Enerzine

De la cogénération biomasse sur le site de Pierrelatte

Partagez l'article

La première pierre d’un chantier de taille sur le territoire de la ville de Pierrelatte (Drôme) a eu lieu le 14 octobre dernier, plus précisément sur l’ancienne usine d’enrichissement d’uranium EURODIF.

Cette dernière qui permettait d’alimenter en chaleur notamment les serres avoisinantes, la Ferme aux Crocodiles et les bâtiments de la ville de Pierrelatte, laissera la place à une toute nouvelle installation : une centrale de cogénération biomasse, mise en place et financée par Drôme Energie Services (DES).

La nouvelle centrale permettra de fournir une énergie issue des ressources forestières locales ; Il s’agit là d’un nouveau process industriel « durable » qui s’inscrit dans le cadre du Grenelle de l’environnement. En effet, près de 150 000 tonnes de bois seront ainsi utilisées pour produire de l’énergie.

Ce projet a été lancé à la suite de plusieurs études de faisabilité quant à de nouvelles solutions alternatives, initiées dès 2007 en en collaboration avec le SMARD.

En partenariat avec Areva Renewable et LLT, le Groupe Coriance va procéder à la construction et à la livraison clé en main de la centrale, qui sera située à proximité du site d’Areva Tricastin, lui-même raccordé au réseau de chaleur. En parallèle de la centrale, une chaufferie gaz d’appoint a également été prévue en tant que solution de recours en cas d’arrêt de la cogénération biomasse. Elle est conçue pour répondre à 100% des besoins des clients raccordés au réseau de chaleur.

Avec 55 millions d’euros d’investissement, le financement a été assuré par un apport en capital de 20% par Drôme Energie Services, filiale du groupe Coriance et les 80% restant par 2 établissements bancaires. A terme, 10 emplois seront créés et 200 emplois seront générés pour l’approvisionnement en biomasse.

Grâce aux 150 000 tonnes de bois, la puissance électrique développée sera de 12 MW, pour une production annuelle de 85 GWh d’électricité et de 170 GWh de chaleur.

L’électricité produite sera revendue à EDF à un tarif de rachat très attractif, basé sur l’arrêté du 28 décembre 2009, et qui favorise l’électricité issue de la biomasse. Le rendement final de cette nouvelle centrale est équivalent à celui d’une centrale gaz classique, mais permettra d’alimenter les bâtiments avec une énergie "verte", 100% renouvelable.

Les aspects environnementaux :

Impact sur l’air : tout a été conçu pour contenir les rejets et les émissions de poussière dans les limites fixées par les textes réglementaires du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement. Le niveau des émissions de poussières sera 60% inférieur aux maximums autorisés.

Impact sur l’eau : la centrale sera alimentée par un forage existant et aucun produit chimique ne sera utilisé. Les eaux pluviales du site seront quant à elles collectées séparément.

Nuisances sonores :

Un soin particulier a été apporté aux nuisances sonores, et leur niveau sera très inférieur aux normes actuellement en vigueur.


L’approvisionnement en bois :

Le plan d’approvisionnement tient compte d’une étude « biomasse disponible » réalisée en 2007 par le CEMAGREF (L’institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement) et actualisée en 2009. Les ressources en bois utilisées sont issues de 12 départements : Drôme, Ardèche, Gard, Vaucluse, Bouches du Rhône, Hérault, Isère, Haute-Loire, Lozère, Ain, Loire, Rhône.

La ressource biomasse disponible dans un rayon de 120 km autour de Pierrelatte, représente près d’un million de tonnes par an, soit 7 à 8 fois les besoins annuels du projet.

De plus, l’approvisionnement du bois ne provient pas uniquement de la sylviculture mais également des ressources en biomasse pour lesquelles la concurrence d’usage est faible (produits de recyclage tels que le refus de compostage, produits de l’élagage, ceps issus de la viticulture…)


Partagez l'article

 



    Articles connexes

    Poster un Commentaire

    22 Commentaires sur "De la cogénération biomasse sur le site de Pierrelatte"

    Me notifier des
    avatar
    Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
    Guydegif(91)
    Invité
    Très Bien pour le fond de la mutation EnR avec biomasse énergétique + cogénération ! Mais, en complément et en // je dirais: 1) Equiper les toits des serres avec du PV sur pans SUD, donc autre source d’EnR, mais évidemment à un tarif d’achat (pas Rachat svp!) par EDF / ErDF >= 28 cts€/kWh ! 2) En tant que ressource  »gaz » en appoint, au lieu de gaz GDF alégrien ou russe, pourquoi ne pas envisager 1 centrale de biométhisation à proximité, permettant là aussi d’alimenter en gaz les besoins locaux, de la cogénération, donc ressources chaleur + électricité à… Lire plus »
    vince59
    Invité
    1/ panneaux PV: pas envisageable en hiver où les serres ont besoin d’un maximum de surfaces traslucides 2/ Méthanisation : diificile à mon avis car la chaufferie gaz nat ne doit pas fonctionner en base; elle n’est là que pour palier à une éventuelle défaillance de la cogé ou pour faire face quelques heures par an aux pics de consommation du réseau. la méthanisation à mon avis requiere un utilisateur relativement constant pour éviter d’avoir à installer un gazometre et de torcher trop souvent le méthane. 3/Miscantus energie? bof pour avoir travaillé le sujet son interet et sa productivité en… Lire plus »
    Ollivier
    Invité

    Effectivement, le titre met en valeur la ferme aux crocodiles qui est, bien sur, la plus connue du grand public, mais le réseau de chaleur « Eurodif » sur la zone de Pierrelatte concerne surtout des serres horticoles et maraichaires avec, entre autres, des productions de tomates et de fleurs a destination du marché régional et national.

    chelya
    Invité
    On peut faire de l’injection de biométhane qui sera ensuite stocker dans le réseu de gaz naturel maintenant faire un projet de méthanisation c’est quand même un tout autre sujet et de toutes autres compétences… Même chose sur l’utilisation de PV : Coriance ce sont des chauffagiste pas des électriciens ! Ce qui est plus regrettable c’est de ne pas avoir utiliser d’énergie solaire thermique dans cette histoire, les hollandais qu’on pouvait faire une grande partie des besoins de chaleur sans production d’énergie en faisant du stockage saisonnier de chaleur solaire… C’est d’ailleurs seulement avec ce type de solution qu’ils… Lire plus »
    Papi12
    Invité
    Projet intéresant mais je suis sceptique sur 2 aspects : 1) la ressource biomasse qui ne représente que 7 à 8 fois les besoins annuels du projet dans un rayon de 120 km. Pour une installation appelée à fonctionner pendant 20 ou 30 ans… 2) la durée de fonctionnement : on annonce 85 GWH d’élec produite pour 12 MW de puissance soit une durée annuelle de fonctionnement de 7000 h. Je ne pense pas que les besoins de chaleur soit aussi important compte tenu que les serres ne sont pas chauffées au moins 6 mois par an et que le… Lire plus »
    vince59
    Invité

    Pas de bol pour eux cette solution ne fonctionne pas car les rejets ne sont pas assez élevés en température pour un réseau de chauffage urbain; mais apparemment ils ont un peu de mal à comprendre les principes de la thermodynamique. Honnetement pour bien connaitre le dossier s’opposer à ce projet quand on se pretend ecolo est une aberration ( ce ne sera pas la ^premiere de leur part)

    vince59
    Invité

    Pas de bol pour eux cette solution ne fonctionne pas car les rejets ne sont pas assez élevés en température pour un réseau de chauffage urbain; mais apparemment ils ont un peu de mal à comprendre les principes de la thermodynamique. Honnetement pour bien connaitre le dossier s’opposer à ce projet quand on se pretend ecolo est une aberration ( ce ne sera pas la ^premiere de leur part)

    Papi12
    Invité

    en complément de Vince 59. Pour les erres, il n’est pas forcément besoin d’utiliser de la chaleur à haute température (sauf par grand froid). La Basse Tempé peu suffir si les tablettes sont équipées correctement par des émetteurs suffisament bien dimensionnés.

    vince59
    Invité
    Je ne suis pas spécialiste des serres donc là dessus je ne pourrai répondre. Par contre la ferme aux crocos (1er site touristique du coin) et le réseau de chauffage urbain requierent un niveau de température incompatible avec la récup sur les rejets du Tricastin (ou alors il faudrait installer des PAC mais dans ce cas c’est le cout du kWh qui augmenterait mettant en péril une activité économique des serristes déjà fragile). Concernant la biomasse, tout ne provient pas de bois coupé et réduit en plaquettes. Dans les projets biomasse il est prévu d’utiliser les rémanents forestiers qui actuellement… Lire plus »
    chelya
    Invité
    La ferme des crocodiles et les serres c’est 80% du besoin du réseau de chaleur, sur ces deux consommateurs on est à des besoins en température qui sont à 30°C. (qui pourraient être réduit de façon très importante si on mettait en place des mesures d’économies d’énergie, mais passons cet aspect qui ne fait pas partie des DSP de réseau de chaleur) Les nucléocrates pourront confirmer mais en principe les rejets d’une centrale nucléaire sont à 50°C (on les refroidit avant de les rejeter parceque plusieurs GW de chaleur à 50°C ça tuerait la faune et la flore sur plusieurs… Lire plus »
    vince59
    Invité
    Je vous renvoie vers le mémoire en réponse de Coriance qui répond point par point à vos arguments. Je persiste à croire utile ce genre de projet: – cogé biomasse = production d’electricité faiblement carboné (si respect des regles de forets durables) meme si tout peut etre amélioré (ex. envisager une logistique d’appro incluant du transport ferré ou fluvial) – cogé biomasse = ENR avec excellent taux de disponibilité ; on peut raisonnablement penser qu’une telle centrale peut fonctionner plus de 7500 h/an au nominal – ce serait enfin l’occasion de lancer une filière francaise de centrale cogé biomasse Je… Lire plus »
    Papi12
    Invité

    à vince59 : merci pour les explications ! Je pense ausssi que ce type de projet est utile. La Cogé permet de moins utiliser de ressource qu’une production élec d’un côté et une prodution thermique de l’autre. Je partage aussi le point de vue de chelya : je désepère de modifier un contrat d’appro en chaleur (à plus de 90% EnR bois) compte tenu de la baisse des besoins (isolation des bâtiments) auprès du titulaire de la DSP…

    chelya
    Invité
    Non non, ce n’était pas du tout ironique, la CRE donne réellement à des stagiaires et des gens tout juste sortis de l’école la responsabilité de rédiger les appels d’offre… L’idée derrière c’est qu’embaucher des experts du sujet reviendrait à avoir des gens qui s’ennuieraient à la CRE une fois l’appel d’offre fini… Ce que montre le dossier de Coriance c’est que la récupération de chaleur de la centrale nucléaire était une solution valide pour chauffer les crocodiles et les tomates en hiver, à partir ou EDF vendait son MWh de chaleur nucléaire à 12 €/MWh (soit un prix équivalent… Lire plus »
    chelya
    Invité
    Non non, ce n’était pas du tout ironique, la CRE donne réellement à des stagiaires et des gens tout juste sortis de l’école la responsabilité de rédiger les appels d’offre… L’idée derrière c’est qu’embaucher des experts du sujet reviendrait à avoir des gens qui s’ennuieraient à la CRE une fois l’appel d’offre fini… Ce que montre le dossier de Coriance c’est que la récupération de chaleur de la centrale nucléaire était une solution valide pour chauffer les crocodiles et les tomates en hiver, à partir ou EDF vendait son MWh de chaleur nucléaire à 12 €/MWh (soit un prix équivalent… Lire plus »
    vince59
    Invité
    A moins de m’amener des exemples concrets permettez mois de rester dubitatif quant à vos affirmations sur l’expérience du personnel de la CRE. Pour en revenir à votre point 2, effectivement travailler sur l’efficacité energétique chez les clients finaux est interessant mais comme vous le soulignez ce n’est pas du domaine de Coriance qui a une DSP pour fournir de l’energie point barre. Aprés ce que les clients finaux en font n’est pas leur probleme; je trouve que sur ce projet Coriance a cherché la meilleure solution avec les contraintes qu’ils avaient (e.g. le prix de la chaleur vendue par… Lire plus »
    chelya
    Invité
    1) vous avez pas du les cotoyer souvent les gens de la CRE… 2) Argument qui ne tient pas une seule seconde, je vous rappelle que la position d’EELV consiste à demander la valorisation de chaleur nucléaire, si c’était une position anti-Areva on pouvait quand même faire mieux non ? Maintenant ce n’est pas que la position d’un groupe politique c’est la position des professionels de la biomasse: il est totalement inconséquent de brûler de la biomasse pour faire de l’électricité sans valoriser la chaleur. C’est le cas de Pierrelate aujourd’hui vu que la cogénération va faire de la production… Lire plus »
    vince59
    Invité
    « (la moitié de l’énergie sera perdu!), »: faux, je vous erenvoie au doc de Coriance « autant le steack crocodile ça me parait pas une activité très porteuse d’avenir pour la nation »: éxagération de votre part / il s’agit juste de permettre le maintien d’une activité touristique; j’imagine que les salariés de ce site seraient enchantés du peu de cas que vous faites de leur emploi. « c’est le seul pays dans le monde entier où on peut voir un truc aussi débile qu’une cogénération dimensionnée suivant le besoin électrique et pas sur le besoin de chaleur ! »: vous n’avez pas du dimensionner… Lire plus »
    andre
    Invité

    Un petit merci aurait pu être donné à Eurodif pour avoir permis cette utilisation de chaleur gratuite et créé des emplois.

    Pierrotb001
    Invité

    Intéréssant ce que dit Chelya… C’est un projet UBUESQUE. 150 000 t de bois pour des croco et des tomates dans la Drôme quel gaspi. On en fait des meilleures en Bretagne et le climat descend moins bas en hiver. Qui subventionne une pareille chose, le fond chaleur seul? Je serais curieux de savoir ce qu’à donné l’étude de faisabilité sur la ligne « économie d’énergie de l’existant ».

    vince59
    Invité

    Où est la gabegie? l’electricité sera revendue à EDF suivant les tarifs d’obligation d’achat (TOA) comme pour n’importe quel autre opérateur; le prix integre une part proportionnelle à l’efficacité de l’installation, pour une fois qu’un projet se développe hors des traditionnels Dalkia et Cofely on trouve encore des professionels anti tout. Et je rappelle qu’environ 200 emplois sont liés à l’activité des serres alimenté par le réseau et qu’une partie de la ville de pierrelatte est aussi alimentée en chauffage urbain. Le sort de 200 emplois ne semblent pas perturber nos humanistes écolos; mais bon on a l’habitude!!!!

    Devoirdereserve
    Invité

    Cher Chelya, vous nous annoncez ça, comme ça, au détour d’un post :

    Lambertadekambi
    Invité

    PROJET DE PARTENARIAT ET D’INVESTISSEMENT Investissement, Financement En effet, nous aimerions avoir un projet dans votre pays. Dans divers domaines à savoir l’import export, l’immobilier, les transports et la création de sociétés rentables. L’argent nécessaire pour finaliser tous ces travaux de construction et autre est égal à 21.500.000 USD (soixante et un million cinq cent mille dollars Américains) disponible actuellement. Veuillez donc nous contacté si vous été intéressé par notre proposition : Email Privée : Cordialement

    wpDiscuz