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Brèves de Blog… Pétrolières

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C’est assez simple, elle traduit bien l’impact des prix sur les comportements et les consommations de tel ou tel produit. L’effet n’est pas immédiat, car les gens ne s’en aperçoivent pas tout de suite, pensent que c’est un hausse temporaire et font le gros dos.

En plus sur le prix du carburant qui est le plus visible pour les consommateurs, sont appliquées des taxes qui en faussent l’impression de hausse ou de baisse. Elles peuvent être nulle comme aux US, lourdes comme en Europe ou au contraire négatives sous forme de subvention comme en Asie. L’impact visible est amorti dans le cas des prix taxés comme en Europe, refléter exactement la hausse du baril comme aux US ou amplifiée dans les systemes de prix subventionnés.

Tout ceci fait que l’effet sur la consommation de carburant ne se produit qu’à moyen ou long terme. Quant aux produits fabriqués à partir de produits pétroliers, leur augmentation sera encore plus lente et amortie que ceux des carburants.

La raison majeure de cette baisse est donc le changement de comportement des consommateurs pour consommer moins dans les pays développés. Dans les pays émergents, le facteur prédominant sera la suppression ou la forte diminution des subventions comme en Chine, en Indonésie, voire en Russie qui amplifiera considérablement les hausses et rendra le carburant inaccesible à beaucoup. Suite au prochain acte.

* Quelques commentaires d’un professeur de la faculté Carnegie Mellon sur les crises respectives du pétrole et de l’immobilier: "Le plus grand problème de l’économie américaine et europénne, c’est qu’il est en train de s’opérer une perte de richesse en défaveur des pays développés et au profit des pays producteurs de pétrole" ou "Nous allons être grevés d’une partie de nos richesses en permanence" et encore " les gens auront moins d’argent à dépenser".

* Le mécanisme des contrats de "partage de production" qui prévalent entre les compagnies pétrolières et les pays producteurs font que quand le prix du baril monte, les capacités de production des compagnies pétrolières diminuent et que, par contre, les quantités à vendre par les pays producteurs augmentent car, bien sur, la production globale ne bouge pas. De ce fait les pays producteurs bénéficient d’un double effet sur leurs recettes, des prix plus élevés et des volumes en hausse. Pas surprenant dans ces conditions que les fonds souverains soient de plus en plus riches et de plus en plus présents pour investir tous azimuths.

* La Russie continue à vouloir chasser les uns après les autres toutes les grandes compagnies pétrolières. Après avoir fait plier sous ses fourches caudines les Shell, Total, Ioukos et d’autres c’est actuellement BP qui est dans le collimateur. BP avait eu ce que l’on considérait comme une chance, la possibilité de racheter la moitié du capital de l’entreprise pétrolière russe TNK devenue TNK-BP. Les cinquantes autres pour cent appartiennent aux oligarques russes qui se plaignent que la gestion de BP et du président de TNK-BP, l’anglais Robert Dudley, favorisent le pétrolier britannique au détriment des intérets du pays. La bataille devient personnelle avec le non renouvellement des visas des expatriés anglais d’abord et du PDG lui même. Celui-ci a dû se résoudre à quitter la Russie mais, dit-il, il dirige toujours à distance grace aux moyens modernes de communication. BP riposte en ne distribuant pas de dividendes. Combien cela va t il durer et au profit de qui? Devinez…

* Je vous avais signalé le désengagement des grandes compagnies pétrolières du secteur du raffinage en Europe voire dans le monde. Et l’apparition d’acteurs nouveaux spécialisés dans le raffinage comme le suisse Petroplus qui a racheté les raffineries de Shell en France ou encore l’italien ERG voire le polonais PKN Orlen.

Les majors qui depuis des décennies, à l’exception que quelques périodes courtes, ont vecu avec des surcapacités et des marges de raffinage insuffisantes alors que les besoins en investissements dans l’exploration/production étaient énormes ont semble-t-il choisi en faveur de cette activité et donc au détriment du raffinage. De plus avec la hausse des prix, la consommation commence à diminuer et les raffineries européennes qui ont été construites pour une structure de consommation à forte proportion d’essence ne sont pas très bien adaptées à la donne moderne.

Alors lorsque Total, premier raffineur européen et local de l’étape déclare " vouloir adapter son raffinage pour maitriser ses excédents d’essence en Europe", on peut être inquiet sur l’avenir de ce secteur industriel. Une chose est sure dans trois ans, ce tableau ci-contre aura probablement une toute autre composition

* Encore un achat d’un producteur de pétrole non conventionel en Alberta au Canada. Il s’agit de Total qui vient de remporter la canadien Synenco Energy à un prix relativement limité mais derrière lequel se cache un investissement de l’ordre de 6 milliards d’euros pour exploiter le gisement sur lequel Synenco avait des droits.La ruée vers les shistes bitumineux canadiens continuent donc.

* L’oléoduc dit BTC Bakou-Tbilissi-Ceyhan qui permet de ramener vers la méditerranée le pétrole de la Mer Caspienne en évitant le territoire russe via la Turquie a été victime d’une attentat revendiqué par le PKK. L’opérateur du pipeline, BP,a du en interrompre l’exploitation le temps de sa réparation.Heureusement nous sommes repassés dans une période d’équilibre offre/demande. Sinon le brut aurait pris 2 ou 3 dollars de plus immédiatement.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange


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