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Doutes sur les fusées japonaises à propulsion GNL

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Les activités de développement d’un système de propulsion au Gaz Naturel Liquéfié (GNL, composé essentiellement de méthane) ont été implémentées à la JAXA (Agence Aérospatiale Japonaise) à partir de l’année fiscale 2003.

L’objectif était alors de développer cette technologie de propulsion et de la transférer au secteur privé pour équiper le second étage du futur lanceur GX. Selon la JAXA, l’adoption d’une propulsion LNG/LOX (Gaz Naturel Liquéfié et Oxygène Liquide) offre une meilleure densité de carburant (avec des réservoirs donc plus légers) et présente un coût moins élevé que les autres types de propulsion.

Il s’agit aussi de noter que le Japon est le premier importateur de GNL, et dispose des infratructures adéquates pour mettre en oeuvre ce projet. A l’origine le système de propulsion devait être relativement simple avec un moteur GNL et une méthode de refroidissement par ablation et d’alimentation par gaz sous pression. La JAXA devait aussi développer de nouveaux réservoirs cryogéniques en matériaux composites.

Cependant après quelques essais en 2003, les performances visées pour la propulsion ont dû être révisées fortement à la baisse, et ont entraîné un excès de masse inévitable pénalisant le lanceur GX. De plus, des délaminations sont apparues de manière répétée lors des essais de développement des pressuriseurs à Hélium. A la suite de ces déconvenues, la JAXA et le secteur privé ont trouvé un compromis en décidant d’étudier l’utilisation d’un moteur équipé de pompes mécaniques et de réservoirs en alliage métallique. Pourtant, il s’est avéré en 2005 que ces changements induisaient d’autres problèmes, comme l’apparition de fluctuations de pression de combustion, ou des baisses de poussée.

En 2006, la JAXA s’est efforcée d’éclaircir ces phénomènes et a réalisé une série d’essais d’avril à juillet 2006. Actuellement, l’Agence estime qu’il est nécessaire de réviser le projet et de changer les spécifications du système.

C’est ainsi qu’à la fin du mois de septembre, elle a présenté à la Commission des Activités Spatiales japonaise un bilan des activités concernant le développement de ce système de propulsion. Cette Commission devra statuer sur le futur de ces développements et juger s’il est pertinent de poursuivre ces travaux sous leur forme actuelle.

Face à cette technologie qui s’avère plus difficile à maîtriser que prévu, le projet en partenariat public/privé de lanceur Galaxy Express (GX) qui était le candidat pressenti pour cette propulsion semble devenir de moins en moins réaliste.


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