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COP17 : le Canada confirme son financement accéléré de 1,2 Md

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A l’occasion de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP17), un financement accéléré de l’ordre de 1,2 milliard sur 3 ans a été annoncé lundi dernier par le Canada, envers les pays les plus pauvres afin de soutenir leurs actions en matière de changements climatiques.

Cette annonce plutôt encourageante financièrement constitue une suite logique de l’engagement du Canada pris à Copenhague et à Cancún. Elle laisse pourtant place à plusieurs questions importantes laissées sans réponse. Il est également important d’analyser cette annonce en lien avec le rôle que le gouvernement joue présentement dans les négociations sur le climat à l’ONU.

« Quoique bien accueillie, cette annonce offre malheureusement peu de réconfort aux pays qui se sentent abandonnés à la suite des révélations selon lesquelles le Canada participe présentement aux négociations malgré le fait qu’il ait déjà décidé de se retirer officiellement du Protocole de Kyoto le 23 décembre prochain», a expliqué Patrick Bonin de l’AQLPA**. « Un financement accéléré, bien qu’absolument essentiel, doit être remis dans son contexte. Le chemin emprunté par le gouvernement canadien transformera la crise climatique actuelle en une catastrophe ».

Les pays pauvres qui souffrent déjà des impacts des changements climatiques demandent à l’unanimité aux nations riches de poursuivre le Protocole de Kyoto afin d’éviter que les températures mondiales dépassent le dangereux seuil de 2 degrés Celsius. Au-delà de ce seuil, les coûts d’adaptation deviendront ingérables, non seulement pour les pays les plus vulnérables, mais pour le monde entier.

« Pour les pays riches comme le Canada, qui sont largement responsables des changements climatiques, le soutien à l’action climatique à l’étranger doit aller de pair avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre à domicile », a expliqué Donald LaFleur du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes. « Il doit être vu comme un tout-en-un, car l’un sans l’autre, nous n’y parviendrons pas. »

Concernant les sources de ce financement, aucune information n’indique comment il sera alloué ou s’il sera attribué sous forme de prêts ou de dons. Pour l’AQLPA, il est donc impossible de déterminer si cette nouvelle annonce représente une amélioration par rapport à sa contribution précédente, qui était critiquée pour avoir alloué seulement 11% du financement total à l’adaptation, prévoyant 72% du financement total sous forme de prêts à l’organe responsable du secteur privé de la Banque Mondiale. Le ministre Kent avait suggéré qu’un peu plus de la moitié serait sous forme de prêt, avec la différence en dons, selon les médias.

« L’annonce du Canada en matière de financement pour 2011 et 2012 est une bonne nouvelle. Mieux vaut tard que jamais » a indiqué Mark Fried d’Oxfam Canada. « La question non répondue la plus importante est de savoir quelle proportion servira à répondre aux besoins urgents en matière d’adaptation dans les pays en développement ».

Le financement accéléré est un moyen d’assurer une réponse immédiate aux pays devant s’adapter aux changements climatiques. Le Fonds vert permanent pour le climat, qui remplacera le financement accéléré, doit atteindre 100 milliards de dollars par année d’ici 2020. Il est actuellement en cours de négociations à Durban.

** Association Québecoise de Lutte contra la Pollution Atmosphérique.


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