Energie : Et maintenant, on fait comment ?

Car s’il est facile de parler de solution vertes et de critiquer toujours et encore les choix existants, il est infiniment plus difficile de trouver d’autres solutions pour satisfaire les besoins chiffrés des uns et des autres à l’échelle de la planète.

Plusieurs choses sont sures. Du coté des besoins, nous n’empêcherons pas les pays émergents qui ont enfin trouvé la martingale de la croissance de poursuivre dans cette voie tellement le réservoir de ceux qui n’ont rien ou pas grand chose est vaste et tellement leurs attentes, totalement légitimes, sont immenses. Ceux qui ne l’ont pas encore trouvée la trouveront bientôt et viendront se rajouter aux acheteurs d’énergie sur la marché.

Coté ressources, la production mondiale de pétrole brut, comme l’avait annoncé en faisant un peu scandale le PDG de Total, Christophe de Margerie, il y a trois ans, ne pourra pas dépasser les 90/95 millions de barils. Il n’y aura pas de Peak oil brutal avec une décroissance forte immédiatement après à partir de ..? 2025, 2040 ou 2050 mais une production en plateau aux alentours des 100 Millions de barils/jours pendant….quelques décennies. Les efforts considérables pour développer de nouveaux gisements viendront juste compenser la décroissance des gisements existants qui, elle, se précise tous les jours.

Coté gaz il y a encore de large réserves existantes et les gaz de schistes que nos écologistes rejettent d’un revers de main sans même se donner la peine d’étudier le problème viendront probablement nous donner quelques décennies de répits.

Le charbon également est en quantité disponible considérable à la surface du globe mais par contre il dégage beaucoup de CO2 lors de sa transformation en énergie électrique ou calorique sans compter des polluants importants comme le SO2, le précurseur des pluies acides, et nécessitera donc des méthodes lourdes et couteuses pour en dépolluer l’utilisation.

Viennent ensuite les énergies renouvelables sur lesquelles nous commençons à avoir un peu de recul. La meilleure d’entre elles est l’énergie hydraulique qui a l’avantage de pouvoir produire jour et nuit et qui peut se conserver ou se stocker pour la transformer en électricité au moment où l’on en a besoin. Les sites utilisables dans les pays développés sont malheureusement déjà équipés. Il en reste par contre beaucoup de disponibles dans les pays émergents ou en voie de développement.

Le solaire ou l’éolien sont des énergies qui ont un potentiel important de développement et de gros inconvénients. Leur production est intermittente et ne dépasse pas 30 % du temps de fonctionnement, elles sont couteuses et suscitent facilement des réactions négatives du type NYMBY, Not in my Backyard, pas dans ma cour. La technique peut bien sur progresser mais sur la base de l’expérience existante on peut difficilement envisager qu’elles puissent dépasser les 25/30 % de la production mondiale.

Reste la biomasse et le bois en particulier qui a du potentiel mais au détriment des cultures alimentaires et en éliminant de vastes zones d’absorption de CO2 dont nous avons besoin pour lutter contre le réchauffement climatique. On ne peut à la fois se plaindre de la déforestation en Indonésie, en Afrique et en Amazonie et vouloir promouvoir l’utilisation du bois de chauffage !

Alors ? Alors nous ne pourrons pas nous passer du nucléaire. Nous pourrons en minimiser l’usage, un certain nombre de décennies, mais c’est tout. C’est pourquoi l’attitude "populiste" de certains de nos dirigeants politiques est atterrante. La chasse aux voix passe avant l’avenir de l’humanité. Consternant ! Bien sur il faut tirer les conséquences de Fukushima, inspecter tout le parc mondial de centrales existantes, refaire le point sur leur technologie, en fermer un certain nombre, en réhabiliter un nombre important d’autres et ne construire de nouvelles centrales qu’à un standard à définir mais qui sera proche de celui des EPR avec sans doute quelques améliorations importantes en plus.

Il faudra peut être admettre qu’il ne sera pas possible d’installer partout des centrales nucléaires et que certains pays dont le niveau d’excellence technologique n’est pas suffisant ne pourront, pour un temps, y avoir accès. Peut être même faudra t il mutualiser la production mondiale d’électricité nucléaire, dans le style du projet Desertec ?

Les écologistes, toujours à l’affut d’une mauvaise nouvelle électoraliste, vous diront qu’il n’y aura pas suffisamment d’Uranium dans le monde pour alimenter toutes les centrales en production. C’est vrai et faux à la fois. Il faudra passer en effet à un moment donner aux centrales surgénératrices, alimentées par du combustible en provenance des centrales classiques et à partir de l’utilisation desquelles nous n’aurons plus de problème de combustibles nucléaire. Quel dommage que Madame Voynet ait jugé utile de démanteler Super Phénix à Creys Malville qui serait bien utile actuellement !

Et que se passera t’il si tout ce beau plan ne peut se mettre en place, me direz vous? Eh bien nous reviendrons au mode de vie moyenâgeux que Monsieur Yves Cochet avait très bien décrit dans un de ses livres.Nous aurons droit à des guerres sanglantes pour s’approprier les ressources énergétiques naturelles disponibles. D’ailleurs c’est déjà commencé si vous suivez la politique d’appropriation de ces ressources que la Chine a mise en place.

Et nous devons nous attaquer au problème de base qui est à l’origine de cette crise énergétique, la croissance sans limite et sans contrôle des populations à la surface de la planète…

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange

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