Comment se tirer une balle dans le pied ?

Oui, mais alors, on s’en sort comment ?

Une chose est sure, il ne faut pas compter sur les orientations actuelles pour changer de cap. La politique actuelle a tendance à favoriser cette descente aux enfers avec comme seul conseil pour s’en sortir : "travailler plus pour [soit disant] gagner plus". Très bien, travaillons plus, pour augmenter notre production, nos revenus (en apparence), mais le problème restera le même : nous ne sommes a priori pas assez compétitif (par la seule approche monétaire). Ca ne fera qu’accélérer le processus.

D’ailleurs, on constate que même si en apparence nos produits sont trop chers, notre main d’oeuvre est reconnue comme réactive et de qualité. C’est bien la raison pour laquelle quelques entreprises reviennent à la raison et relocalisent leurs activités (on parle d’internalisation) parce que les économies n’étaient finalement pas au rendez-vous, parce que toute demande de changement d’un client prenait plus de temps que prévu chez le fournisseur installé à l’étranger… Mais ne soyons pas dupe, les entreprises qui relocalisent ne le font pas par patriotisme économique. D’autre part, comme les entreprises européennes ont amorcé leurs délocalisations plus tardivement que celles des Etats-Unis, elles ne sont pas prêtes à revenir massivement avant un petit moment.

D’autres préconisent plus de flexibilité dans le travail. Pourquoi pas ? De toute manière qui a encore envie de passer 40 ans dans la même société ? Seulement, il ne faut pas oublier l’autre moitié de la flexibilité : la protection sociale pour le jour où on se retrouve dehors. Il semblerait que les projets proposés actuellement en France, soient loin du compte. En effet, il faut savoir si on veut un système de flexibilité comme au Danemark (avec une prise en charge immédiate en cas de licenciement : flexicurité) ou une politique "à la Thatcher" qui fait certes diminuer le chômage, en apparence, (voir, le Monde Diplomatique) mais précarise la classe moyenne et creuse les inégalités.

A ceux qui diront que les délocalisations profitent aux pays d’accueil, on pourra répondre que c’est effectivement le cas (mais pas nécessairement à tous les habitants), mais pour combien de temps ? On y voit deux arguments à opposer, le premier étant que lorsque le pays aura trop augmenté son niveau de vie, où tout du moins son PIB, il ne sera plus assez compétitif et les entreprises se détourneront de ces destinations vers de nouveaux paradis (telles des sauterelles, volant de cultures en cultures) où la main d’œuvre est docile et bon marché. Alors le chomage de ces pays augmentera et ils se retrouveront dans la même situation que nous. Le second argument revient sur le court-termisme des décisions : comment fera-t-on pour survivre sur cette planète si tout le monde prétend au même niveau de vie que nous autres européens (ou américains) ? Pour bien comprendre la situation, c’est comme être bûcheron et abattre plus d’arbres et de plus en plus vite chaque année, à un rythme supérieur au renouvellement de la forêt. Il arrive un moment où il n’y aura plus d’arbre à couper et où le bûcheron n’aura plus d’activité ! Il ne s’agit pas d’interdire les pays en développement d’améliorer leurs conditions d’existence, ce serait terriblement égoïste, mais c’est à nous de nous diriger vers plus de "frugalité économique".

Autre solution qui va tout à fait dans le sens de notre dernière remarque, à la fois plus simple pour le consommateur, accessible à tout le monde et quasi immédiate, c’est de consommer moins, mais de consommer mieux. On revient sur les objectifs de la simplicité volontaire. A-t-on réellement besoin de 40 paires de chaussures ou de 20 pulls ? Pourquoi ne pas acheter quelques articles seulement, plus chers, certes mais de meilleure qualité et si possible, fabriqués localement (la seule difficulté étant parfois de savoir où sont fabriqués réellement les articles qu’on achète). Si on veut, on peut dépenser le même montant qu’on investit habituellement dans les soldes mais dans moins d’articles. Il ne s’agit pas d’arrêter de vivre, mais de comprendre les conséquences de nos actes et de savoir profiter de moins.

Au passage, est-il utile de rappeler que consommer local présente un avantage environnemental évident. On s’assure que nos produits n’ont pas parcouru 8000 km avant d’arriver dans notre placard avec ce que ça comporte de pollution liée au transport par bateau, par camion voire par avion ? A fortiori, c’est la même chose pour les aliments, traités pour rester en bon état lorsqu’ils voyagent du fin fond de l’Europe voire de plus loin. Du point de vue de l’environnement, on se tire une seconde balle dans le pied mais les effets sont beaucoup plus pernicieux et à plus long terme. Pour finir, allons-y gaiement : à consommer des produits traités chimiquement pour leur conservation, il ne faut pas se faire d’illusion, c’est notre santé qui dérouille…

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Zig & Puce

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