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De la bétaïne à partir d’un sous-produit de bioéthanol

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La société Novasep, spécialisée dans le domaine des technologies de purification et Danisco, leader dans les ingrédients alimentaires, des enzymes et des solutions issues de la biotechnologie, ont annoncé mercredi l’industrialisation d’un procédé innovant de production de bétaïne naturelle.

L’unité de production sera la première à utiliser ce nouveau procédé d’extraction de vinasse, un sous-produit de la production de bioéthanol à partir de betteraves sucrières. Ce nouveau procédé va permettre à Danisco d’augmenter significativement la quantité de bétaïne naturelle disponible sur le marché, une denrée généralement utilisée dans l’alimentation animale et qui connaît actuellement une forte demande.

Danisco a innové en matière de recherche et d’introduction de bétaïne naturelle dans la nutrition animale au début des années 1990. Contrairement à la bétaïne synthétique, la bétaïne naturelle agit comme un osmolyte, c’est-à-dire qu’elle améliore la santé intestinale et réduit l’impact négatif du stress thermique sur la production animale. Aujourd’hui, la demande de bétaïne naturelle dépasse l’offre.

Ce nouveau procédé permettra non seulement d’augmenter le volume de bétaïne disponible, mais il permettra également de recycler la vinasse de bioéthanol (les résidus) dont sera issue la bétaïne et de la vendre en tant qu’engrais. Jusqu’à présent, il n’était possible d’extraire la bétaïne naturelle qu’à partir de mélasse de betteraves sucrières, un sous-produit de la production de sucre.

L’impact de ce nouveau procédé sera de plus en plus conséquent car la croissance de la production de bioéthanol à partir de betteraves va générer de plus en plus de vinasses.

Novasep Process est en charge de la conception de la nouvelle installation industrielle et fournira la ligne de production qui combinera la technologie NS2P, une technologie chromatographique propriétaire de Danisco, avec des étapes d’évaporation et de filtration membranaire. Ce projet est la dernière réalisation de l’alliance FAST conclue entre Novasep et Danisco dans le domaine de l’extraction et de la purification de bétaïne, alliance qui a déjà conduit à la création de plusieurs usines de production de bétaïne.

« Je suis ravi de franchir cette nouvelle étape dans la collaboration de longue date entre Novasep et Danisco », a déclaré Antoine Baule, Président de Novasep Process, division des bioprocédés de Novasep. « En jouant un rôle clé dans ce projet, Novasep démontre une fois encore ses qualités de leader en matière de développement ou d’industrialisation de procédés innovants pour la biotech industrielle, et sa capacité à collaborer avec des clients et des ingénieries de premier plan sur le long terme au sein de partenariats mutuellement fructueux. »

Danisco et Novasep fourniront un support technologique à l’usine de production de bétaïne avec le soutien de De Smet Engineer and Contractors qui sera en charge des travaux de génie civil et de montage de l’installation ainsi que de la fourniture d’unités auxiliares. Tereos, spécialiste mondial de la production de sucre, d’amidon et de bioéthanol, fournira les vinasses et exploitera l’usine dans sa sucrerie-distillerie d’Origny (02-Aisne), France.


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    3 Commentaires sur "De la bétaïne à partir d’un sous-produit de bioéthanol"

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    michel123
    Invité
    l’intêret des développemnt des biocarburants c’est de générer une biomasse considérable mal utilisée actuellemnt mais dont on arrivera petit à petit à utiliser toutes les fractions : Que ce soient les sous produits à forte valeur ajoutée comme l’alcool , les acides gras, le glycérol , la bétaine , le biobutanol , l’isobutène , les tourtaux (colza) . Des fermentations complémentaires portant sur la cellulose , la méthanisation des hémicelluloses ou de la lignine sont possibles ( bactéries ou levures adaptées ) A défaut la carbonisation hydrothermale qui est procédé connu de longue date mais jamais exploité actuellement , en… Lire plus »
    Pastillecerte
    Invité
    effectivement la seule tolérance qu’on peut avoir pour les agro (et non pas bio) carburants provient de l’utilisation complète, soit de la plante (2° génération) soit des sous-produits (1° génération). L’objectif des agro carb de 1° génération reste le 100% d’utilisation des sous produits. Une fois dit ça, là on parle de bette rave, pas le plus directement alimentaire des produits utilisés en agrocarb, sauf à venir concurrencer les surfaces de ceux qui sont directement utilisés en alimentaire (blé chez nous ou maïs en Amérique de Nord/Mexique) En revanche, même avec 100% d’utilisation soit de la plante soit des sous… Lire plus »
    michel123
    Invité

    Une grande partie des intrants pourraient être récupèrés . Des nombreux sels minéraux(potatium , phosphore ,magnésium) et résidus azotés sont actuellement perdus par les procédés actuels ce qui entraine une utilisation abusive d’engrais . la récupérations de tous les sous produits permettrait d’améliorer fortement le rendement global . Quand à l’utilisation des résidus , la carbonisation hydrothermale règle totalement le problème

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