Areva va étudier le relancement du retraitement aux Etats Unis

Cette relance du nucléaire repose pour ce pays à nouveau la question du traitement des déchets dont la résolution n’avait jamais été traitée complètement entre le maintien du nucléaire existant en l’état qui rendait le problème moins crucial et une opinion publique et des organisations écologistes qui s’opposaient à la solution du stockage. C’est ainsi que le stockage en grande profondeur prévu sur le site de Yucca Montains au Nevada n’a jamais pu se matérialiser.

Rappelons que, dans le monde les déchets nucléaires sont traités de deux manières. La méthode du retraitement dont Areva est un expert sur son site de La Hague et qui consiste, par des méthodes techniquement très sophistiquées, à séparer dans le combustible usé des élements récupérables et réutilisables et d’autres qui soit ne sont pas utilisables soit sont trop actifs et agressifs et doivent être vitrifiés et stockés pour des décennies, voire des siècles. L’avantage de ce retraitrement est de minimiser les quantités de déchets à stocker et accessoirement de conserver des ressources dans des matériau utilisables comme combustibles qui ne sont pas non plus inépuisables.

L’autre solution, c’est de ne rien faire et de considérer l’ensemble des combustibles usés comme des déchets ce qui augmente la quantité de déchets à stocker.Signalons que contrairement à l’impression que l’on peut avoir en écoutant nos médias, la quantité de déchets nucléaires est très limité.

Tous ceux correspondant à trente ans d’utilisation des centrales nucléaires françaises sont stockés à l’heure actuelle dans les seules "piscines" de ces centrales. Rien à voir donc avec l’énormité des volumes des ordures ménagères par exemple.

Il n’y a donc pas aux Etats Unis d’usine de retraitement depuis la fermeture de celle de West Valley en 1972. On peut par contre faire retraiter ses combustibles usés dans les usines existantes dans le monde comme La Hague (1700T/an de capacité), Sellafield en Angleterre, Mayak en Russie ou les entreposer dans des sites de stockage comme celui de Habog en Hollande prévu pour une durée de vie de 100 ans.

Cependant le transport de ces déchets et les actions de la part des ONG qui sont hostiles au nucléaire, rendent cette solution aléatoire.

C’est pour toutes ces raisons que les Etats-Unis viennent de décider de remettre à l’étude la création eventuelle d’une énorme usine de retraitement qui regrouperait l’équivalent des activités de Cadarache et de la Hague. Et c’est Areva qui a gagné le contrat de la faisabilité d’un tel projet pour un montant d’environ 4 millions d’euros en coopération avec les japonais Mitsubishi et JNFL ( l’opérateur japonais dans ce domaine), les américains Washington Group et BWX et l’institut Battelle. Le but est de faire la revue des technologies disponibles de nos jours et d’étudier la rentabilité eventuelle de cette méthode de traiement des déchets par rapport aux autres options.

Cela ne signifie nullement que la décision est prise et qu’Areva a déjà le contrat, bien sûr. Mais avec la relance en parallèle du stockage sur le site de Yucca Mountain, ça confirme que l’option nucléaire semble aujourd’hui incontournable pour réduire les émissions de CO2 et maîtriser le réchauffement climatique.

Curieusement c’est un sujet qui n’a pas été discuté dans les phases préparatoires du Grenelle de l’environnement…

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Caderange

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