Bisphénol A et PCB : la chasse est ouverte

Suite au rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, la ministre de l’Écologie et de l’Énergie Delphine Batho a annoncé la semaine dernière des mesures à venir pour minimiser l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine.

Elle a ainsi estimé nécessaire de compléter les mesures déjà prises pour prévenir les risques liés au bisphénol A en proposant dès les prochains mois à la Commission européenne, l’interdiction du bisphénol A dans les tickets thermiques, dans le cadre de la réglementation REACH sur les produits chimiques. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) se chargera de préparer le projet de décision avant de le soumettre à l’Union Européenne.

Le bisphénol A (BPA) est un produit chimique utilisé couramment pour la fabrication industrielle de plastiques. Ces matériaux sont largement utilisés dans des produits de consommation courants comme les récipients pour l’eau et la nourriture. Ils rentrent notamment dans la composition de nombreux matériaux contenant des aliments, tels que les produits de consommation en polycarbonate (biberons, vaisselle, récipients destinés au four micro-ondes et boîtes pour la conservation des aliments) ou les emballages avec un film protecteur ou un revêtement époxy-phénolique (cannettes, boîtes de conserve et couvercles métalliques).

Pour Delphine Batho, il est indispensable que les industriels s’engagent dans une démarche de substitution de cette substance, en portant une grande attention à l’innocuité des substituts auxquels ils auront recours. Le rapport de l’Anses a souligné en effet les incertitudes et manques de données sur les substituts du bisphénol A que l’agence a examiné.

Ce nouveau rapport met en avant l’urgence d’agir sur les perturbateurs endocriniens. Le ministère a par ailleurs chargé l’Anses d’élargir son examen à plusieurs autres perturbateurs endocriniens suspectés.


Le PCB aussi

Un décret publié le 12 avril 2013 au Journal officiel prévoit une seconde phase de décontamination et d’élimination des pollutions par les polychlorobiphényles (PCB). Les appareils qui contiennent entre 50 et 500 ppm (partie par million) de PCB devront être décontaminés et éliminés selon leur date de fabrication. Au final, près de 500.000 appareils sont concernés par cette nouvelle phase.

Les polychlorobiphényles (PCB) et les polychloroterphényles (PCT) sont des dérivés chimiques chlorés fabriqués jusque dans les années 1980. Ils font partie des 10 polluants organiques les plus persistants car ce sont des substances peu biodégradables, pouvant contaminer l’ensemble de la chaîne alimentaire et se retrouver dans tous les milieux de l’environnement. La réglementation respecte les échéances de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants entrée en vigueur le 17 mai 2004.

Un calendrier d’élimination progressif. Il sera désormais interdit de détenir des appareils dont le fluide contient des PCB à partir du :

– 1er janvier 2017 si l’appareil a été fabriqué avant le 1er janvier 1976
– 1er janvier 2020 si l’appareil a été fabriqué après le 1er janvier 1976 et avant le 1er janvier 1981
– 1er janvier 2023 si l’appareil a été fabriqué à partir du 1er janvier 1981.

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1 Commentaire sur "Bisphénol A et PCB : la chasse est ouverte"

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Nicias
Invité

Très bon courage à l’Anses pour convaincre les Européens de la nocivité du Bisphènol A, ya du boulot. Je me demande si avec des arguments comme si une femme en ceinte mange 1 rouleau de tickets de caisse par jour et que les effets observés chez le rat (mais pas chez les autres animaux) sont valables pour l’homme, alors le bébé pourrait avoir des problèmes; elle va convaincre beaucoup de monde. Pour les Français, pas besoin, ils voulaient un rapport à charge, ils sont ravis.

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