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Changement climatique : réponses à l’échelon régional

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L’Union Européenne présente dans son dernier Panorama sa vision sur les enjeux du sommet sur le climat qui se tiendra à Copenhague en décembre. Elle a aussi demandé à des experts ce que les régions peuvent faire pour relever ce défi du changement climatique.

Le premier interview concerne Alain Hubert, le Président fondateur de la fondation polaire internationale (FPI), concepteur et initiateur du projet «Station Princess elisabeth» dans l’antarctique.

«Penser mondialement, agir localement»: quels changements stratégiques les autorités publiques doivent elles promouvoir pour assurer une forme de développement plus durable dans un monde doté de ressources naturelles limitées ?

La première chose que les autorités publiques devraient faire afin de permettre que des mesures soient prises à l’échelon local, c’est d’accorder plus de pouvoir, de moyens et d’indépendance aux régions et aux villes, qui forment l’environnement de la majorité des habitants de la planète. Sans aucun doute, les villes sont aux premières lignes dans la bataille à livrer pour la durabilité.

Dans les villes du monde développé, la consommation et la production d’énergie sont des défis majeurs. De leur côté, les villes du monde en développement doivent s’adapter à une croissance urbaine rapide, maîtriser la pollution atmosphérique, mettre en place des infrastructures essentielles et améliorer des systèmes d’assainissements inadéquats.

Les pouvoirs publics doivent donner aux autorités urbaines les moyens d’atteindre des objectifs précis au cours de la prochaine décennie. Le monde développé, qui est responsable en grande partie du réchauffement climatique, doit comprendre qu’agir revient à participer à une nouvelle dynamique économique et sociale. Les pays développés doivent agir et aider le monde en développement sans s’attendre à ce que celui-ci fasse de même.

N’oublions pas qu’il n’y aura pas de solution mondiale à long terme si nous ne changeons pas de façon radicale nos habitudes de consommation d’énergie, et qu’un changement de comportement à long terme ne pourra être atteint que grâce à l’éducation et à des campagnes de sensibilisation positives, en commençant à l’échelon local.

Si aujourd’hui vous aviez l’occasion de prendre une décision officielle contraignante, quelle serait la première loi à adopter ?

Si l’Union européenne veut donner l’exemple, elle doit fixer un objectif de réduction de 80 % des émissions de gaz à effet de serre à atteindre d’ici 2030. L’Europe est tout à fait prête pour susciter une révolution industrielle verte: elle dispose des technologies nécessaires et peut compter sur une opinion publique mûre.

Pour concrétiser de tels objectifs, elle devra mettre en place des limites et des systèmes d’échanges mais également de véritables mesures d’incitation et de dissuasion. Ces mesures incontournables consistent à imposer progressivement des taxes plus élevées sur les émissions de dioxyde de carbone et, en même temps, à stimuler et encourager davantage d’initiatives alternatives en offrant des subventions aux recherches ciblées et des avantages aux occupants des logements.

Nous avons également besoin d’incitations pour promouvoir les investissements dans les entreprises vertes. Ce sont les investisseurs institutionnels que nous devons viser et pas seulement les PDG d’entreprises qui, même s’ils comprennent la nécessité d’agir, doivent aussi penser aux bénéfices de leurs actionnaires.

Le mois de mars 2009 a vu l’inauguration de la station de recherche Princess Elisabeth en Antarctique, la première station de recherche «zéro émission» du monde. Pourquoi était-ce important pour la Fondation polaire internationale (FPI) d’opter pour le développement durable en Antarctique, cette région loin de tout ?

L’étude des régions polaires est essentielle pour mieux comprendre le système climatique de la Terre.

Utilisant les technologies vertes disponibles, la station fonctionne grâce à des sources d’énergie renouvelables, aux techniques de l’habitation passive, à un système complet de traitement des eaux et à un petit réseau, afin de réduire sa consommation d’énergie et d’atteindre son objectif de zéro émission. Afin de respecter le protocole de Madrid, nous minimisons l’impact sur l’environnement en utilisant une forme d’énergie qui est plus propre pour nous et pour la planète.

En adoptant cette approche, nous démontrons qu’avec de l’ambition, de la persévérance et le savoir-faire de nos sociétés, nous sommes capables d’opposer une réponse constructive au défi du changement climatique. Puisqu’il est en effet possible de viser des émissions nulles dans le climat extrême de l’Antarctique, il doit être possible d’en faire autant n’importe où dans le monde.


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