Edito du DG Schöck France : “Madame Royal veut des Bâtiments BEPOS”

Lors de sa visite samedi dernier dans le massif du Mont Blanc, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a exprimé son souhait que "tous les nouveaux bâtiments publics ou recevant des subventions publiques soient à énergie positive".

Cette règle s’appliquera non seulement aux futurs édifices publics mais également "à tout logement social" bénéficiant de financements publics : "Nous avons non seulement les moyens de la transition énergétique mais aussi l’obligation car c’est un levier de sortie de crise, en relançant des secteurs comme le bâtiment et les travaux publics."

A première vue, c’est une déclaration qui réjouit à la fois le secteur du bâtiment et les défenseurs de l’environnement. Mais malheureusement, ce n’est pas si simple que ça, parce que tous les Bâtiments à Energie Positive ne sont pas identiques.

Pour rendre un bâtiment « positif », il faut qu’il consomme moins d’énergie qu’il n’en produise. Pour ce faire, la solution la plus répandue est l’installation de panneaux solaires ou de panneaux photovoltaïques sur le toit. Comme on ne considère que le bilan énergétique du bâti qui doit être « positif » (d’où le nom), il suffit d’installer assez de panneaux pour atteindre cet objectif. Ainsi une maison mal isolée peut-être positive grâce à la seule présence suffisante de tels panneaux ou d’autres moyens de production d’énergie !

Exiger que les bâtiments publics soient positifs ne suffit donc pas et requière d’autres prises de mesures. Tout d’abord, il faut que la construction soit très bien isolée pour consommer le moins d’énergie possible, voire respecter les règles de la construction passive. Si un bâtiment est mal isolé, il consommera plus d’énergie et donc on aura tendance à surévaluer la taille des appareils de chauffage. Une situation qui entraine une augmentation des besoins en énergie, contraire au but fixé par les pouvoirs publics. L’efficacité d’un bâti, ce n’est pas seulement la différence positive entre la consommation et la production d’énergie, mais le bilan énergétique de l’ensemble du bâti.

Un enjeu important est donc l’isolation de l’enveloppe du bâti. Dans ce contexte, rappelons nous que le non-traitement des ponts thermiques dalle-façade, qui est aujourd’hui, malheureusement, plutôt la règle que l’exception, est à l’origine de 40 % des déperditions thermiques ! Ainsi, le traitement des ponts thermiques au coefficient linéique 0,6 doit à l’avenir ne plus être discuté et être acté. De plus, pour être en phase avec la performance des isolants des parois, cette valeur devra être encore abaissée à l’avenir et surtout devenir une valeur absolue, et non seulement une valeur moyenne qui autorise les constructeurs à ne traiter qu’une partie des ponts thermiques du bâti. Améliorer progressivement la qualité et la performance des habitats dans l’esprit de la Loi sur la Transition Energétique pour aller vers la construction de Bâtiments à Energie Positive, voilà quel doit être de l’objectif des règlementations à venir !

Raphaël Kieffer, Directeur Général de Schöck France

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7 Commentaires sur "Edito du DG Schöck France : “Madame Royal veut des Bâtiments BEPOS”"

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Guydegif(91)
Invité
Il ne suffit en effet pas de coller un tas de panneaux PV sur une passoire ! Il faut d’abord, au préalable, assainir le bâtiment ! ”Ainsi une maison mal isolée peut être positive grâce à la seule présence suffisante de tels panneaux ou d’autres moyens de production d’énergie !” Exiger que les bâtiments publics soient positifs ne suffit donc pas et requière d’autres prises de mesures. Tout d’abord, il faut que la construction soit très bien isolée pour consommer le moins d’énergie possible, voire respecter les règles de la construction passive. Voici le B-à-Ba d’une démarche saine ! A+… Lire plus »
jmdesp
Invité

Nous sommes pour une fois d’accord sur ce point. On pourra donc continuer en dénonçant spécifiquement les programmes “à énergie positive” qui installent 4 chaudières gaz pour assurer le chauffage l’hiver, cf celui de Paris XIème (rappellons qu’un argument essentiel en faveur des maisons passives est d’arriver à passer le seuil où l’on a plus besoin d’installer un chauffage central, et donc d’avoir une grosse économie qui compense le surcoût de l’isolation)

Gdu
Invité

Avant critiquer la politique environnementale du gouvernement, je vous invite à maitriser un peu mieux votre sujet. Ci-joint un lien vous expliquant quesqu’un bâtiment “BEPOS” et comment obtient on le label. Il ne faut plus laisser les gros industriels du bâtiment nous donner des leçons en matière d’efficacité énergétique et d’environnement. Ce ne sont que des joueurs de pipo ^^

hach
Invité

Dans batiment à énergie positive il faut aussi intégrer l’énergie grise et l’energie de recyclage des matériaux. Faire une batiment fortement isolé avec des matériaux à énergie grise élevée n’est pas forcément écologique. L’impact écologique dépend aussi du degré de recyclabilité. C’est un sujet qui demande une étude un peu plus poussée rappelons que sur un plan purement énergétique un panneau photovoltaique possède un temps de retour énergétique d’environ 2/3 ans, mais il n’y a pas que l’énergie qui compte…

Pierrotb001
Invité

J’ajouterai, attention la reglementation thermique BEPOS (energie positive) est encore plus draconnienne que le BBC au niveau de l’isolation. M le patron de Schok pourra vendre ses rupteurs de pont thermiques encore longtemps… Mme Royal ne fera pas passer cette loi, elle aura tous les lobbys de l’immobilier en face. Il faut y aller plus crescendo au pays des lobbys rois.

Dan1
Invité
J’imagine que le projet dont parle jmdesp est le même que celui figurant sur le site du MEDDE : Question : si un locataire paye une facture d’électricité de 96 centimes d’Euros pour 3 mois, qui paye le reste ? Car il me semble qu’il y a 127 m2 de panneaux photovoltaïque, donc probablement de l’électricité subventionnée. Si oui, quel est le tarif d’achat. Si l’énergie est positive pour certains, elle est peut être négative pour d’autres ?? Et comme dit Ségolène, ça devrait être possible partout. Sauf que si ça fonctionne à base de subvention, est-ce que tout le… Lire plus »
vd69
Invité

Dans l’etat actuel du marché ,plus de 80% des cellules viennent de Chine, le reste venant d’Allemagne ce qui n’est guère mieux. Dans deux pays, l’électricité nécessaire à la fabrication des cellules est fossile à plus de 75%. Pendant plud de 20 ans, ces panneaux auront rejeté plus de CO2 dans l’atmosphère qu’ils n’en auront économise . Si l’État depense quelques millions d’euros pour créer une industrie des celules PV en France, ce temps de retour carbone pourra etre reduit à 3ans etrevons un peu, si l’on exporte ces cellules en Allemagne ou en Chine quelques mois suffiraient.-

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