Centrales nucléaires : l’âge du départ en retraite augmente

C’est ce qu’il faut conclure des annonces successives des autorités en Allemagne d’abord, puis en France, de l’acceptation de durées de vies allongées pour les centrales existantes. En Allemagne de 12 ans en moyenne et en France de 10 années. Rien à voir donc sur l’amplitude de cet allongement avec les modestes deux ans d’accroissement de l’âge de départ en retraite des humains péniblement institué en France. Il est vrai que les centrales nucléaires, ca ne descend pas dans la rue.

Dans les deux cas néanmoins, cet allongement de la durée de vie se fera à la carte. En Allemagne il variera de 8 ans pour les centrales construites avant 1980 à quatorze ans pour les plus récentes. En France ce sera au cas par cas après inspection par une Autorité de Sureté Nucléaire dont on connait la très grande exigence. La Centrale du Tricastin est ainsi la première à avoir obtenu cet accord de prolongement d’exploitation moyennant des travaux de remise à niveau importants pour 500 millions d’euros. Rien à voir néanmoins avec le cout de construction d’une centrale neuve qui varie de 3.5 à 5 milliards d’euros. Elle avait été raccordée au réseau en 1980 et a donc 30 ans de fonctionnement derrière elle. Les travaux de remise à niveau devront avoir été effectués avant 2014.

Coté allemand, il coutera également cher aux exploitants pour poursuivre leur exploitation car l’Etat a jugé que l’allongement de la durée d’exploitation accordée était un avantage économique important dont il était logique que l’Etat ait sa part. D’ou l’institution d’une taxe sur le combustible nouvelle que d’aucun ont immédiatement baptisé « droit à polluer » et l’institution d’un fond qui devrait être utilisée pour développer les énergies renouvelables. Car si le gouvernement a fini par accepter une telle augmentation de vie, c’est face à la constatation que, même avec les efforts considérables déjà fait en Allemagne dans l’éolien et le photovoltaïque, il ne serait pas possible sans nucléaire de respecter les engagements pris de diminuer les émissions de CO2 de 80% d’ici 2050. Il en coutera aux exploitants 36 milliards d’euros entre taxe sur le combustible et participation au fond de développement des énergies renouvelables.

D’une certaine manière en France, l’avantage économique résultant de cet allongement de vie ira également aux contribuables par l’intermédiaire de la redistribution des bénéfices d’EDF à son actionnaire ( à 80% seulement ) l’Etat. A moins que sous la pression de Bruxelles, on ne se décide à forcer EDF à redistribuer une partie de cette rente à ses confrères pour initier enfin une vrai concurrence sur le marché.

A suivre maintenant jusqu’à épuisement des recours en justice que ne manquerons de déposer en Allemagne opposition et ONG diverses.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange

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