Consommation réelle de carburant vs conventionnelle : le grand écart

En France, l’instauration du bonus-malus en 2008 a incontestablement contribué à faire évoluer les mentalités et la culture automobile en faveur des économies de carburant. Les nouveaux barèmes entrés en vigueur au 1er janvier 2012 devraient confirmer le leadership français en matière de véhicules à faibles consommations de carburant et on ne peut que s’en réjouir.

Pourtant dans la pratique, les résultats sont encore loin d’être à la hauteur des attentes. Plusieurs raisons à cela :

1. Le cycle normalisé de consommation en carburant baptisé NEDC (pour New European Driving Cycle) ou MVEG (pour Motor Vehicle Emissions Group) est peu représentatif de l’usage réel qui est fait des véhicules.

2. Des usages réels de plus en plus éloignés des conditions optimales d’usages pour lesquelles les véhicules sont initialement conçus. Le downsizing et les systèmes stop & start ont beau être des solutions techniques intéressantes, ils peinent à compenser la part croissante des kilomètres effectués en milieu urbain et péri-urbain, à l’intérieur des grandes agglomérations françaises. Ajouter à cela l’utilisation toujours aussi importante de l’automobile pour les petits trajets très consommateurs et vous avez là une redoutable « machine à CO2 »,

3. Le manque criant de culture de l’évaluation de beaucoup d’automobilistes. Dit autrement, le peu d’intérêt porté par les automobilistes à vérifier la consommation moyenne de leur véhicule dans les différentes conditions d’usage du quotidien. Un constat d’autant plus regrettable que de nombreux véhicules en circulation sont désormais équipés d’ordinateur de bord permettant de suivre très facilement la consommation moyenne en carburant sur différents types de parcours. Rappelons au passage que même pour les véhicules non équipés d’un ordinateur de bord, le calcul de la consommation moyenne n’est en principe l’affaire que d’une simple règle de 3 (*).

Ces 3 raisons mises bout à bout conduisent à observer des écarts relatifs entre la théorie et la pratique qui n’ont jamais été aussi élevés. Sur certains modèles, il n’est pas rare de constater des écarts pouvant atteindre +80% entre la consommation moyenne annoncée et la consommation moyenne mesurée! Quand on sait la part des émissions de CO2 qui revient aux transports dans un pays comme la France, on voit mal comment les engagements pris pour 2020 et au delà vont être vraiment respectés, sauf à se contenter de données chiffrées totalement erronées.

Ce relatif manque d’intérêt des automobilistes en matière de suivi des consommations de carburant est d’autant plus regrettable que la mesure est un moyen potentiellement efficace pour promouvoir l’éco-conduite, pour encourager le report modal là où les véhicules à moteurs sont les moins efficaces ou tout simplement pour réaliser de substantielles économies d’argent. Vu les prix affichés à la pompe, on peut quand même s’étonner de voir le peu d’intérêt manifesté par certains pour adopter des comportements beaucoup plus vertueux au volant. En commençant par exemple par bannir l’utilisation d’une voiture pour les déplacements inférieurs à trois kilomètres, seul au volant…

Une réalité d’autant plus regrettable que l’évaluation et la mesure sont des outils précieux pour accompagner le développement de l’offre des véhicules électriques : mal utilisés, les véhicules électriques continueront de souffrir d’une autonomie insuffisante pour réussir à s’imposer face aux véhicules à moteur thermique pour lesquels l’ajout d’un réservoir un peu plus grand suffit à compenser une conduite peu économe.

(*) à condition toutefois de refaire le plein complètement pour réduire les incertitudes liées au calcul manuel. Une autre solution consiste à investir dans un Scan Gauge II, un petit appareil qui se branche sur la prise OBD (tous les véhicules produits depuis 1996 en sont équipés) et qui permet la collecte de nombreux paramètres moteurs dont la consommation moyenne en carburant.

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25 Commentaires sur "Consommation réelle de carburant vs conventionnelle : le grand écart"

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irisyak
Invité

Le texte ci-dessus additionne les poncifs rabachés partout et n’ont rien donné. Un centre-ville qui exige que les citoyens marchent voit ses boutiques fermer les une après les autres sauf les quartiers où il y a de nombreux habitants en rue piétone. Ils sont piégés … C’est la ville qu’il faut réorganiser et non les comportements à changer. Il doivent rester naturels.

Mamouth
Invité

Les modes de transport, dont transports en commun et faire une réelle place au vélo. 3km à pied, ce n’est pas un grand effort, mais cela prend du temps. En vélo, cela passe réellement mieux. Mais il faut des pistes cyclables (et non pas des bandes cyclables) et des espaces de stationnement pour les vélos.

Gogau
Invité
Il vaut mieux faire un petit trajet qui consomme beaucoup au km qu’un gros trajet qui consomme moins au km mais plus au total… Faire 3km en voiture le matin et le soir pour se rendre au travail n’est peut-être pas très écolo mais c’est un confort de vie. Pourquoi priverais-je mon voisin de ce confort en lui expliquant que moi, je travaille à 30km de chez moi et que je suis obligé de prendre ma voiture ? @Mamouth : Quant au débat pistes cyclabes contre bandes cyclables, en tant que cycliste je préfère de loin les bandes cyclables pour… Lire plus »
Pastilleverte
Invité

l’autonomie des véhicules électriques : Quand on vous annonce 160 km, on rajoute souvent “au maximum”, c’est à dire sans consommations “parasites” d’électricité, chauffage, lumières, radios, essuie glace, bref la vie habituelle des autos ! Au total, l’autonomie est concrètement réduite de 20 à 40% selon usage, donc très semblable, voire pire que les écarts “normes”/ réalité sur les voitures à moteurs à combustion.

sand
Invité

Il parait que le calculo détecte que le véhicule est en phase “test banc” et optimise alors encore plus les reglages pour abaisser le fameux CO2. A prioiri les reglages sont donc fait pour optimiser la reponse a ce cycle normalisé, de meilleurs reglages globaux pour un usage plus representatifs seraient possibles.

sand
Invité

confort de vie.. a chacun son truc, moi je marche mes 1.5km tous les matins pour me rendre a mon bureau, et je prefere avoir froid et me les cailler que d’etre dans cette file d’auto qui avance cul a cul par groupe de 10 au feu rouge du coin.. Les pauvres :/

bolton
Invité

Pareil pour moi, je prends le vélo pour les 2 kms qui me séparent de mon travail : il n’y a pas plus rapide ! C’est peut être légèrement plus stressant que d’y aller à pied, mais l’est beaucoup moins que d’y aller en voiture ^^

Dan1
Invité

Pour sand et bolton. Habiter entre 1,5 km et 2 km de son travail c’est très bien… c’est pas possible pour tout le monde. Pour quelques uns c’est une réalité et pour l’immense majorité c’est un rêve. Même parfois c’était possible et… l’entreprise a disparue et il faut en chercher une plus loin. Par souci écologique, je propose que Pôle Emploi ne propose plus de travail à plus de 5 km du lieu de résidence…. après on supprime les voitures !

sand
Invité
Dan1, on en a deja parlé sur un autre post, je ne partage pas votre point de vue : Sauf tres rare exception, il y a toujours des logements vacants a moins de 3 km des entreprises. Ce “reve” comme vous dites n’en ai pas un. C’est un CHOIX. Qui implique souvent des sacrifices en contrepartie : Par exemple, celui de sacrifier des metres carrés supplémentaires a prix équivalent, celui de résider dans une zone industrielle et non dans un petit village en périphérie de la ville, celui d’etre locataire et non propriétaire, etc. (celui d’habiter a 2km de vos… Lire plus »
Dan1
Invité

Vous avez des enfants ? Vous pouvez trouver deux emplois à moins de 3 km ? Vous êtes sûr de les garder ? Vous travaillez dans Paris intra muros ? Quels sont vos revenus ? Le volonté ne suffit pas. si c’était le cas, cela voudrait dire qu’il n’existe pas de problème de logement en France, c’est un scoop ! Il arrive que vous ayez déjà sacrifié les m2 et bien d’autres choses et que vous ne puissiez plus vous loger en tant que locataire et encore moins en tant que propriétaire.

Bachoubouzouc
Invité
M’enfin c’est ridicule ! Quand on vit loin de son travail, ce n’est jamais par plaisir ! Cela peut être pour des questions financières (Paris…), pour des questions de vie privée (une maison à mi-chemin entre les entre le travail de Monsieur et celui de Madame), etc Après, effectivement on a tous le choix de vivre seul sans enfants dans un studio à côté de tous ses collègues, mais à ce régime là on a tous aussi le choix de se tirer une balle pour cesser de polluer ! En quoi cela fait progresser l’environnement ? Personnellement, je ne connais… Lire plus »
Dan1
Invité

Allez encore une personne sans aucune volonté :

Nicias
Invité

On pourrait libéraliser le marché immobilier, ce serait pas mauvais pour la consommation d’énergie (et l’emploi, désolé de ne pas déveloper).

Dan1
Invité

Pour cette histoire de problème de logement en France, je propose le coup de fil à un ami qui a étudié le sujet : Précisez-lui bien qu’il vous semble que certaines personnes exagèrent en allant se loger à “perpet” par désir d’originalité. D’autres habitant à une distance infinie du travail…. par absence de travail !

sand
Invité
curieux comme nos 3 pro nukes tombent des nu ! Bien sur que c’est un choix. On peut decider de pas travailler a Paris et choisir de vivre a Lyon, Bordeaux, Toulouse ou Montpellier par exemple. Dans mes différents jobs a Toulouse (et donc en banlieu de Toulouse, Blagnac, Colomiers, LaBege,,) et ben y’avait toujours des logements dispo. 3km etait peut etre un poil exagéré, mais disons dans les 5km. Par exemple en ce moment je vis en colloc – pour pouvoir habiter proche de mon boulot – alors que je pourrais aussi aller a 30km et avoir mon appart.… Lire plus »
Nicias
Invité

Comprenez que pour des Franciliens qui passent 2h par jour (ou 3) pour aller au boulot et en revenir, qui ont le choix d’habiter dans les Haut de Seine ou les Yvelines (limitrophe), ou les prix du m2 varient d’un facteur 5, votre discour est surréaliste.

sand
Invité

pas de probleme, je comprends tout a fait que mon discours peut paraitre surréaliste pour les franciliens, que ce que je dis est impossible a Paris. Mais je maintains, c’est un choix. Les Franciliens, par la ville ou l’agglomération qu’ils ont choisi pour vivre et travailler ont deja fait ce choix. On ne vit pas en dictature, personne n’obligent les gens a vivre la.

phigoudi
Invité
Lorsque vous mettez le régulateur, vous lui demandez de vous maintenir une vitesse fixe. 110, c’est idéal. Mais alors, ne pourrait-il pas y avoir un autre choix et lui demander une consommation fixe ? On ne lui demande plus une vitesse fixe mais une consommation fixe.Par exemple, que le moteur se débrouille pour ne pas dépasser les 6 litres aux 100 km. Ca l’obligerait à réduire sa vitesse en côte et à l’augmenter en descente ; avec une bôite automatique, ce serait l’idéal. Non ? En fait, le régulateur tel qu’il est conçu actuellement, n’est pas du tout économe quand… Lire plus »
maxxxx
Invité

… le poids est une force conservative et ça n’est pas plus économe de rouler vite dans les descentes et lentement dans les côtes que de rouler à vitesse constante (pour une même vitesse moyenne bien sûr !). Je pense que c’est même le contraire vu la perte de rendement due aux régimes transitoires (moins bonne combustion en phase d’accélération/décelération).

Freedom
Invité

Il suffit de rouler sur le plat ,afficher la consommation instantanee et quand c’est affiche 6 litres appuyer le regulateur . Maintenant que ca monte ou decende la consommation sera moyennee

gp
Invité
le mieux pour avoir une idée bcp plus juste des VRAIES consommations atteignables dans la VRAIE vie, est encore de consulter l’excellent site allemand spritmonitor! Il n’y a qu’à voir le nb de personnes inscrites sur ce site pour comprendre que la culture de l’évaluation est infiniment plus répandue chez nos voisins allemands que chez nous… Pour ce qui des éternels débats liés au trajets domicile-travail, à défaut de pouvoir avoir le choix, la meilleure chose à faire lorsque l’on vit au quotidien la galère des transports en IDF notamment, c’est de chercher du travail ailleurs en province… Parce que… Lire plus »
Dan1
Invité
Pour sand “curieux comme nos 3 pro nukes tombent des nu !” Cette affaire de logement n’a rien à voir avec le nucléaire, mais avec la vraie vie au quotidien. “Bien sur que c’est un choix. On peut decider de pas travailler a Paris et choisir de vivre a Lyon, Bordeaux, Toulouse ou Montpellier par exemple.” Sauf qu’on a pas toujours le choix et que de toute façon les problèmes de logements existent dans tous les grands bassins d’emplois à des degrés divers. Parlez donc aux grenoblois du prix des logements est des kilomètres qui vont avec. “Par exemple en… Lire plus »
sand
Invité
pourquoi tant d’aggressivité Dan1 ? Le sujet a rien a voir avec le nuke certes, mais je me demandais si il y avait une similarite du mode de pensée des pro-nukes vu que vous meme, Bachoubouzouc et Rouget vous n’avez manifestement pas compris mon propos. Je n’oblige personne a choisir mon mode de vie. Mon post avait pour but de rappeller que la galere des trajets quotiens “parce qu’on a pas le choix”, et juste la conséquence de choix (ou non-choix, c’est a dire des choix que l’on a pas fait) antérieurs. La colloc est pas incompatible avec la parentalité.… Lire plus »
Dan1
Invité
Vous faites bien de rappeler ce passage du rapport parlmentaire du 15 décembre 2011. Je l’avais également cité à propos de commentaires de trimtab : En effet, de nombreux français s’imaginent que l’on peut résoudre les problèmes écologiques de notre planète, “à la petite cuillère” et de préférence en “photocopiant” massivement leur comportement individuel. Sauf que les choses sont un peu plus compliqué que cela. Il ne suffit pas de fermer la lumière en quittant le salon pour révolutionner le fiutur énergétique… car ceux qui n’ont pas encore de salon ne peuvent pas encore économiser l’électricité…. qu’ils dépenseront un jour.… Lire plus »
Dan1
Invité
Pour sand. Désolé pour l’agressivité ressentie. Je souhaitais juste mettre en exergue l’évident décalage entre votre affirmation et le vécu de très nombreux français. Apparemment, je ne suis pas le seul lecteur d’Enerzine à avoir ressenti ce décalage. En effet, vous avez écrit : “Ce “reve” comme vous dites n’en ai pas un. C’est un CHOIX. Qui implique souvent des sacrifices en contrepartie : Par exemple, celui de sacrifier des metres carrés supplémentaires a prix équivalent, celui de résider dans une zone industrielle et non dans un petit village en périphérie de la ville, celui d’etre locataire et non propriétaire”… Lire plus »
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