Cultures microalgues : coûts divisés par 10 dans 5 ans

Fermentalg, spécialiste de la recherche, du développement et de la production de microalgues a annoncé avoir réuni 14,6 millions d’euros d’aides et d’investissements avec le soutien d’OSEO pour lancer le 1er projet européen d’envergure autour de l’exploitation industrielle des microalgues (EIMA).

Ce projet porte sur des souches et cultures de microalgues dites « hétérotrophes » ou « mixotrophes », c’est-à-dire ne nécessitant pas ou peu de lumière, ce qui permet d’obtenir des rendements de cinquante à cent fois supérieurs aux cultures traditionnelles « autotrophes ».

Cet ambitieux projet rassemble un réseau de partenaires de premier plan structurant l’ensemble des filières en attente de matières premières algo-sourcées, tant industriels (Lacatalis, Pierre Guerin, Sanders, Rhodia) que scientifiques (CEA, CNRS, INSA, ITERG), soit un consortium qui réunit plus de 120 personnes. Il vise à produire en masse des molécules d’intérêts grâce à la digestion / valorisation de substrats carbonés (produits secondaires industriels) par des microalgues pour de multiples applications. Ces microalgues remarquables produisent ainsi des molécules d’intérêt à destination de la santé, de la nutrition (via par exemple la production d’Oméga 3), de la cosmétologie mais aussi de la chimie et de l’énergie.

Le projet EIMA devrait en effet entraîner une division par 10 des coûts de production de la biomasse issue des microalgues d’ici à 5 ans, permettant à terme son utilisation pour des applications telles que la production de biocarburants.

« Cette phase d’industrialisation, qui est une première en Europe, permet de hisser Fermentalg au niveau des principaux compétiteurs mondiaux, basés aux Etats-Unis et en Chine, et nous ouvre de vastes perspectives de développement », se félicite Pierre Calleja, président et fondateur de Fermentalg.

Créée en 2009 à Libourne par Pierre Calleja, Fermentalg emploie aujourd’hui 20 personnes et dispose d’un large portefeuille de propriété intellectuelle dans le domaine des mircoalgues et de leur exploitation. Soutenue par des investisseurs d’envergure nationale (Emertec, ACE Management, Demeter Partners, CEA Investissement, Aquitaine Création Investissement et le groupe Picoty), la société a levé un tour de table de 5,3 millions d’euros début 2011 afin d’accélérer son développement.

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10 Commentaires sur "Cultures microalgues : coûts divisés par 10 dans 5 ans"

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alternotre
Invité

Qu’il n’y ait aucune communication sur les rendements à l’hectare obtenus. Le facteur prix est certe intéressant, quoique relatif. Dans les années 70, le NREL estimait que les micro algues deviendraient compétitif à partir du moment où le Baril serait au niveau des 100 / 120 USD. Aujourd’hui c’est choses faite… On devine dans le même temps que les recherches sur les micro-algues ont progressés tant sur le coût de revient que, probablement, le rendement… Alors ? A quand mon plein d’huile végétale pure extraite d’algues bretonnes dans mon monospace familial hybride diesel ???

moise44
Invité

Effectivement, il serait bienvenu de trouver et de donner des renseignements chiffrès pas que sur les coups …

Pastilleverte
Invité

En espérant que ce n’est pas la Xième annonce pour des “lendemains qui chantent” pour les biocarburants algaux “pas-chers-et- faciles-à-produire”. Effectivement le coup des 120/140£ par baril pour équivalence coût, on nous l’a déjà fait, même si il faudrait sans doute parler d’équivalent 120/140 €, dans quel cas on y est pas encore ! Algues bretonnes ??? pas sûr du tout (dommage ?)

fredo
Invité

Calleja est un spécialiste réputé de l’aquaculture, il suit la piste de l’aquaculture à base de sucre sans lumière, par différence avec la filière classique basée sur la lumière. ça a l’air de fonctionner tant mieux, mais l’autre filière n’est pas inactive non plus…

fredo
Invité

Calleja est un spécialiste réputé de l’aquaculture, il suit la piste de l’aquaculture à base de sucre sans lumière, par différence avec la filière classique basée sur la lumière. ça a l’air de fonctionner tant mieux, mais l’autre filière n’est pas inactive non plus…

Guydegif(91)
Invité

N’ayons pas de peur ou de pudeur pour le dire ! Bravo ! Belle 1ère étape pour cette entreprise et son créateur ! Oui, qqs éléments chiffrés et qqs précisiosn quant à la mise en oeuvre seraient les bienvenus pour se fixer les idées et y voir un peu plus clair. Perspectives encourageantes avec baisse des coûts par 10 d’ici 5 ans ! Bonne continuation ! A+ Salutations Guydegif(91)

michel123
Invité
C’est 30 tonnes d’huile à l’hectare le prix actuel , c’est huit à dix euro le litre Il y a donc de la marge avant la mise sur le marché. Ces algues digèrent des sucres directs ou des celluloses voire de la lignine ce qui veut dire qu’il faut leur fournir des débrits de canne à sucre , de la betterave ou des résidus végétaux divers (bois de rebut … . Il y a quelque chose de déjà rentable c’est la méthanisation des résidus suivie d’un carbonisation en milieu liquide du digestat , voire une carbonisation hydrolique directe ou encore… Lire plus »
jihemnet
Invité

Effet d’annonce certainement, mais en dehors du biocarburant, les débouchés agoalimentaires, industriels, sont bien réels, Roquette, le numéro 1 mondial de l’amidon vient de créer une co-entreprise avec Solazyme et y consacre déjà plusieurs centaines de millions en R&D. La rentabilité passe peut-être par la diversification. La R&D bénificiera certainement aussi aux algocarburants.

Wilfried
Invité

Ne pas oublier EROEI Si l’énergie consommée est supérieure à l’énergie produite (EROEI : energy returned on energy invested), cela ne vaut pas la peine. Même dans dix ans. ” Produire un kilogramme d’algues reste assez cher. Il faut de l’énergie pour transporter l’eau de mer, la brasser et l’enlever à la fin de la culture. Malgré l’amélioration des process et des techniques, on dépense toujours plus d’énergie qu’on en produit. “

Lionel_fr
Invité
Oui Wilfried, cependant le rendement énergétique n’est pas le premier but recherché. La situation actuelle est qu’on a besoin de volumes énormes de carburant liquide à ° ambiante et chimiquement stable (millions de tonnes/jour) par n’importe quel moyen, à un prix < 200$ par barile de 159 litres. Plus encore que le prix, c'est la faisabilité à grande échelle qui va déterminer la viabilité. Le rendement énergétique est trop complexe à calculer : celui du pétrole naturel est de 0.000…0001% ! la barre est donc très bas sur ce plan. L'énergie brute n'est pas si rare dans le cas de… Lire plus »
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