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Chavez / Poutine, même combat …

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Je vous ai déjà expliqué comment Poutine a réussi à reprendre le controle du pétrole et du gaz dans son pays. Un mélange d’action juridique et fiscale pour spolier Khodorkovsky de la société qu’il avait crée à partir du rachat d’une société nationale, Ioukos. Ce que j’appellerai la méthode Al Capone puisque c’est par le fisc que la police américaine a réussi également à faire tomber le leader de la prohibition. L’autre méthode, c’est l’utilisation des organismes de controle étatiques pour vérifier les engagements de pétroliers en termes écologiques ou de volume de production, comme pour le cas de Shell et maintenant de BP. Il faut, bien sur, un bonne dose de mauvaise foi pour les appliquer, mais ça marche.

Coté Chavez et le Venézuela, c’est plutôt l’intimidation permanente, utilisation de l’armée à l’appui, qui est utilisée et on sait que le leader vénézuélien ne recule devant aucune provocation. Dans ce cas, c’est de pétrole extra lourd dont on parle, celui de la ceinture de l’Orénoque qui est avec les sables de l’Athabasca, le deuxième endroit au monde où ces pétroles sont présent en quantité très importante. Différence avec ceux de l’Athabasca, ils ne sont pas aussi lourd et peuvent être extraits par pompage. Par contre ils nécessitent les mêmes méthodes de préraffinage ou de fluidification pour les transformer en pétrole lèger que l’on puisse traiter dans toutes les raffineries du monde. D’où une intensité d’extraction jusqu’içi faible que la hausse du prix du baril a rendu depuis attractive.

Etant donné les risques techniques et financiers de ces pétroles lourds, les petroliers internationaux s’y étaient impliqués comme terrain d’expérimentation de leurs techniques de forages,d’extraction et de préraffinage en même temps que d’exploitation réelles des champs. Il l’ont fait sous forme de consortium associant un ou plusieurs majors avec la compagnie nationale vénézuélienne PDVSA ( Pétroléos de Venézuela SA). Les pétroliers apportant technique et investissements et PDVSA la propriété des droits contre un pourcentage d’accord parti du consortium.

Chavez / Poutine, même combat ...Chavez a changé tout cela en exigeant que soit donné à PDVSA la majorité dans ces consortiums contre en principe une certaine indemnisation à définir. Les quatre consortiums impliqués ont nom Ameriven ( ChevronTexaco et ConocoPhillips), Cerro Negro ( ExxonMobil et BP), Petrozuata ( Conocophillips) et Sincor (Total et Statoil), tous associés avec PDVSA. Après des mois de résistance et de négociation, les dits pétroliers ont du baisser pavillon, après que l’armée et le public aient symboliquement envahis leurs installations le premier Mai pour un grand rassemblement populaire et spontané.

Les compagnies pétrolières ont quatre mois pour négocier avec PDVSA les conditions de cette capitulation qui devront ensuite être avalisées par l’Assemblée Nationale Vénézuélienne. Le point le plus critique sera le montant des indemnisations et sans doute celui des royalties pour l’utilisation du savoir faire de ces sociétés. Pour Total par exemple qui en avait fait son unite pilote du raffinage de pétrole lourd( projet Sincor) à 4 milliards de dollars, et qui s’est déjà fait confisquer les 30 000 Barils / jours du gisement de Jusepin pour l’inciter à plus de coopération, ce sera sans doute plus douloureux encore que pour ses confrères. Mais que peut on faire d’autre dans de telles circonstances que de mettre un mouchoir dessus ?

Certains d’entre vous penseront que la spoliation fait partie du jeu et donc qu’il est normal que les grand groupes pétroliers capitalistes en payent le prix. Sans doute, mais en fin de compte ce sont eux comme consommateurs qui en paieront le prix à la pompe aujourd’hui ou après demain.

A suivre donc

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange


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