Bassin du Nil : une solution pour éviter les guerres de l’eau ?

Alors que le ton monte entre l’Égypte et l’Éthiopie à cause de leur désaccord concernant l’accord-cadre global pour le Nil, un nouveau rapport intitulé Blue Peace for the Nile (Paix bleue pour le Nil) propose une nouvelle architecture politique en vue de préserver l’unité du bassin du Nil.

Le rapport de Strategic Foresight Group, un laboratoire d’idées international basé à Mumbaï s’appuie sur les contributions de 100 leaders et experts de la région du Nil.

Dévoilé à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, il couvre la totalité du bassin et les 11 pays qui le composent : Burundi, Rwanda, République démocratique du Congo, Kenya, Tanzanie, Ouganda, Érythrée, Éthiopie, Soudan du Sud, Soudan et Égypte. Le rapport propose notamment la formation d’un conseil des chefs de gouvernement soutenu par des mécanismes parlementaires et de coordination de la qualité.

Les pays du bassin du Nil ont besoin de 100 milliards de dollars pour l’irrigation, le développement hydro-électrique et l’alimentation en eau, en plus de plusieurs milliards de dollars pour la santé et l’éducation. Au cours des 22 dernières années, la région a connu 140 inondations et 70 épisodes de sécheresse. Le bassin court le risque de voir 80 % de son territoire devenir aride ou semi-aride provoquant des pénuries alimentaires extrêmes d’ici à 2050.

En dépit des menaces sérieuses de désertification, de pénuries alimentaires, de crises de santé et financière, les pays du bassin du Nil sont en désaccord sur le cadre légal pour l’administration du bassin. L’Éthiopie, l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda et le Burudi ont signé l’accord-cadre global dont l’objectif est de modifier les traités historiques et potentiellement le débit du Nil. Cependant, les signataires représentent moins de la moitié de la population et moins d’un tiers de la superficie du bassin. L’Égypte, le Soudan, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo et l’Érythrée n’ont pas signé l’accord-cadre et représentent plus de 70 % de la superficie du bassin et plus de la moitié de sa population.

Le Strategic Foresight Group pense qu’il est possible de surmonter les obstacles.

« Nous devons aller au-delà des ministères de l’eau qui forment l’Initiative du bassin du Nil et impliquer les chefs de gouvernement de façon systématique. Ils ont la capacité politique de négocier d’importants compromis. Dans le passé, chaque fois que les leaders suprêmes sont intervenus, les crises ont été évitées », a déclaré Sundeep Waslekar, président de Strategic Foresight Group. Il considère qu’il est nécessaire d’organiser une réunion informelle des leaders dans un lieu neutre afin d’initier une coopération politique en 2013, Année internationale de la diplomatie de l’eau.

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