Conséquences de la hausse des prix de l’énergie en 2006

Selon une étude de l’Insee, la hausse des prix du baril s’est répercutée en 2006 sur l’ensemble de la consommation énergétique française.

2006 aura été la troisième année consécutive de hausse des prix du brut, avec des conséquences directes sur les prix intérieurs notamment pour les entreprises s’approvisionnant sur le marché libre. 

Selon l’étude de l’Insee, cette hausse des prix a entrainé une baisse de la consommation des entreprises depuis 2005, de même que celle des ménages en ce qui concerne les produits pétroliers et le gaz. La consommation électrique des foyers français continue en revanche sa progression.

Une troisième année consécutive de hausse du prix du pétrole

Avec un record du baril de brent à 78 dollars en aout 2006, les prix internationaux du pétrole brut ont continué leur progression en 2006, pour atteindre 65,1 dollars en moyenne annuelle, soit 20% de plus qu’en 2005.

Le prix du brut en dollar a ainsi plus que doublé en trois ans, et a été multiplé par 5 depuis 1998. La hausse du cours de l’euro n’a eu qu’un impact restreint sur le prix du baril en 2005 et 2006.

La hausse du pétrole se diffuse aux autres énergies

Les autres produits énergétiques importés subissent les répercussions de cette hausse : le prix de gros du gaz sur le marché spot à la bourse de Londres progresse fortement : 76 % de en moyenne annuelle de 2004 à 2006.

Les prix à l’importation du charbon tendent à se stabiliser en 2006 après les fortes hausses de 2004 et 2005 (+ 48 % en deux ans).

Les prix de gros de l’électricité, pour les échanges entre opérateurs européens, augmentent aussi fortement : l’interconnexion entre les pays aboutit à aligner les prix instantanés sur le coût des centrales au charbon ou au gaz, qui répercutent ainsi sur le prix spot de l’électricité leur hausse de coût de fonctionnement.

Depuis la libéralisation du marché, ce sont ces prix qui déterminent les prix contractuels sur le marché libre en France qui subissent désormais l’effet de la hausse des prix des produits énergétiques.

Dégradation de la facture énergétique de la France

La hausse des prix du pétrole et du gaz entraîne une nouvelle dégradation de la facture énergétique de la France : le déficit du commerce extérieur en produits énergétiques s’établit à 45,8 milliards d’euros en 2006, contre 37,3 milliards en 2005 et 27,7 milliards en 2004.

Les importations de pétrole brut et de gaz atteignent 43,7 milliards (+ 22 %) en dépit d’une légère diminution des volumes importés (− 2,2 %). Le solde déficitaire en produits pétroliers raffinés est à peu près stable en 2006, les volumes importés et exportés ne progressant que peu.

Le déficit provient surtout du gazole, alors qu’au contraire la France est excédentaire en essence. Le solde excédentaire des échanges d’électricité tend à se réduire ; la diminution est plus sensible en volume qu’en valeur.

Hausse plus différenciée des prix intérieurs

Les prix de vente industriels des produits pétroliers raffinés, hors taxes pétrolières, augmentent encore sensiblement en 2006 :

+ 12,9 % en moyenne annuelle, pour une progression de 75% en 3 ans concernant tous les produits. La taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), qui s’applique sur les volumes, est restée stable en 2006 comme en 2005.

Malgré les fortes hausses des prix à l’importation du gaz, les tarifs de distribution publique de gaz n’ont été relevés que de façon modérée au cours des dernières années, à la différence des prix de marché et des tarifs des gros utilisateurs (tarifs « à souscription »).

Ainsi en 2006 le prix du gaz augmente de 23,8 % pour les professionnels, comme en 2005, alors que pour les ménages la hausse est de 15,8 %.

L’électricité augmente pour les entreprises

Les tarifs de l’électricité n’ont été relevés que modérément en 2006 : + 1,7 % au 15 août, après plusieurs années de stabilité, soit une hausse en moyenne annuelle de 0,6 %. Cette hausse concerne les ménages ainsi que les entreprises qui sont restées au régime tarifaire − principalement des petites entreprises.

Forte hausse en revanche pour les entreprises s’approvisionnant sur le marché libre :
selon l’Enquête annuelle sur les consommations d’énergie dans l’industrie (EACEI), la hausse du coût de leur approvisionnement en électricité a été en moyenne de 6 % en 2004 et de près de 9 % en 2005, alors même qu’une partie d’entre elles sont restées au prix tarifaire. En 2006 la hausse est probablement du même ordre qu’en 2005, voire supérieure. Elles concernent en premier lieu les secteurs gros consommateurs, notamment l’automobile.

Ménages ou entreprises, des conditions de marché différentes

Selon l’EACEI, les prix du gaz et des produits pétroliers utilisés par l’industrie ont plus que doublé depuis 1999. Au contraire les prix de l’électricité se sont réduits de 1996 à 2001 (− 16 %), avant de recommencer à augmenter à partir de 2004. En euros constants, le niveau de prix moyen de l’électricité pour les industriels en 2006 est voisin de celui de 1996.

Pour les ménages, le prix du fioul domestique a pratiquement doublé depuis 1999.

Les prix des carburants routiers ont connu une évolution plus modérée, mais avec des hausses sensibles en 2000-2001 puis à partir de 2004 ; cette relative modération s’explique par la part des taxes dans les prix des carburants. Il en est de même pour le prix du gaz, du fait de la part des frais de distribution et de la politique tarifaire.

Le prix de l’électricité consommée par les ménages s’est réduit de 1996 à 2001, comme les prix pour les industriels. Mais, à la différence de ceux-ci, il est resté à peu près stable depuis lors.

En 2006 les entreprises industrielles ont réduit leur consommation des principaux produits énergétiques : − 0,9 % pour l’électricité,    − 3,2 % pour le gaz, − 1,3 % pour les produits pétroliers à usage énergétique (hors usage comme matière première), selon les estimations de l’Observatoire de l’énergie.

Sur une période plus longue, on observe que la consommation de produits pétroliers à usage énergétique a diminué presque continûment depuis 1996 (-30% en 10 ans).

Au contraire les achats d’électricité par l’industrie se sont accrus modérément jusqu’en 2004 (+ 14 % en huit ans). Depuis lors toutefois ils se réduisent.

L’évolution de la consommation de gaz est plus fluctuante : après une baisse de 2000 à 2002, elle remonte jusqu’en 2005.

Après avoir cherché à modérer et à substituer une énergie trop chère par une autre, les industriels semblent vouloir réduire leur consommation de toutes les formes d’énergie.

Baisse de la consommation des ménages, sauf pour l’électricité

En 2006 les ménages ont réduit leur consommation en produits énergétiques de 1,4 %, après une baisse de 0,4 % en 2005. La réduction concerne en particulier le fioul et le gaz.

En revanche, la consommation d’électricité progresse légèrement : + 1,5 %, mais sensiblement moins que les années antérieures.

L’INSEE attribue cette baisse principalement aux conditions météorologiques de 2006. Ainsi l’Observatoire de l’énergie évalue à 1 % la progression de consommation de gaz et à 3 % celle de l’électricité, après neutralisation des variations climatiques.

Depuis 2 ans, tant le fioul que le gaz ont connu une baisse sensible.

La consommation de carburants, poste le plus important de la consommation en énergie des ménages, se réduit depuis 2003 (− 6 % en quatre ans) du fait d’une moindre consommation unitaire des véhicules et surtout de la réduction de leur vitesse moyenne.

Au contraire, la consommation d’électricité a sensiblement progressé au cours des dix dernières années (+ 24 % depuis 1996), hausse attribuée au développement du chauffage électrique et des appareils consommateurs d’électricité.

Depuis 1996, les ménages ont donc eu tendance à substituer le gaz et l’électricité au fioul ; plus récemment il semble que la substitution commence à se faire au détriment du gaz. Mais la consommation d’électricité, dont le prix pour les ménages n’augmente pas, continue à croître

 
(src: INSEE)
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moustache
Invité

la vie est monche et nou devrons face a cette double visage dont nous somme victime de l oublie

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