgénératrices haute température refroidies à l'hélium supercritique .
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Ca s'appelle du malthusianisme et c'est vachement douteux moralement. Par ailleurs "limitation de cette lapinisation" c'est très très limite comme propos je trouve, les tentatives de limitation des naissances dans l'histoire ça s'est fini en "avortement" post-natal et castration comme punition si récidive, sans parler des dérives du type eugénisme et sélection pas franchement naturelle...
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Bonsoir,

Sauf erreur de ma part, pour la France, les plus gros postes de dépenses énergétiques sont :
- L'habitat : De l'odre de 45 %
- Le tranpsort : De l'ordre de 35 %

Pour ce qui est de l'habitat alors que nous visons une norme inférieure à 100 KWh par an par M², 87 % des logements se trouvent sur une norme supérieure 200 KWh par an par M².
Pour ce qui est du transport le rendement de nos véhicules se situe entre 16 et 20%
Tout cela est nourri à 70% par des centrales nucléaires dont le rendement ne dépasse pas les 35%
Le bilan est purement et simplement catastrophique.

Avant d'aller gratouiller le sol pour des gaz étranges, avant d'aller encombrer nos montagnes et noyer des forêts, peut être pourrions nous consacrer ces prochaines 20 années à diviser notre consommation par 2? Cela est possible.

Avant d'aller satisfaire les copains de promo qui bossent chez Total, Shell et Areva, peut être pourrions nous changer le style de vie absurde qui est le nôtre et inventer un modèle plus en phase avec les enjeux planétaires de ce temps. C'est un modèle exportable qui de plus créera de l'emploi durable et équitable.

En attendant le fusion nous pouvons donc diviser par 2 notre consommation et limiter au strict minimum le recours au nucléaire, développer les ENR et ? Bosser dur sur la fusion.
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Vous dites "Viennent ensuite les énergies renouvelables sur lesquelles nous commençons à avoir un peu de recul. La meilleure d'entre elles est l'énergie hydraulique qui a l'avantage de pouvoir produire jour et nuit et qui peut se conserver ou se stocker pour la transformer en électricité au moment où l'on en a besoin".
Vous ne pouvez mieux dire!
La meilleure d'entre elles est l'énergie des courants marins et des courants de marées.
Encore faudrait-il que les Pouvoirs Publics fassent ce qui est nécessaire pour que les technologies innovantes puissent avoir leur chance.

Voyez sur http://2030-energie-marine.com/

Une Technologie Française, capable de produire toute l'énergie dont la Planète à
besoin.
Mais tout l'argent du "grand emprunt" est monopolisé pour des technologies qui remplissent les poches des grands groupes.
Une fois de plus cette technologie, au lieu de servir la France, partira dans des mains étrangères...
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En même temps, il ne tient qu'à nous de porter au pouvoir des représentants digne de ce nom...
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