Economies : Les français plus soucieux de leur confort

Les ménages français traineraient-ils les pieds pour se mettre aux économies d’énergie ? Une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) révèle que le confort prime toujours sur les comportements.

La progression de 20% en 30 ans de la consommation énergétique française est principalement imputable au secteur des transports et au résidentiel-tertiaire, rappelle le Credoc. Alors que l’industrie a largement diminué sa consommation énergétique au cours des dernières décennies, le tertiaire a, lui, suivi un mouvement contraire.

Evolution et tendance de l'intensité énergétique en France 1990-2006 (src : Observatoire de l'énergie, CREDOC)

Evolution et tendance de l’intensité énergétique en France 1990-2006 (src : Observatoire de l’énergie, calculs CREDOC)

Si l’on considère de que dans le tertiaire, la part résidentielle du parc de bâtiments représente près de 70% des consommations finales, et les immeubles de bureau 30% (également répartis entre public et privé), c’est donc bien l’habitat qui est en grande partie responsable de l’évolution de l’intensité énergétique sur l’ensemble du secteur.

Ainsi, entre 1973 et 2003, les consommations d’énergie de l’habitat ont-elles augmenté de 8%.

Un français consomme chaque année 0,9 tonnes équivalent pétrole pour son logement. Une consommation dédiée à 70% pour le chauffage, 13% pour la consommation électrique spécifique (éclairage, appareils électriques), 10% pour l’eau chaude et 5% pour la cuisson.

"La hausse de la consommation d’énergie dans l’habitat est (…) liée à un phénomène de hausse  des standards de confort individuels, qui induisent des comportements de consommation peu économes" explique le Credoc : la température de chauffage en est l’illustration, qui est passée de 19°C à 21° C entre 1986 et 2003.

Economies d'énergie réaliséée et gains financiers correspondants, évaluation de deux ménages-témoins

Economies d’énergie réalisées et gains financiers

correspondants, évaluation de deux ménages-témoins

 

Les dépenses électriques de confort, éclairage, électro-ménager, appareils audio, vidéo, etc, ont connu une forte augmentation : +85% par m² entre 1973 et 2003. Si ces appareils consomment peu en état de marche, leur mise en veille prolongée entraîne une consommation "conséquente", souligne le Credoc.

Pour le centre de recherche, il apparaît indispensable d’instaurer des "mécanismes de canalisation des comportements" de consommation énergétique, à la manière dont a été mise en place la filière de tri des déchets.

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10 Commentaires sur "Economies : Les français plus soucieux de leur confort"

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Bob
Invité
Comment les français peuvent réussir le challenge des économie et de l’écologie quand le rëve reste grosse voiture, pavillon, piscine et clim. Les systèmes achetés ne sont pas calculés pour consommer peu mais pour être vendus en nombre. La veille des systèmes électroménager est un scandale sur lequel nos technocrates européens devraient se pencher et limiter la consommation résiduelle de tous ces appareils. De même on peu imaginer des accompagnements aux limitations de pointes que vont amplifier les systèmes solaires qui se multiplient. (Stockages, bridages…) Enfin un hyper taxage de la climatisation limiterai largement la hausse anarchique des systèmes destinés… Lire plus »
Emilou
Invité

5400KWH/an pour chauffer une maison individuelle de 100m2 pour le ménage gaspi? c’est dans une maison basse énergie alors (50 kWh/m2 )?! ou alors dans le sud. Ca représente 500L de fioul ou 500m3 de gaz: vraiment pas beaucoup…Pour arriver à 1340KWH par an chez les antigaspi… c’est la conso de leur seconde résidence à la côte? Ou alors une maison bioclimatique flambant neuf.Et quid le l’eau chaude sanitaire?Des chiffres qui me laissent perplexe.Emilou

Andre
Invité

Vous avez oublié au moins deux grosses consommations : les millions de téléphones portables (ou mobiles ) et…. les internautes invétérés..!!

Dan
Invité
Je suis en train de lire le document officiel du CREDOC. Première remarque : l’industrie Il est vrai que ce secteur a fait de gros effort d’efficacité… mais aussi de délocalisation ! Quand l’acier, l’aluminium et autres matières énergivores sont produites à l’étranger, nous sommes doublement gagnant : ça coûte moins cher et ça ne grève pas le bilan énergétique et le bilan GES de la France ! Attention donc à l’interprétation des chiffres. On peut faire encore mieux en délocalisant plus notre industrie. Deuxième remarque : Je suis perplexe sur les chiffres du chauffage (5400 kWh/an/ménage Gaspi ??). De… Lire plus »
Daniel
Invité

Les chiffres donnés sont plus que douteux, pour les “gaspis” comme pour les “antigaspis”. Pour une maison basse consommation d’énergie à 50 kwh/m2 et de 100 m2 on arrive déjà à une consommation de 5000 kwh pour l’année. Je crois que je vais aller faire un tour sur le document officiel….

Dan
Invité

Malheureusement après lecture attentive des divers documents originaux du CREDOC et de l’ADEME et du CIREN et de l’INSEE (cité en référence dans le rapport du CREDOC sur son site), je ne trouve toujours pas l’explication de ces chiffres ! Une chose est sûr, 0,9 TEP = 11630 kWh et 70 % de ce total = 7327 kWh (ça ce serait le chauffage), mais il est affiché à 5400 kWh ?? et 13 % d’électricté, ça fait 1360 kWh et ce n’est pas la consommation moyenne pour 4 personnes !

Mdebeg
Invité
les chiffres, tels qu’ils sont cités dans la presse (ouest france notamment) sont incomplets, l’étude porte en fait sur une maison de 100 m2 habitée par 4 personnes et les consommations indiquées sont vraisemblablement des consommations par personne auquel cas les chiffres deviennent “normaux”. Le problème est que la presse cite une enquète du CREDOC sur la base d’un court résumé fourni par l’organisme lui même et manifestement ce résumé a été lu en diagonale par des journalistes qui de toute façons sont paniqués par les chiffres et les unités. On en apprend un peu plus sur le site du… Lire plus »
Dan
Invité
Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une erreur de journaliste béotien pressé car j’ai bien lu le document original du CREDOC disponible au lien suivant : On a le même schéma à la page 58 du rapport intitulé : “LA MAITRISE DES CONSOMMATIONS DANS LES DOMAINES DE L’EAU ET DE L’ENERGIE” du cahier de recherche n° 237. L’erreur ne vient donc pas d’un journaliste, mais bien de la source. Si les chiffres sont exprimés par personne et qu’il faut multiplier par, cela devient correct pour le chauffage mais délirant pour le reste ! Dans le ménage GASPI, on aurait pour… Lire plus »
Mdebeg
Invité
Je n’ai effectivement pas la certitude qu’il s’agisse de consommation par personne, sinon c’est incompréhensible, il nous manque une donnée car je ne veux pas croire qu’une telle étude soit basée sur des chiffres absurdes. Ceci dit 2000 kWh par an pour la cuisson est un chiffre dont l’ordre de grandeur est correct surtout pour un ménage gaspi qui fait tout pour consommer comme par exemple déclencher fréquemment le nettoyage de four par pyrolyse. personnellement, pour deux personnes, j’utilise 4 bouteilles de 13 kg de butane par an ce qui équivaut sensiblement à 700 kWh, sans compter l’électricité pour les… Lire plus »
Dan
Invité

Il se pourrait bien que les chiffres soient un amalgame de chose peu cohérentes entre elles. La meilleure façon de ne pas se tromper est de mettre des commentaires argumentés sous chaque tableau, ce qui n’est pas le cas dans le document original du CREDOC. Je pense qu’il est inutile d’épiloguer, il serait bienvenu que quelqu’un du CREDOC nous explique comment ces chiffres ont été fabriqués à partir des études du CEREN. Comme Emilou l’avait souligné dans le deuxième commentaire les incohérences sont aussi chez les antigaspi. En attendant, je continuerai à me fier à mes mesures, estimations et… factures.

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