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Anne Lauvergeon : les échecs oubliés d'Areva
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Article publié le 20/06/2011 à 09:26 par Matiduc
 
L'éviction d'Anne Lauvergeon de la présidence du directoire d'Areva n'est pas une surprise. Fâchée avec Nicolas Sarkozy, en guerre ouverte avec Henri Proglio, Atomic Anne a surtout payé les échecs industriels d'Areva ces dernières années.

Anne Lauvergeon ne pouvait pas espérer être maintenue à son poste étant donné que son actionnaire majoritaire (l'Etat) n'avait plus confiance en elle et qu'elle était en plus en conflit ouvert avec son principal client (EDF, qui compte pour 75% du chiffre d'affaires d'Areva).

Les tensions de ces derniers mois ne sont toutefois que la partie immergée de l'iceberg : le destin d'Anne Lauvergeon, et le choix de ne pas la reconduire pour un troisième mandat, n'ont pas été décidés ces derniers jours et résultent d'un bilan contesté à la tête d'Areva.

Abu Dhabi : la rupture avec Sarkozy

De quand date la rupture entre Anne Lauvergeon et Nicolas Sarkozy ? Il faut remonter à 2009 pour comprendre le non-renouvellement du mandat de la patronne d'Areva. Lors des négociations pour la construction d'une centrale nucléaire à Abu Dhabi, la France du nucléaire est arrivée en ordres dispersés. La proposition française, mal coordonnée et rongée par les luttes intestines entre Areva, EDF et Alstom, a subi un vibrant échec alors qu'elle était favorite.

Si un consortium sud-coréen a remporté le contrat de 20 milliards d'euros, Anne Lauvergeon a perdu gros : la confiance de son actionnaire majoritaire et donc de Nicolas Sarkozy. Jugeant que le tempérament de feu d'Atomic Anne et sa volonté d'hégémonie sur la filière nucléaire étaient autant d'handicaps pour l'avenir, le président de la République a décidé de réorganiser de fond en comble la filière.

D'où la nomination d'Henri Proglio à la tête d'EDF, le choix de l'électricien public comme chef de file du secteur naturel et la marginalisation progressive d'Anne Lauvergeon... avant son éviction qui était devenue inéluctable,

Le bourbier de l'EPR finlandais

Abu Dhabi n'est toutefois pas le seul échec de la présidence Lauvergeon. L'épineux dossier de l'EPR finlandais a empoisonné ses dernières années à la tête d'Areva et a fini de la décrédibiliser aux yeux du gouvernement. Pire, le fiasco finlandais est un boulet que traine l'ensemble du secteur nucléaire français, dont la crédibilité industrielle est remise en cause par les incessants retards de livraison du réacteur de Olkiluoto.

Outre les pertes financières (qui se chiffrent à plusieurs centaines de millions d'euros), l'aventure finlandaise a été une humiliation pour l'ensemble de la filière nucléaire française et un handicap insurmontable lors des négociations pour vendre l'EPR à l'international.

Déficit d'Areva et affaire Uramin

Autant d'échecs qui interviennent à l'heure où les comptes d'Areva ne sont pas au beau fixe... et qui laissent un arrière goût de fin de cycle. En 2010, le cash-flow d'Areva a été négatif à hauteur de plus d'un milliard d'euros et le compte d'exploitation a été déficitaire de plusieurs centaines de millions d'euros, même si des cessions d'entreprise ont permis d'éponger une partie de la dette. Des chiffres abyssaux qui pourraient justifier à eux seuls une non-reconduction de la présidente du directoire.

Dernier caillou dans la chaussure d'Anne Lauvergeon, l'affaire Uramin dernièrement dénoncée par Jérome Cahuzac, président socialiste de la commission des Finances. Les députés reprochent à Anne Lauvergeon son acquisition de la start-up canadienne Uramin pour 1,8 milliards d'euros en plein coeur de la bulle spéculative des matières premières.

La valeur de cette société, qui dispose de droits d'exploration en Afrique du Sud, Namibie et Centre-Afrique, semble avoir été outrageusement surestimée... et n'a jamais produit le moindre gramme d'uranium.

Le mandat de trop pour une chef d'entreprise d'exception ?

Si les résultats d'Areva ont été décevants ces dernières années et que le départ d'Anne Lauvergeon semblait inéluctable, il ne faut pas oublier l'héritage laissé par Atomic Anne, qui en dix ans est parvenue à unifier des groupes vieillots (Framatome, Cogema) pour en faire le leader mondial du secteur nucléaire avec Areva.

Anne Lauvergeon, même si l'accident de Fukushima apporte un éclairage différent à son bilan, aura également réussi à renouveler l'image du nucléaire en France.

 
 
Ne dites pas n'importe quoi.
C'est Proglio qui a semé la zizanie en se comportant comme un "ôte-toi de là que j'm'y mette" et "vous allez voir ce que vous allez voir" : il était d'une arrogance telle qu'il a indisposé même les journalistes présents.
En revanche Lauvergeon est totalement responsable de la rupture avec Siemens et du retard inouï de son EPR scandinave (dû principalement aux licenciements des "vieux" ingénieurs atomiciens)
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En même temps sur les retards de l'EPR finlandais, je crois que l'un des principaux prestataires est Bouygues.
Quant à Cahuzac, le président de la commission des finances, je crois me rappeler qu'il avait fait partie de ceux qui avait soutenu les demandes de Proglio dans le débat sur la loi NOME. Je ne serais pas étonné d'apprendre qu'il fait partie du réseau Proglio ...
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