BNP Paribas va réduire son empreinte carbone grâce aux radiateurs numériques

BNP Paribas s’associe à Qarnot computing, une start-up française, dans le but de valoriser l’énergie consommée par ses serveurs informatiques pour chauffer gratuitement plusieurs lieux en région parisienne.

A l’origine du premier radiateur numérique, Qarnot computing propose une solution innovante permettant d’utiliser la chaleur produite par des processeurs pour chauffer gratuitement des installations industrielles ou des habitations telles que des logements sociaux.

Aujourd’hui, les serveurs informatiques consomment 2% de l’électricité mondiale, dont 50% pour leurs systèmes de refroidissement, alors qu’une facture de chauffage moyenne atteint près de 1.700 € par an.

"Grâce à ce partenariat, BNP Paribas CIB réduit l’énergie consommée par ses serveurs informatiques en basculant une partie (5%) de ses calculs de risques sur la plateforme de Qarnot computing. La chaleur générée par ces radiateurs-serveurs est directement utilisée pour chauffer gratuitement et efficacement des habitations, bureaux et bâtiments publics. Qarnot permet ainsi à BNP Paribas de réduire de 75% l’empreinte carbone des calculs informatiques impliqués, car la chaleur rejetée est réutilisée et les serveurs n’ont plus besoin d’être refroidis" a déclaré David Sibai, Ingénieur Financier, Recherche Quantitative, BNP Paribas CIB.

Pour Laurence Pessez, Déléguée à la responsabilité sociale et environnementale, BNP Paribas : "Nous sommes fiers d’être la première institution bancaire française à nous engager au côté de Qarnot computing. En utilisant cette plateforme, BNP Paribas s’associe ainsi à une entreprise sociale dans le secteur du green IT et renforce ses activités de soutien aux entrepreneurs et petites entreprises. Cette initiative permet également d’incarner la volonté de BNP Paribas d’être à la fois innovante et responsable, contribuant ainsi à la transition énergétique."

L’utilisation de ces radiateurs est un choix responsable, un choix collectif et un choix d’avenir. Qarnot computing dimensionne son parc pour garantir à ses clients la puissance de calcul nécessaire tout au long de l’année, été comme hiver.

BNP Paribas va réduire son empreinte carbone grâce aux radiateurs numériques

Explications

Un radiateur-ordinateur utilise les calories dégagées par le calcul des processeurs pour chauffer des habitations.

"Quand un ordinateur effectue des calculs, il dégage beaucoup de chaleur. Notre idée est simple : profiter directement de cette chaleur grâce à un radiateur-ordinateur" avait alors déclaré Paul Benoit, créateur de la start-up Qarnot Computing dans l’Emission de solutions de la MACIF.

"Dans ce radiateur unique au monde, les résistances électriques qui transforment chaque watt d’électricité en chaleur dans un radiateur électrique normal sont remplacées par des processeurs de calcul. Ils produisent la même quantité de chaleur, tout en effectuant une opération intelligente. Plus l’utilisateur monte le chauffage, plus les microprocesseurs pourront effectuer des calculs, tous les radiateurs étant reliés à Internet."

Cette capacité de calcul est vendue par Qarnot Computing aux entreprises et aux centres de recherche. Selon la société, les calculs que réclame la réalisation d’un film d’animation en 3D permettraient de chauffer plusieurs milliers de logements pendant un an.

BNP Paribas va réduire son empreinte carbone grâce aux radiateurs numériques

Dans l’informatique, le marché du calcul intensif a été multiplié par dix en cinq ans. Or, l’énergie coûte très cher à transporter, mais l’acheminement des données est presque gratuit. C’est à partir de ce constat que Paul Benoit, un ingénieur polytechnicien, a eu l’idée d’utiliser la chaleur produite par les microprocesseurs pour chauffer des installations industrielles ou des habitations. Toutes les entreprises ont en effet besoin de calculs et de stockage de données. Elles s’appuient sur de puissants serveurs informatiques hébergés le plus souvent dans des data-centers. Les calculs dégagent alors une énorme quantité de chaleur, dont le refroidissement représente 80% du coût du bâtiment.

A l’inverse, Qarnot Computing propose une solution de calcul distribuée, répartie dans des radiateurs qui possèdent la puissance de 4 PC. Le chauffage induit est alors gratuit pour les habitants. Paul Benoit estime que d’ici à cinq ans, 100 000 radiateurs correspondant à 20 000 logements, pourront être opérationnels.

Partagez l'article

 



Articles connexes

Poster un Commentaire

14 Commentaires sur "BNP Paribas va réduire son empreinte carbone grâce aux radiateurs numériques"

Me notifier des
avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
gaga42
Invité

Globalement pas idiot, mais attention à ne pas externaliser les dépenses d’énergie: a-t-on tenu compte du fait que: – Il faut doubler les moyens de calcul pour les périodes de non chauffage, quid de l’énergie grise des processeurs? – Bilan énergétique du réseau internet lourdement mis à contribution?

Samivel51
Invité

L’idee est assez genial par sa simplicite. Cela dit le cout initial (installation et raccordement des radiateurs) risque d’etre assez important. Et a grande echelle on aura un probleme de sous-utilisation en ete, qui obligera a maintenir des capacites importantes dans les data-centers traditionnels.

Samivel51
Invité

Certes, mais il y a quand meme en face une double economie: le datacenter qui tourne moins + le datacenter qui a moins besoin de refroidissement. Quant-a la sollicitation du reseau internet: je ne suis pas sur que cela augmente tellement la consommation puisque les datacenters sont deja delocalises et sollicitent donc deja le reseau. L’ideal pour baisser les consommation du reseau internet, c’est le deploiement de la fibre optique: capacite enorme, et consommation beaucoup plus faible que les cables en cuivre.

Tech
Invité

pour l’hiver, OK pour l’été ?!? le serveur si utilisé de la même manière, dégagera son énergie dans une pièce déjà chaude qu’il faudra alors refroidir ! une solution serait le chauffage de l’eau chaude sanitaire, mais plomberie et électronique çà peut faire des dégats ;o) et une installation pas simple! c’est le nouveau principe de Qarnot :o)) tout processeur qui chauffe l’hiver doit s’arrêter l’été ! et pendant ce temps la BNP fait du greenwashing.

trimtab
Invité

Ca me fait penser à cette ‘légende’ des geeks de Silicon Valley qui faisaient tourner leurs machines à cafés avec la chaleur dégagée par les CPU de leurs ordinateurs personnels……? Rien se crée, rien se perd, mais tous se récupère…? Du ‘circulaire’ encore..! C’est le parfum du jour…? Coffee time….tchinn ! trimtab

b api
Invité

Et oui, le fameux cycle de rien de se perd, tout se transforme. D’accord avec Tech pour les saisons, et encore plus dans la Silicon Valley où il ne fait jamais froid et où ces serveurs fleurissent. A moins de faire du froid avec du chaud. Là ca devient intéressant. Mais quel bilan énergétique !

jmdesp
Invité

L’économie sur le refroidissement du datda center est assez limité, les plus performants n’utilisent que 20% de l’énergie pour se refroidir. Cela pose donc fortement la question de comment on fait en été. Intéressant quand même aussi dans le calcul l’incorporation des surfaces économisées, je ne suis pas sûr que ce soit si conséquent (le transport facile des données fait qu’on met le data center là où il y a de la place).

Herve
Invité
C’est une bonne idée mais ça se fait déjà depuis longtemps. Beaucoup laissent tourner leur ordi pour télécharger, monter une vidéo… Personellement, cette fin d’hiver je me suis chauffé avec des calculateurs. La remunération pour les calculs m’a pratiquement couvert le cout de l’énergie. C’est sympa mes les miens sont un peu bruyants (pas prevus pour ça à la base). Et au final, le coté “économique” reste trés discutable. L’ennui c’est le cout d’un tel dispositif, ça se démode trés vite, il faut remplacer les machines assez souvent pour que ça reste “rentable”, alors les laisser dormir 6 mois /… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

C’est marrant, l’expression “GGP” (Gang des Grille-Pain) avait complêtement disparu d’Enerzine. Mais elle va peut-être renaitre? Mais là c’est du grille-pain high-tech! “Chéri, j’ai un peu froid, tu ne pourrais pas télécharger un film?” PS:pas la peine de répondre, c’est juste pour plaisanter.

Pierrotb001
Invité

Eh bien en été il y a le solaire! Hiver chauffage élec et été extinction et basculement en data center alimenté par ENR… A+

Herve
Invité

En solaire, vous aurez du mal a expédier les calculateurs sur les fuseaux horaires d’à coté…

Samivel51
Invité

Pour l’ete, le potentiel de l’hemisphere sud est limite, puisque tres peu de gens vivent dans les zones reellement affectees par l’hiver austral: Patagonie, Tasmanie, Nouvelle-Zelande.

Leni
Invité

Qarnot s’en sort de manière assez simple: le parc est surdimmensionné pour garder assez de puissance de calcul toute l’année. Et en hiver, quand il y a besoin de beaucoup de chauffage, Qarnot calcule gratuitement pour des instituts de recherche, contre la mucoviscidose par exemple.

Sicetaitsimple
Invité

Si ce que vous dites est vrai et ça l’est certainement ( j’ai bien vu le logo de Qarnot sur votre lien), chapeau pour le concept! C’est Mme Rivasi qui va être bien embétée. Les pointes de consommation au secours de la recherche fondamentale!

wpDiscuz