Areva-Mitsubishi remporte un contrat de nucléaire civil en Turquie

Le consortium comprenant la firme japonaise Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et le français Areva vient d’être sélectionné par la Turquie pour construire la deuxième centrale nucléaire du pays, pour un montant estimé à environ 17 milliards d’euros.

La centrale de Sinop située dans le nord du pays, au bord de la mer Noire, devrait compter quatre réacteurs Atmea-1, d’une puissance légèrement inférieure aux EPR, soit une capacité cumulée de 4.500 à 5.000 mégawatts (MW). C’est le groupe GDF Suez qui assurera l’exploitation de la centrale une fois celle-ci raccordée au réseau électrique.

Le chantier devrait débuter en 2017 pour une mise en service progressive des 4 tranches nucléaires entre 2023 et 2028.

Afin de réduire sa dépendance à l’énergie russe et iranienne, la Turquie a annoncé son intention de lancer la construction de 3 centrales d’ici à cinq ans. Elle a ainsi pour ambition de porter la part de l’atome dans la production en électricité à 10%, d’ici 2030.

Le consortium retenu pour Sinop devra également réaliser des études en vue du choix du site de construction de la troisième centrale nucléaire turque, a indiqué le ministre turc de l’Energie, Taner Yildiz. Ankara a par ailleurs conclu un accord avec la Russie pour une première centrale à Akkuyu, dans le sud du pays.

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32 Commentaires sur "Areva-Mitsubishi remporte un contrat de nucléaire civil en Turquie"

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s4m
Invité
Le point le plus réjouissant de cette nouvelle est certainement la nouveauté. La nouveauté par rapport au réacteur proposé (Atmea) mais également à l’exploitant, GDF, qui attendait depuis longtemps de se voir confier l’exploitation d’un nouveaux réacteurs. Non seulement cela va permettre de clairement fixer le rôle de chacun des acteurs français : Areva en tant que concepteur (avec Mitsubishi dans ce cas, mais l’essentiel de l’ingénierie se trouve en France) alors qu’EDF OU GDF est exploitant. Mais cela va surtout permettre d’ouvrir de nouveaux marchés internationaux, EDF étant actuellement centré sur la Chine et le RU, d’autres pays pourraient… Lire plus »
meminick
Invité

Un nouveau projet qui n’existe que sur le papier.et promet un avenir radieux dans une région a caractère sysmique. Quelles sont les conditions de ce contrat surement sous évalué avec la caution de l’état qui épongera les pertes. dernier exemple connu le contrat des chars Leclerc aux émirats.

cezorb
Invité
Luis
Invité
¤ Chacun sait bien qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Alors, il ne suffit pas de vendre (un jour) un réacteur Atmea pour voir celui-ci fonctionner dans un lointain futur. La conception générale de ce réacteur n’est pas encore terminée. La conception de détail va demander encore quatre ans. La construction du premier réacteur ne commencera pas avant 2017, pour une hypothétique mise en service en 2023. Vous ne devez pas seulement vous souvenir du vase de Soisson (comme disait Clovis), mais aussi de l’EPR. Précision : un Atmea, c’est 1.100 MW (1.150… Lire plus »
Temb
Invité
L’article est beaucoup plus creux que la dépêche Reuters ou AFP, il faudrait présicer que la mise en service des réacteurs est pour l’instant prévue pour 2025-2030, et que la part d’AREVA à cet horizon sur le contrat est de 3milliards€. Petite question aux spécialistes, lors d’un échange enflammé autour de l’EPR Bachoubouzouk (je crois?) signalait que l’ATMEA était une conception très proche de l’EPR, mais avec presque 1/3 de production en moins, ce qui ne pouvais pas aboutir à un MWh inférieur à celui de l’EPR. Question, quel est le tarif qu’Areva et Mitsubishi “vendent” aux turcs? Que se… Lire plus »
jmdesp
Invité

Je ne suis pas sûr que Bachoubouzoukne se soit pas trompé. J’ai vu un employé d’Areva US déclarer que l’ATMEA est surtout proche du réacteur MHI avec un peu d’éléments Areva dedans (le core catcher). Et du coup je ne suis pas aussi certain que s4m que l’ingénierie soit vraiment surtout en France. A l’étranger, c’est décrit à peu près partout comme la vente d’un réacteur MHI plus qu’Areva.

Luis
Invité
¤ Le soleil attire les touristes dans ce pays, mais il pourrait aussi attirer davantage les panneaux photovoltaïques. Alors qu’un kWc ne produit que 1.000 kWh par an en Allemagne (de 950 à 1050), il produit 1.400 kWh par an en Turquie (de 1200 à 1600), soit 40% de plus. Avec une assistance allemande pour développer la filière photovoltaïque, le coût actuel de l’électricité PV ne dépasserait pas 7,5 cts€/kWh. En 2023, lorsque le premier Atmea entrerait en service (simple éventualité), ce serait entre 5,0 cts/kWh (le pire des cas) et 3,2 cts€/kWh (le plus probable). L’électricité nucléaire de l’Atmea… Lire plus »
Temb
Invité

Merci, mais dans ce cas il n’est pas aussi “sûr” qu’un EPR, et on veut pourtant en mettre dans une zone aussi sismique?

s4m
Invité
@jmdesp les bureaux de la joint-venture Atmea se trouvent dans la tour Areva à la Défense. Les équipes sont composées de salariés des deux entreprises, à parité égale. L’objectif est d’innover un minimum en reprenant des éléments chez les deux maisons mères. C’est plutôt décrit comme un projet japonais car la négociation commerciale s’est faite entre Turcs et Japonais (les liens franco-turcs ont pris un sacré coup de froid après l’épisode sur le génocide arménien. C’était donc un meilleur calcul de laisser les japonais mener les discussions). Je vois bien un découpage du projet selon le savoir-faire des deux entreprises… Lire plus »
Nicias
Invité

A moins de désosser une centrale, on ne saura pas vraiment qui fait quoi sauf pour les grosses pièces (cuve ou turbine). Atmea est une joint-venture, autant japonaise que française donc ! Comme GdF-Suez sera l’exploitant, on peut dire que la France s’en sort mieux, même si c’est le PM japonais qui a signé !

Dan1
Invité

Effectivement, le Japon en première ligne semble aussi être une posture diplomatique : Et comme le verront certains, le Japon décide bien de sortir du nucléaire…. mais à son rythme et pas à l’extérieur ! En plus, les Turques mettent en avant l’expérience japonaise en matière de séisme. Et ça, personne ira le contester et surtout pas les Français qui ont un mal de chien à trouver des séismes respectables pour leur centrale de Fessenheim. Nos antinucléaires n’arrivent pas à 7 (très fréquent au japon) sur un millénaire avec la meilleure bonne (ou mauvaise) volonté.

Luis
Invité
¤ Si le coût de l’électricité de l’Atmea est de 0,118$/kwh, soit 9,08 cts€/kWh, c’est bien plus cher que le tarif d’achat qui s’appliquerait aujourd’hui en Allemagne si le soleil y était aussi important qu’en Turquie. Le tarif d’achat pour l’électricité d’une nouvelle centrale PV de 1 à 10 MWc est maintenant de 10,82 cts€/kWh. Avec 40% de soleil en plus (Turquie), c’est équivalent à 7,72 cts€/kWh, toutes choses égales par ailleurs. Ce serait même moins avec un coût inférieur de la main-d’oeuvre. Maintenant, s’il n’y a pas de soleil la nuit, la consommation d’électricité est aussi beaucoup plus faible… Lire plus »
Dan1
Invité
C’est quand même bizarre, tous ces pays et tous ces dirigeants ignorants qui se font avoir par AREVA et les vendeurs de nucléaire en général. C’est quand même incroyable que personne ne leur ait expliqué la vraie histoire : le nucléaire c’est beaucoup plus cher à l’usage que le photovoltaïque. Luis, vous et d’autres seriez bien plus utiles dans ces pays qu’en France. Ce sont les clients qu’il faut convaincre de ne pas acheter. Les Finlandais se sont laisser prendre (vont-ils récidiver ?), les Britanniques vont plonger à leur tour, et maintenant la Turquie. Que font les organisations antinucléaires ?… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
qui viennent de réaliser une très belle réussite commerciale. Areva trouve ainsi (avec MHI) son premier débouché pour l’ATMEA, et GDF y trouve un pays où faire perturer l’expertise nucléaire qu’elle a acquis en Belgique. Areva va exporter pour minimum trois milliards d’euros de chiffre d’affaire (à voir après avec le combustible et les pièces de rechange) sur un coût total de 17 milliards, dont on imagine que la majorité reviendra aux entreprises de BTP et de mécanique locales qui vont effectivement construire cette centrale. Pour ce qui est de la sûreté, ces ATMEA seront j’imagine conçus comme les réacteurs… Lire plus »
Temb
Invité
Sur l’absence de double coque, cela ne pose pas de problème particulier, elle ne sert pas à grand chose? Savez-vous quelle est la durée du tarif d’achat de 118$/MWh? En tout cas à ce prix là, qui plus est sur une centrale “papier” ça ne plaide pas vraiment pour la compétitivité de la filière nucléaire. J’imagine que le fait d’entrer dans la cour des grands qui ont LEUR nucléaire et d’avoir la possibilité d’être si besoin à quelques mois seulement de pouvoir fabriquer une bombe nucléaire une fois le programme mis en route a du fortement peser dans le choix… Lire plus »
s4m
Invité
@Luis, Il me semble que vous citez la branche basse du tarif de rachat qui peut grimper à 16c€/kwh, auquel il faudrait ajouter les nombreuses taxes payées par les ménages et les entreprises pour combler les pertes (>100€/ménage/an). Puis, je le rappelle, même si vous diminuez de 40% le coût en raison d’un meilleur ensoleillement, vous oubliez de le majorer de 20 à 25% pour prendre en compte l’inflation sur une décennie. Loin de moi l’idée de dire que le PV est inutile ! Je pense qu’il a largement sa place dans un mix, d’autant plus s’il permet d’économiser du… Lire plus »
Luis
Invité
¤ Comme ont pu le constater de nombreux touristes, les turcs ne s’éclairent pas à la bougie (en dehors peut-être de quelques villages reculés). En 2012, la Turquie a produit et consommé 230 TWh d’électricité (72% fossile, 25% hydraulique et 3% renouvelables). Ajouter une production annuelle de 8 ou 9 TWh avec un réacteur nucléaire ou avec des systèmes solaires ne représente qu’une faible partie de la production totale. Dans le cas du solaire, cela permet d’économiser du fossile et une bonne partie de l’hydraulique la journée, ces sources étant plus que suffisantes le soir et la nuit alors que… Lire plus »
Devoirdereserve
Invité

Le back-up est un mythe ? Dans le cadre du Débat National sur la Transition Energétique, MM. Mestralet (PDG GDF-Suez) et Turmes (euro-député Vert luxembourgeois) ont été auditionnés. Je vous invite à les écouter. En résumé : les EnR ont besoin d’un back-up souple, donc il faut subventionner le gaz peu compétitif actuellement face au charbon pas cher… Ou augmenter le prix du CO2…

Dan1
Invité

Je confirme que tous les désinformateurs qui nient avec force le nécessaire back-up des EnR intermittentes et aléatoires feraient bien d’écouter attentivement le commandant en chef des gaziers (et autres activités qu’il revendique lui-même). Gérard Mestrallet est on ne peut plus clair. GDF-Suez compte beaucoup sur le back-up de l’éolien et du photovoltaïque.

Dan1
Invité

Non, cela ne m’étonne pas plus que cela que le commandant en chef des gaziers défende le gaz… pas plus qu”un “écologiste” s’oppose au chauffage électrique ! Rappelons quand même qu’en Europe, le record de pénétration du chauffage électrique est très largement détenu par les Norvégiens avec pratiquement 80%. Les Danois étudient aussi sérieusement les usages de la chaleur électrique. Et quand on aura un maximum de moyen de production EnR électriques (éolien et photovoltaïque majoritairement), les producteurs seront bien content de pouvoir vendre leur production fatale… y compris pour faire de la chaleur.

Sicetaitsimple
Invité
Je ne sais pas ce qu’il faut écouter des propos du patron de RTE Dominique Maillard (un lien aurait été un plus). Au risque d’être contredit (avec citations bien sûr), j’imagine qu’il parle de la situation actuelle. Les centrales de back-up existent déjà, car les renouvelables electrogènes viennent disons depuis 5 ans en Europe se superposer à des parcs de production existants qui sont à eux seuls capables de fournir l’électricité nécessaire. Donc la centrale de back-up, c’est la centrale existante qui voit juste sa durée d’appel diminuer en moyenne. Elle est déjà construite, on ne va pas la casser… Lire plus »
Hu 31
Invité

D’abord allez faire un tour sur le site ATMEA, vous en saurez plus. Par ailleurs, ne nous emballons pas il ne s’agit que d’un accord pour entrer en négo, accord négocié uniquement par les japonais. Au fait AREVA n’est ni investisseur ni dans la société de projet, ni ne participe à ces négociations alors toutes ces promesses … AREVA sera un des sous traitants d’ATMEA !

O.rage
Invité

Incidents diplomatiques et questions cocasses Rajoutez ça, à la formidable liste d’incidents diplomatiques, de politiques qui auraient du laisser la diplomatie aux diplomates, l’histoire aux scientfiques, et un marché à AREVA qui a du faire ce genre de sacrifices pour être fournisseur principal au lieu d’être co-investisseur avec EDF, GDF et EUAS … En même temps, ce n’est pas une défaite, les anti-nucléaires semblent applaudir à 4 mains quand un marché tombe dans les mains de Westinghouse au lieu d’Areva… ce qui soulève très souvent la question de la possible consanguinité entre anti-nucléaires et intérêts étrangers…

dede29
Invité

Soustraiter l’exploitation de centrales nucléaires sur son territoire me parait curieux . Je sais bien que le systéme libéral permet de soustraiter un peu n’importe quoi ( certains soustraitent meme leur guerre -mais à l’étranger tout de meme ) . Dire qu’il suffit d’effectuer de bons controles ,d’accord mais il faut avoir des autorités de sureté compétentes et avec de l’expérience et pour cela il faut du temps . Il serait préférable de former à l’étranger ses propres exploitants . De meme à un degré moindre pour l’entretien .

O.rage
Invité
Sous-traitance et emploi local Parce que quand vous construisez une maison par exemple, vous avez plusieurs choix : – vous construisez tout seul, et vous avez le temps et les reins solides – vous embauchez un à un des gens compétents, un architecte, un maçon, un électricitien un plombier etc… vous avez du temps et la compétence de les diriger. – vous sous-traitez et vous faites autre chose pendant ce temps. En l’occurence, sous-traiter la plupart du temps c’est faire bosser des PME locale, très souvent poussé par un maire ou prefet ou député ou sénateur qui sent approcher les… Lire plus »
s4m
Invité
@Hui31 votre commentaire relève d’une très mauvaise information sur le secteur : Areva est de toute manière ce qu’on pourrait appeler un “sous traitant” puisque cette entreprise fournit des exploitants qui sont ses clients. Non seulement Areva est “investisseur” (Atmea est une joint venture à 50/50 avec MHI) et les équipes sont composées pour moitié de salariés de chacune des deux entreprises. Les buraux de cette entreprises sont en FRANCE, dans la tour AREVA. Et les raisons pour lesquelles ce sont les japonais qui ont mené les discussions ont déjà été explicitées plus haut dans les commentaire : les relations… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité

Il n’a pas été précisé le nom du fournisseur qui livrera la turbine, l’alternateur, etc.

Sicetaitsimple
Invité

On peut imaginer que ce sera Mitsubishi, non? En tous les cas, ils savent faire.

dede29
Invité

Justement ,ce qui me choque ,c’est de voir les Turcs sous-traiter leur “coeur de métier “qu’est l’exploitation de leurs centrales . Pour la construction ok ,pour l’entretien passe encore pour des des taches spécifiques très pointues ,mais l’exploitation ….non . Sinon pourquoi pas le faire pour leur Autorités de Sureté ?

Sicetaitsimple
Invité

Je ne comprends pas trop vos interrogations: dans cette centrale si effectivement elle se réalise, au moins 90% des employés seront turcs (au début) et peu à peu ça montera jusqu’à quasiment 100%. A terme, seul le Directeur général et le Directeur financier resteront Japonais ou Franco-Belge, en fonction de l’évolution de l’actionnariat. Faut juste prendre le temps d’apprendre…. Même pour la maintenance, j’imagine que MHI/Areva seront obligés contractuellement de mettre en place des filiales locales, même si l’ingéniérie et la founiture de composants restent franco-japonais..

dede29
Invité
Ce qui me surprend c’est cette phrase : ” Cest le groupe GDF Suez qui assurera l’exploitation de la centrale une fois celle-ci raccordée au réseau électrique “. J’imagine qu’il fournira les hommes ,les procédures et les normes . Je comprends que la Turquie achetera l’électricité comme un autre produit . Au premier problème nucléaire ,meme mineur ,comment cela se passe entre les “étrangers” (sans doute sur leur base de vie ) et les habitants locaux ? Je n’aurais pas aimé que cela se passe ainsi lors du démarrage et le début de l’exploitation du programme nucléaire français pourtant avec… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
Les turcs, qui pour l’instant ne connaissent rien au nucléaire, ont décidé de sous-traiter l’exploitation de leur centrale à une vaste entreprise dont c’est un des coeurs de métier. Cette entreprise va (on s’en doute bien) embaucher principalement des locaux qu’elle va former, et les expatriés belges rentreront chez eux après cinq ou dix ans (les débuts). Elle utilisera ses procédures et le nucléaire turc va ainsi être fortement influencé par un exploitant expérimenté. C’est bon, les turcs ne sont pas des martiens, GDF devrait donc bien être capable de communiquer correctement avec eux ! Où est le problème, sinon… Lire plus »
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