Climat 2°C : “La tendance mondiale actuelle n’est pas compatible”

Les dirigeants de 10 des plus grandes compagnies pétrolières et gazières mondiales – qui assurent près d’un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz et fournissent près de 10 % de l’énergie de la planète – ont déclaré leur soutien afin d’obtention un accord significatif dans la lutte contre le changement climatique à l’occasion de la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (COP21).

Dans leur déclaration commune historique, les dirigeants des 10 compagnies actuellement membres de l’OGCI (Oil and Gas Climate Initiative) – BG Group, BP, Eni, Pemex, Reliance Industries, Repsol, Saudi Aramco, Shell, Statoil et Total –reconnaissent l’ambition générale de contenir le réchauffement climatique à 2°C, tout en admettant qu’en matière d’émissions nettes de gaz à effet de serre (GES), la tendance mondiale actuelle n’est pas compatible avec cet objectif.
 
Les compagnies membres de l’OGCI ont pris des actions significatives en faveur de la réduction de leur empreinte carbone en diminuant d’environ 20 % au cours des 10 dernières années les émissions de GES de l’ensemble de leurs opérations.
 
"Notre ambition commune est un futur à 2°C. C’est un défi pour l’ensemble de la société. Nous sommes prêts à jouer notre rôle. Au cours des prochaines années, nous renforcerons nos actions et nos investissements visant à réduire l’intensité en carbone du mix énergétique mondial. Nos compagnies sont prêtes à collaborer dans un certain nombre de domaines afin d’obtenir davantage que la somme de leurs efforts individuels" ont déclaré les 10 CEO.
 
(Helge Lund, BG Group ; Bob Dudley, BP ; Claudio Descalzi, Eni ; Emilio Lozoya, Pemex ; Mukesh Ambani, Reliance Industries ; Josu Jon Imaz, Repsol ; Ben van Beurden, Royal Dutch Shell ; Amin Nasser, Saudi Aramco ; Eldar Sætre, Statoil ; et Patrick Pouyanné, Total.)
 
L’OGCI a également publié ce jour son rapport commun, intitulé « More energy, lower emissions » (Plus d’énergie, moins d’émissions), qui détaille les mesures concrètes prises par les compagnies membres pour améliorer la gestion de leurs émissions de GES et travailler à la réduction des impacts du changement climatique sur le long terme. Parmi ces mesures figurent des investissements significatifs dans le gaz naturel, le captage et le stockage de CO2 (CSC) et les énergies renouvelables, ainsi que dans la R&D afin de réduire les émissions de GES.
 
La déclaration et le rapport communs définissent des domaines clés où la collaboration des compagnies membres de l’OGCI sera particulièrement concentrée :

Efficacité : optimiser l’efficacité de leurs opérations ; améliorer l’efficacité énergétique de leurs carburants et autres produits finaux ; travailler avec les constructeurs automobiles et les consommateurs à l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules.

Gaz naturel : contribuer à la croissance de la part du gaz naturel dans le mix énergétique ; garantir que le gaz naturel fourni rejette moins d’émissions sur l’ensemble du cycle de vie que les autres carburants fossiles ; éliminer le torchage de routine et réduire les émissions de méthane de leurs opérations.

Solutions à long terme : investir dans la R&D et l’innovation pour réduire les émissions de GES ; prendre part à des partenariats pour faire avancer le déploiement du CSC ; contribuer à l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial.

Accès à l’énergie : développer des projets visant à donner accès à l’énergie à davantage d’individus en partenariat avec les autorités régionales et nationales ainsi qu’avec d’autres parties prenantes.

Partenariats et initiatives plurilatérales : identifier des opportunités pour accélérer la mise en œuvre de solutions visant à lutter contre le changement climatique en travaillant seul ou à plusieurs, en collaboration avec les entreprises du secteur et d’autres organisations.

Climat 2°C : "La tendance mondiale actuelle n'est pas compatible"

>>> Lire le rapport de l’OGCI : ici (.pdf)
 
** L’OGCI est une initiative volontaire des dirigeants des compagnies pétrolières et gazières, basée sur le partage de bonnes pratiques et la collaboration, qui vise à déployer des actions pratiques pour lutter contre le changement climatique. L’OGCI a été créée à la suite d’échanges lors de la rencontre annuelle du forum économique mondial en janvier 2014 et a été officiellement lancée lors du sommet de l’ONU sur le climat en septembre 2014.

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13 Commentaires sur "Climat 2°C : “La tendance mondiale actuelle n’est pas compatible”"

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Pastilleverte
Invité
C’est pas possible que ces sociétés qui comptent un paquet d’ingénieurs, à priori de culture scientifique, sortent ce genre d’âneries (Notre ambition commune est un futur à 2°C) à moins de vouloir faire profil bas ou du “greenwashing” comme on veut. Personne ne détient la clé du “thermostat” de la Planète, et la température globale ne varie pas en proportion artihmétique des émissions des ci-devant Gaz à effet de serre.(sinom on serait déjà à +4 ou +5°C en moyenne depuis le milieu du XIX° siècle !) Le climat, dont la température, est un élément, est un objet non linéaire chaotique.… Lire plus »
Umweltfreunden
Invité
Si je partage votre prudence quant au risque de greenwashing des groupes représentés par l’OGCI, je vous corrige sur la prédictibilité du climat. Le climat est non linéraire, oui, mais certainement pas chaotique (encore heureux pour la vie sur Terre !). Vous confondez ici la tendance de fond (climat) avec l’instantané (météo), qui répond à des variables aux effets plus ponctuels et de court terme. Les évolutions du climat sont faites avec des modèles physiques, basés sur des bilans énergétiques et des propriétés mesurables (température, albedo, inertie themique des océans et continents, etc.). La robustesse de ces modèles a été… Lire plus »
jipebe29
Invité

Il est facile d’adapter les modèles numériques au passé: il suffit de faire des paramétrages pour coller au passé climatique, mais cela ne prouve pas leur robustesse. Or, depuis 19 ans, les projections des modèles numériques divergent de plus en plus des observations, ce qui prouve que leur robustesse est nulle. Voir:

jipebe29
Invité

Ces compagnies pétrolières et gazières ont tout intérêt à ce qu’il y ait un développement inconsidéré des EnR intermittentes, car, plus il y en a, plus il faut de centrales thermiques pour équilibrer le réseau de transport, notamment des centrales à gaz. Business is business…

samivel51
Invité

Meme Saudi Aramco en est, mais pas Exxon-Mobil ni Chevron! Tout un symbole! Les petrolieres US sont a fond derriere les Republicains et leur populisme climatosceptique. Et les elections approchent…

samivel51
Invité

Je ne parlais pas de Sarkozy! Encore que..

Pastilleverte
Invité
Merci de vos explications. Je note bien que la méteo est chaotique (et de fait imprédictible au-delà de quelques jours) En revanche, j’avais cru comprendre que le “climat” était une moyenne sur 30 ans (ou 60?) des données météo. je ne suis pas scientifique, mais une moyenne de phénomènes chaotiques imprédictibles donnerait un état non chaotique et donc prédictible ? Noter que les observations de 2014, année pourtant serinée comme la plus chaude de blablabla (c’est faux, masi peu importe), se retrouvent dans la fourchette basse de quelques modèles GIECiens, ceux avec scenario de baisse des émissions de CO2, ce… Lire plus »
Herve
Invité
De toute façon la climatologie est une science jeune. Les modeles sont trés probablement faux (comme a chaque fois), mais la presse c’est emballée sur un nouveau nonos. Tout ce bruit médiatique est la mode du moment qui passera juste avant qu’ils soient discrédités. Petit a petit, on comprendra mieux ce qui se passe réellement et on cernera mieux ce qu’il faut faire (ou pas) pour remédier au probleme. C’est un peu comme le trou de la couche d’ozone. On nous a bassiné sur son augmentation, fait prendre des tas de mesures à l’efficacité plus ou moins réelle, et puis… Lire plus »
Reivilo
Invité
L’effet de serre et le réchauffement climatique sont des notions tellement neuves qu’elles avaient été théorisées par Arrhénius en … 1896 et même avant par Fournier (1824) Le lien entre émissions de gaz à effet de serre et modification du climat a été également démontré par Claude Lorius avec l’étude des carottes de glace de l’antartique (débutée en 1957) comme on peut le voir dans le dernier film de Luc Jacquet qui devrait être projeté lors de la CP 21 “La glace et le ciel”. Les médias sont ce sont emballés à un point tel que les chaînes publiques ont… Lire plus »
Umweltfreunden
Invité

Pour la couche d’ozone, le problème est plus ou moins réglé avec le remplacement des gaz réfrigérants. Il faudra du temps pour stabiliser la situation, mais globalement, la situation a été trouvée, et sans opposition majeure. (On est loin de ça pour le climat)

Herve
Invité
Oui, ce qui est plus récent par contre c’est qu’il semble que le lien de cause a éffet avait été inversé: On sait maintenant que c’est l’augmentation de la température qui fait monter la concentration de CO2. @Umweltfreunden J’ai cité ce car car il y a similitude avec le réchauffement: On a commencé par voir le trou s’ouvrir, on a accusé l’activité humaine à 100%, (certes les de vraies mesures ont ete prises) puis il s’est avéré en fait que le trou s’ouvre et se ferme régulièrement, en bonne partie pour des causes naturelles. (Mais c’est pas vraiment ce qu’on… Lire plus »
Dan1
Invité

“On sait maintenant que c’est l’augmentation de la température qui fait monter la concentration de CO2” Non, on le sait de moins en moins à mesure que la science progresse. Il semble bien que le décalage d’environ 800 ans entre température et CO2 antarctique ait été expliqué par un problème de décalage de carottes :

Verdarie
Invité
J’ai bien lu ” Investir dans l’innovation, Identifier des opportunités pour accélérer la mise en oeuvre de solutions visant à lutter contre le changement climatique en travaillant seul ou à plusieurs, en collaboration avec des entreprises du secteur et d’autres organisations ” ? Je rêve ou c’est bien écris ? Voici une dizaine d’années que je m’escrime à faire parraître des offres sur les réseaux sociaux pour un nouveau modèle économique et écologique de stockage de masse de l’énergie. A contacter les services publics, à assister à des colloctes pour trouver des partenaires sans qu’aucun des acteurs signataires ne se… Lire plus »
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