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| Pierre P. Da Silva - Luxembourg, France, Brésil |  | | Mon site Internet | Jeune économiste de l'énergie, je milite pour une analyse pragmatique et pertinente des questions énergétiques, souvent trop politisées et peu expertisées.
Les articles que je rédige sont là pour être lus, contestés, combattus. N'hésitez pas à exposer vos idées, l'échange est fondamental.
"Entre : Ce que je pense, Ce que je veux dire, Ce que je crois dire, Ce que je dis, Ce que vous avez envie d'entendre, Ce que vous croyez entendre, Ce que vous entendez, Ce que vous avez envie de comprendre, Ce que vous croyez comprendre, Ce que vous comprenez,
Il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Essayons quand même…" |
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Un « communisme énergétique mondiale » serai de bonne augure dans le contexte actuel, mais cependant utopique et irréaliste dans un monde régit par une logique capitaliste de court terme ; qui engendre des choix énergétiques complètements irrationnels sur le plan durable et humain.
Dans touts les cas Pierre, je trouve ton article bien très bien écrit et je partage ta vision des choses. Les analyses et les solutions proposées sont pertinentes.
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Concernant les avantages fiscaux aux entreprises, l'Etat ne peut pas se le permettre et le probable changement de majorité en 2012 n'est pas vraiment favorable aux cadeaux fiscaux pour les entreprises...
Enfin, il ne s'agit pas vraiment de préférence pour le court terme et de prudence (même si l'intuition est juste), mais de réel risque et d'absence de visibilité sur la soutenabilité et la rentabilité future, ce qui n'est pas du même degré... Sphère capitaliste ou pas, aucun acteur privé n'est prêt à perdre de l'argent au nom des énergies renouvelables, seul l'Etat le pourrait, mais pas en ce moment...
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Effectivement la gestion de l'énergie est un enjeu majeur des 30 prochaines années. Il est également incontestable que l'appareil productif en Europe et ailleurs doive se munir d'une part d'énergie renouvelable bien moins modeste qu'aujourd'hui.
Le contexte n'est effectivement pas favorable aux énergies renouvelables (du moins en Europe) malgré les apparences et malgré l'urgence climatique. Le problème n'est pas si simple, il ne s'agit pas réellement de paradoxe. La frilosoté des banques et l'essouflement des investissements publics ne sont pas simplement la conséquence d'une absence de prise de conscience ni même à un manque de confiance de leur part ou encore de préférence pour le court terme.
Les énergies renouvelables ne représentent qu'une alternative et ne doivent pas concentrer tous les investissements privés ni même publics (encore moins publics d'ailleurs). Les Etats ne peuvent pas financer massivement de tels projets, ni même garantir des crédits (chose qui est loin d'être "gratuite" et quand on garantit des crédits il faut en avoir les moyens, la Chine le peut sans aucun problème, la chose est moins aisée pour les pays européens...), question de dette publique, les caisses sont vides et toute dépense que l'on peut éviter est bonne à considérer. Par ailleurs, il faut sauver l'euro, la Grèce, faire la guerre en Libye, les banques sont dans le colimateur des agences de notation et doivent sauver la face, garantir des fonds propres, les Etats suffoquent sous la dette...ça fait trop pour concevoir des investissements massifs dans un secteur comme les énergies renouvelables...
En France, il faudra bien faire quelque chose de nos vieilles centrales et l'échéance arrivant très bientôt, l'Etat ne peut pas concentrer tous ses investissements sur les renouvelables, les tarifs de rachat juteux poseront un problème de soutenabilité pour EDF (qui devra déjà vider ses poches pour l'hypothétique renouvèlement du parc nucléaire) et c'est cette baisse des tarifs de rachat qui effectivement bride les investisements venant du privé. A propos du nucléaire, on notera au passage l'habileté avec laquelle l'Allemagne a transféré son risque et son coût du nucléaire sur la France, "tout benef" pour l'Etat allemand, Angela Merkel fait des économies sur le renouvèlement de son appareil productif et en plus elle va récupérer des euros sur le dos du consommateur allemand (qui supportera le coût de la hausse des importations d'électricité).
Revenons à nos moutons et résumons, impossible pour l'Etat d'investir massivement ni même de garantir des crédits, impossible pour EDF de payer des tarifs de rachat aussi élevés qui l'ont été et pour un nombre croissant de revendeurs d'où la baisse des tarifs de rachat et donc la baisse de l'incitation pour le privé. En bref, personne ne peut ou n'est incité à investir. La faute au contexte économique et vous avez raison sur ce point Pierre, le secteur dépend des fluctuations économiques. Cela n'est pas bien ou mal ni même dommage c'est simplement normal et je serais peut-être un peu plus fataliste que vous en disant que tant que le contexte sera celui-ci rien ne sera possible. Le contexte changera mais certainement pas sous l'impulsion européenne puisque l'Union (dans son ensemble) va très probablement connaître son plus gros test et ses moments les plus douloureux dans les prochains mois (ou années...), la provenance d'un coup de boost au renouvelable devrait se situer un peu plus à l'Est...
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Je suis tout à fait d'accord avec vous. La situation est gravissime en Europe, je rentre tout juste d'une semaine à Lisbonne et ça va plutôt très mal là-bas. Plus qu'un problème économique, c'est toute la société qui est remise en question. En Grèce, c'est encore pire.
Mais attention. Je ne revendique pas un déboursement massif de l'Etat en faveur des renouvelables, puisqu'en effet les Etats Européens n'en ont vraiment pas les moyens. Je me suis sûrement mal exprimé.
Ce que je propose c'est que les Etats (encore une fois, qui le peuvent, c'est le cas de la France)se portent garants de projets peu risqués. C'est extrêmement différent.
C'est un mécanisme passif de soutien à l'investissement, de fait quasi-gratuit, puisqu'il ne comporte, oui, que des frais de gestion - s'il n'y a pas défaut de l'emprunteur auprès du financeur privé, bien évidemment. Je cous cite deux exemples.
C'est dans l'esprit des 351 milliards d'euros garantis par l'Etat Français à l'apogée de la crise financière. Contrairement à ce qui a été dit à l'époque,ces 351 milliards n'ont pas été utilisés intégralement. 21 milliards ont été en effet déboursés, sous forme de prêts à court-terme, d'ailleurs très bien rémunérés (plus-value de 2,5 milliards d'euros pour l'Etat en un an). Des autres 330 milliards d'euros, environ 80 milliards ont été mobilisés sous d'autres formes (donc on peut dire qu'ils sont rentrés dans la dette Française). Il reste 250 milliards d'euros, auxquels l'on n'a jamais touché, et qui constituaient simplement des capitaux susceptibles d'être levés en cas de défaut des banques français dans le système interbancaire. Ces quelques 250 milliards, je le répète, n'ont jamais été mobilisés, n'ont en aucun cas contribué à la hausse de la dette française, et pourtant ont joué un rôle fondamental dans la liquidité des marchés à ce moment là, et c'est de là qu'est repartie (timidement, mais quand même), la confiance du système interbancaire. Tous les pays européens ont procédé à ce mécanisme que j'appelle donc "soutien passif".
C'est aussi le cas des systèmes de garantie des loyers par l'Etat, comme le Loca-Pass par exemple, duquel j'ai d'ailleurs déjà été bénéficiaire.
Les conditions exigées par les agences immobilières concernant les garants des locataires étant démesurées, l'Etat a créé ce mécanisme, où il se substitue au garant "traditionnel" (parents, famille, dépôt de 6 mois de loyer)... Ce système permet à des milliers d'étudiants d'accéder à un logement descent, sans que l'Etat n'ait à avancer un sous. Bien sûr, en cas de défaut de paiement, c'est l'Etat qui paie (principe du garant maintenu). Cependant, ce cas est rarissime (défaut de paiement), car la plupart des étudiants qui intègrent ce mécanisme sont solvables, ils passent d'ailleurs par une commission qui juge l'équilibre de leur situation financière, afin de déterminer s'ils seront solvables ou pas. Au cas où il y ait un doute sur la solvabilité future, la demande est refusée.
Voilà l'exemple type du mécanisme que je revendique. Nous savonns tous que des projets aboutis, i.e. en phase finale, prêts à la construction, ont très peu de chances d'échouer techniquement. Or le gros risque aujourd'hui est qu'ils échouent financièrement, qu'ils ne trouvent pas de preneur, ou de prêteur à leur exécution, mettant en péril les développeurs et l'avenir des ENR.
Vous dites que les banques sont étranglées. C'est vrai, et je suis bien placé pour l'affirmer, puisque je suis en plein dedans. Mais je peux vous dire aussi qu'elles continuent quand même à fonctionner (à faible régime), et qu'elles ne peuvent pas arrêter de financer, c'est leur métier. Donc, à ce régime réduit, ce qui se passe, c'est que l'arbitrage risque/rendement est bien plus sévère, et ce que j'observe c'est que les ENR font partie des investissements "trop risqués", et ont du mal à se faire financer, plus que d'autres investissements.
Et c'est là que je considère qu'il y a une assymétrie d'information (pour les raisons citées dans l'article), et que l'Etat peut jouer un rôle fondamental dans la compensation de cette assymétrie, sans avancer de l'argent, je le répète.
Vous pouvez toujours ne pas être d'accord, mais en tout cas, merci pour vos observations, car en effet je remarque que je n'avais pas bien expliqué ce point-là. Vous pouvez toujours ne pas être d'accord, bien sûr!! = )
Après, je vous rejoint aussi sur un autre point important, qui est la question de qui va payer le surcout actuel des renouvelables. Il n'y a pas beaucoup de possibilités, c'est soit EDF (qui a en effet de grosses dépenses prévues, mais qui a d'autre part certainement plus de moyens que ce que l'on pense), soit le consommateur final. De toute façon, c'est toujours le consommateur final qui paiera, d'une manière ou d'une autre. Mais là on rentrerait dans un autre débat, non moins intéréssant, mais un peu plus complexe puisqu'il concerne un choix de société.
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Une fois d'accord sur ce point, la question la plus importante devient donc : "Quel mix? Est-il socialement et environnnementalement pertinent aujourd'hui, en France par exemple?"
Merci encore.
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Le mix énergétique actuel est évidemment loin de l'efficience économique et ne convainc personne en matière d'environnement, à l'exception plus que douteuse d'Areva en France...
La question du mix énergétique n'est jamais définitive et doit s'inscrire dans la durée. Tenter de déterminer quel serait l'appareil productif répondant le mieux à la situation d'aujourd'hui signifierait que l'on est déjà en retard pour le rendez-vous énergétique de demain. Un mix soutenable aujourd'hui ne le sera pas forcément demain. C'est probablement cette dimension temporelle qui manque aujourd'hui dans le débat du mix énergétique.
Ensuite il y a à mon avis un problème de méthode et finalement d'expertise. L'arbitrage s'effectue sur 3 niveaux de soutenabilité: financier, environnemental et social (être en mesure de répondre à la demande). Ces niveaux de soutenabilité allant toujours à contre-sens les uns par rapport aux autres (ce serait trop facile) il faut déterminer des seuils d'acceptabilité pour chacun d'eux. Financier, il suffit de regarder dans sa tirelire mais l'incertitude sur l'économie de demain complique la prise de décision. Social, on dispose d'estimations relativement fiables pour la demande à laquelle on peut s'attendre. Environnemental la chose se complique et là réside le problème d'expertise. D'une part il faut savoir dissocier chaque aspect de l'environnement, air, eau, terre... Ce qui est acceptable pour l'air ne l'est pas forcément pour la terre. Argument pro-nucléaire: limitation des émissions de gaz à effet de serre, constat moins réjouissant pour l'eau et la terre (sans même parler de problème de sécurité). Argument pro-hydroélectricité: renouvelable, propre et pas cher, en réalité véritable catastrophe pour les écosystèmes... Bref, le niveau d'acceptabilité pour l'environnement est compliqué à mesurer, que ce soit de façon monétaire ou quantitative. La théorie économique est encore très embryonnaire à ce sujet.
Tout ceci pour en arriver à ma conclusion et ma réponse à la question, à savoir si le mix est satisfaisant à l'heure d'aujourd'hui, clairement non. Quel mix énergétique ou plutôt quel plan d?évolution du mix énergétique correspondrait le mieux à notre situation ? Difficile à dire?