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Brèves de blog… énergétiques

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EDF semble intégrer désormais que la coexistence avec GDF sous la bannière de l’Etat est terminée. Une coexistence qui se traduisait même par des factures communes, ce qui, en droit privé, aurait sans doute constitué une preuve d’entente, mais chacun sait que l’Etat ne s’applique pas à lui même les règles qu’il impose aux sociétés privées.

Bref, EDF qui est un très gros consommateur de gaz pour ses propres centrales (10 milliards de M3 environ) racheté essentiellement à GDF, a conservé de leur vie quasi commune avec GDF un portefeuille de clientèle industrielle important d’environ 17 milliards de M3 qu’il importait de sécuriser. D’où un accord de fourniture signé en 2008 avec l’espagnol Gas Natural et un accord de coopération avec le Qatar.

Dans la distribution par contre ça n’a pas avancé beaucoup avec le rachat loupé de la filiale de GDF-Suez en Belgique, Distrigaz au profit de l’italien ENI. L’annonce du rachat d’actifs gaziers en mer du Nord constitue par contre un vrai signe visible de l’entrée d’EDF dans la distribution de gaz. Cela reste modeste puisque les gisements rachetés à l’américain ATP Oil &Gas ne correspondent qu’à une capacité de production actuelle de 0.3 milliards de M3/an. Monsieur Gadonneix qui fut longtemps président de GDF, semble s’en tenir à une politique semblable à celle qu’il y menait, en se positionnant plutôt comme un distributeur comme en témoigne les efforts fait par contre pour implanter ou participer à des terminaux gaziers en différents endroits.

EDF annonce ne pas vouloir s’impliquer dans l’amont gazier et d’ailleurs ce sont les équipes d’ATP Oil & Gas qui continueront à exploiter les champs récemment acquis en Mer du Nord. Sa filiale italienne à 49% par contre, Edison, continue à mener sa propre vie et veut, elle, investir dans l’exploration production.

Areva poursuit elle sa marche en avant, sure de ce que l’industrie nucléaire a un grand avenir devant elle. C’est ainsi qu’aux Etats Unis elle vient d’annoncer sa décision d’ouvrir une usine de composants lourds, une caractéristique du nucléaire, avec une filiale de la firme d’aviation Northrop Grumman.Une usine pour fabriquer des cuves de réacteurs et des générateurs de vapeur comme celle dont dispose Areva à Chalon sur Saône, à ceci près qu’elle produira en dollars. Areva a pour objectif de prendre 30% du marché des nouvelles centrales aux Etats Unis, soit 7 réacteurs espérés.Un investissement de 360 millions de dollars qui créera 500 emplois.

En Inde, Areva vient de s’allier avec la filiale locale de General Electric  pour distribuer des matériels de distribution d’électricité.Une alliance stratégique d’après les deux partenaires.En attendant qu’Areva puisse "placer", comme elle l’espère, deux EPR…

En Europe, pour les mêmes raisons Areva renforce son usine de Chalon sur Saône qui a devant elle un carnet de commande rempli pour les trois ans à venir. Il s’agit d’un investissement d’une vingtaine de millions d’euros dans de nouveaux équipements d’usinage, de soudage et de controle pour diminuer de moitié les délais de fabrication à l’horizon 2012. Un investissement qui portera les effectifs du site à environ 1200 personnes.

Enfin encore plus en amont du cycle de fabrication, Areva va injecter 70 millions d’euros dans l’acierie du Creusot, Industeel, pour qu’elle puisse acroitre sa production de lingots creux et d’acier inoxydable de forte épaisseur(200mm) utilisés dans… le nucléaire.

Enfin encore plus en amont, où se trouve l’activité minière et l’Uranium, Areva qui avait rachété en 2007 la société UraMin, vient de signer un accord avec son partenaire chinois, la CGNPC, l’électricien de la province du Guangdong auquel elle a vendu deux EPR, pour lui céder 49% d’UraMin. Tout "baigne" pourrait on dire entre les deux partenaires qui ont également crée une coéntreprise chargée de l’ingénierie et des achats pour les réacteurs de Deuxième et Troisième génération. CGNPC s’assure ainsi une source sure de combustible nucléaire, quant à Areva elle retrouve un peu du cash dont elle a besoin pour investir tous azimuths et que l’Etat lui refuse en lui réfusant de la privatiser.

Situation très contrastée dans l’industrie pétrolière. D’un coté des résultats extraordinaires pour le troisième trimestre 2008 qui reflètent les très hauts niveaux des prix du baril sur la période qui ont culminé à 147 dollars le baril. 14.8, 8.4 et 8 milliards de dollars de bénéfice sur ce trimestre pour les trois premiers groupes pétroliers, ExxonMobil, Shell et BP, un record !!! d’un autre coté la prise en compte d’ores et déjà de la plongée du prix du baril aux environs de 65 dollars qui se traduit par des reports des projets dont la rentablité est la plus faible. Ceux de l’Athabasca au Canada qui concernent les shistes bitumineux dont on sait que les investissements y sont très lourds et qui nécessitent un baril à 90 dollars pour atteindre le seuil de rentabilité. Sur le long terme, les pétroliers croient toujours à un retour à un baril à plus de 100 dollars mais on peut néanmoins souffler un peu sur les sables bitumineux au profit … d’autres projets. 

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange


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