Appel d’offres en mer : Eolien Maritime France remporte 3 zones sur 4

Les gagnants du premier appel d’offres pour le développement de capacités de production d’électricité par énergie éolienne offshore et représentant une puissance maximale de 3.000 MW répartie sur 5 zones du littoral ont été dévoilés ce matin par le gouvernement.

Cet appel d’offres a pour objectif de franchir une première étape vers l’objectif de 6.000 MW d’éolien en mer et d’énergies marines à horizon 2020, inscrit dans le Grenelle Environnement.

Cette capacité de production représente environ 1.000 à 1.200 éoliennes, qui fourniront l’équivalent de la consommation annuelle de 4,5 millions de foyers.

Les offres des candidats ont été notées selon 3 critères : la qualité du projet industriel et social (40 %), le prix d’achat de l’électricité proposé (40 %), le respect de la mer et de ses usages (20 %).

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a transmis au Gouvernement le 28 mars 2012 son rapport de synthèse sur l’analyse des offres. La CRE souligne que l’ensemble des dossiers reçus sont de bonne qualité, avec des propositions industrielles solides. Néanmoins, les prix d’achat de l’électricité proposés par les candidats présentent des écarts significatifs et dépassent, dans certains cas, le prix plafond fixé par le cahier des charges de l’appel d’offres.

Le Gouvernement a donc annoncé les lauréats suivants :

  • Fécamp (Seine-Maritime, 498 MW), lauréat : Eolien Maritime France
  • Courseulles-sur-Mer (Calvados, 450 MW), lauréat : Eolien Maritime France
  • Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, 480 MW), lauréat : Eolien Maritime France
  • Saint-Brieuc (Côtes d’Armor, 500 MW), lauréat : Ailes Marines SAS
  • Le Tréport (Seine-Maritime – Somme), déclaré sans suite.

La société Eolien Maritime France (EMF), dont les actionnaires principaux sont EDF Energies Nouvelles et Dong Energy Power, énergéticien danois, propose des éoliennes fournies par Alstom.

La société Ailes Marines SAS, dont les actionnaires principaux sont Iberdrola, énergéticien espagnol, et EOLE-RES SA, propose des éoliennes fournies par Areva et des partenariats avec Technip et STX notamment.

La zone du Tréport n’a pas fait l’objet d’une concurrence suffisante, présente le prix d’achat de l’électricité le plus élevé parmi les 5 zones, et entraîne à elle seule une surcharge de l’ordre de 500 millions d’euros pour la Contribution au Service Public de l’Electricité. De ce fait, afin d’éviter une augmentation inconsidérée des factures d’électricité, l’appel d’offres sur la zone du Tréport a été déclaré sans suite.

La sélection de ces lauréats permet dès à présent le déploiement d’une puissance totale de près de 2.000 MW, un investissement de 7 milliards d’euros, et la création de 10.000 emplois industriels directs dans les régions Pays-de-la-Loire, Bretagne, Basse-Normandie et Haute-Normandie.

Des usines de fabrication d’éoliennes (turbines et pâles) seront implantées à Saint-Nazaire, à Cherbourg et au Havre. Des usines d’assemblage et de fondations seront créées à Saint-Nazaire, Brest, Cherbourg et au Havre. Un grand nombre d’industriels déjà présents sur la façade maritime, en particulier les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, bénéficieront d’importants contrats de sous-traitance. Des centres d’exploitation et de maintenance seront localisés dans 4 ports : La Turballe, Saint-Brieuc, Ouistreham, et Fécamp.

Enfin, un nouvel appel d’offres sera lancé dès le second semestre 2012 pour de nouvelles zones de développement éolien offshore, comprenant notamment la zone du Tréport et la zone de Noirmoutier.

« Cette décision va permettre à la France de poursuivre le développement des énergies renouvelables, qui sont à côté de l’énergie nucléaire l’un des deux piliers de notre politique énergétique. En 5 ans, la capacité éolienne terrestre installée en France a été multipliée par 4, et la capacité photovoltaïque par 200. L’objectif de 6 000 MW de capacité éolienne en mer et d’énergies marines sera lui aussi atteint. Les objectifs fixés dans le Grenelle Environnement sont atteints. Cette décision va aussi conduire au développement d’une nouvelle filière industrielle à vocation mondiale, avec 10 000 emplois industriels créés, et de positionner la France parmi les leaders mondiaux de l’industrie éolienne offshore. Il s’agit d’un double succès, pour notre politique énergétique et pour notre politique industrielle », a conclu Eric Besson.

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19 Commentaires sur "Appel d’offres en mer : Eolien Maritime France remporte 3 zones sur 4"

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renewable
Invité

Si l’on compte bien ça ne fait plus que 3000/3500MW sur les 6000MW initiallement prévus en 2020, il va manquer un bon paquet de TWh pour respecter nos engagements : soulagement pour nos factures d’électricité puisqu’il n’y a que cela qui compte? 🙂

jche
Invité

Yes, enfin c parti. On va enfin se lancer dans l’aventure. No comment sur les aigris des factures… je les laisse boire la soupe de Penly.

Bachoubouzouc
Invité

Je ne peux que me réjouir de ce résultat, prouvant une fois de plus aux esprits chagrins que la France est capable de très belles choses dans le domaine des énergies renouvelables, et que des industriels tels que EDF, Areva ou Alstom ne sont pas les idéologues qu’ils voudraient faire croire.

Dan1
Invité

On peut ausi espérer qu’en ne partant que maintenant, on installe des machines très performantes bénéficiant d’un retour d’expérience des pionniers. Faudrait tout de même pas que cela se substitue pas trop fort à ce qui nous reste de fossile électrogène, car alors nos émissions de CO2 par kWh vont devenir ridicules et on sera peut être obligé de développer le chauffage électrique comme l’ont prévu les Danois dans leur politique énergétique pour 2050.

Dan1
Invité

Un petit peu de mémoire, du temps (avant le nucléaire) où EDF étudiait l’éolien : Le lien direct vers le site du fils d’un pionnier. A visionner, c’est d’intérêt historique :

airsol
Invité

“on sera peut être obligé de développer le chauffage électrique” Electrique? Pas vraiment si vous ne voulez pas faire plonger la consommation d’energie primaire. A la rigueur PAC avec cop 3 Sans CO2, vous avez la biomasse par exemple

Dan1
Invité

A la production, pas de risque de faire plonger la consommation d’énergie primaire, puisque le coefficient est de 1 ! Tout le “jus” qui sort de l’éolienne est compté comme de l’énergie primaire, même si celle-ci vient de l’énergie cinétique du vent et qu’une éolienne a un rendement d’environ 25%. Le seul problème c’est qu’une fois que cela est injecté sur le réseau, on applique le coefficient moyen de 2,58 quel que soit l’origine de l’électricité. Mais si le mix électrique venait à être majoritairement éolien, je fais confiance aux lobbyistes pour faire changer les conventions !

Catalan
Invité

les appels d’offre sont bidon ! car en france c’est toujours EDF, AREVA, et donc l’etat qui remporte les marchés qu’il s’attribue à lui meme ! sous couvert de montage de nouvelle société ! de la meme maniere ils ont coulé tous les artisans et PME du photovoltaique pour garder leur sacro saint monopole sur ce marché. elle est belle la centralisation jacobine ! je devrais dire ja combine !

Samivel51
Invité

Au fait, que sait-on de la 2eme phase d’appel d’offre qui devrait etre lancee au 2eme semestre avec apparement le Treport (nouvelle tentative) et “Noirmoutier”? Quelqu’un en sait davantage?

Samivel51
Invité

Quel sera finalement l’investissement industriel d’Areva? Leurs engagements etaient conditionnes a l’obtention de 2 (voir 3) lots, et ils n’en ont eu qu’un.

Dan1
Invité
D’accord, on ne prélève que 25% de l’énergie cinétique de la masse d’air et on en conserve 75% qui reste libre… pour une éventuelle nouvelle éolienne. Remarquez c’est un peu comme avec le combustible nucléaire, où on retrouve 95% du combustible encore utilisable à l’issue du déchargement après 4 années de service dans le réacteur. Ceci dit, pour le nucléaire on ne calcule pas l’énergie primaire sur le potentiel énergétique total du combustible, mais sur la production réelle de chaleur. Tout ceci fait que le raisonnement en énergie primaire demeure assez scabreux quand on compare des filières très différentes. Sinon,… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité
Discussion sans fin, voulez vous vous chauffer directement au nucléaire? A partir du moment où le nucléaire (ou le vent) ne sont dans la pratique utilisables que par le passage par le vecteur electricité, ce coefficient comptable de 2,58 est un peu ridicule.Mais bon, ça a au bout du compte peu d’importance, ce qui compte est le degré d’autonomie énergétique (peut-être discutable sur le plan théorique concernant le nucléaire, mais assez peu sur le plan pratique, regardez où est la valeur ajoutée).. Il n’y a pas de “gaspillage d’eau chaude”, il y a des lois de la thermodynamique. Le meilleur… Lire plus »
Dan1
Invité
“Regardez qui est en tête du classement des contributeurs et vous saurez qui sont ces activistes qui profitent de tous les commentaires pour caser un bienfait de notre production….” Mis à part Dan1 qui abuse un peu, convenons-en, de sa position de leader au hit parade des contributeurs depuis “plusieurs” semaines, il y a d’autres valeureux contributeurs activistes qui profitent de tous les commentaires pour caser un bienfait de leur production fétiche (PV, éolien…). Ramené à la part de chaque production dans le mix énergétique mondial, je ne sais pas qui abuse le plus et qui devrait ajuster ses commentaires… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

Vous avez parfaitement raison, la cogénération permet de réduire le gaspillage énergétique. Mais pouvez vous me citer en France, disons sur les 10 à 15 ans passées, un seul projet de cogénération qui ne soit pas assis sur un tarif d’achat de l’électrcité produite ? Effectivement, si on tranfère la charge sur le consommateur d’électricité , c’est bien…

Sicetaitsimple
Invité

Vous racontez comme souvent n’importe quoi, mais on vous excuse, il s’agissait du siècle dernier,sur lequel vous avez quelques lacunes (notamment sur la date bien lontaine de la réunification de l’Allemagne et son impact sur la consommation de charbon)…..Les tarifs de cogen datent si mes souvenirs sont bons de 97 . Maintenant, si quelqu’un qui produit moins de 10MW veut devenir acteur de marché ( cad hors tarifs réglementés d’achat), je lui souhaite bien du plaisir.

Sicetaitsimple
Invité

Vous ne nous avez toujours pas expliqué comment le mais (destiné à la production de biogaz) poussait en lévitation d’une part et en hiver d’autre part dans nos contrées…C’est bien dommage, ça nous interesse…Une Analyse de cycle de vie de l’electricité produte serait un must, mais on ne va pas être trop gourmand..Alors?

Dan1
Invité

Effectivement, mais que fait le gardien du temps ? Il a pas de montre !

Sicetaitsimple
Invité

Effectivement, personne ou presque ne faisait de cogénération avant l’introduction de tarifs juteux qui ont couté et coutent encore plusieurs centaines de millions d’€ par an aux consommateurs d’electricité via la CSPE.

Dan1
Invité

Les grands desseins peuvent être ramenés à la réalité par de petits dessins. Décidément, le raisonnement primaire (en énergie évidemment) ne sciait pas aux EnR. De plus, il présente l’inconvénient de gonfler notre indépendance énergétique associée au nucléaire. Ceci dit en 2050 ce sera tout à fait autre chose !

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