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Energie : on diversifie à tout va !

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Ainsi en est il de notre pétrolier national Total qui, après que son Directeur Général ait brièvement mentionné que sa société ne pourrait pas ne pas s’intéresser au nucléaire lors d’une Assembléé Générale, vient de passer aux actes en entrant avec Areva et Suez dans un projet d’installation à Abu Dhabi de deux EPR. Areva apporte en l’occurence sa technologie du réacteur voire celle de la centrale complète qu’elle revendique au grand dam d’EDF, Suez apporte sa connaissance de l’opération des centrales nucléaires qui lui vient de sa filiale belge Electrabel, et Total….euh, officiellement "sa capacité a mener à bien de grands projets complexes" ou peut être bien ses excellentes relations avec l’Emirat.

Des trois crocodiles dans le marigot, Total a déjà dit ne pas vouloir croquer Areva. Par contre je serais Suez, je me méfierais qu’après avoir appris le metier d’electricien nucléaire avec moi, Total ne devienne pas un concurrent, voire un gros actionnaire.

Pour Areva qui n’est dans cette activité de production d’énergie qu’un acteur annexe spécialisé sur le matériel, la fourniture du combustible et la gestion de son cycle, mais qui a visiblement ambition de vouloir jouer dans la cour des grands producteurs, la diversification est à choix multiples. En Chine et aux Etats Unis, c’est vers la maitrise d’ouvrage qu’Areva voudrait se developper en prenant en charge la partie génie civil et l’ensemble de la Centrale. Si l’on en juge par l’expérience de la centrale d’Olu en Finlande, le savoir faire n’est pas encore acquis. Cest aussi vers l’exploitation directe des dites centrales, en association avec un partenaire qui sait, Constellation aux Etats Unis ou Suez à Abu Dhabi, face à un EDF qui lui fait le trajet inverse. Autre axe de diversification pour Areva, les mines d’Uranium où les ambitions sont grandes de devenir 2éme producteur mondial et où le règlement du conflit avec le Niger va permettre d’ouvir ne nouvelle mine.

Enfin, les énergies non émettrices de CO2 sont un nouvel axe de développement pour Areva. Vous avez peut être suivi leur tentative malheureuse pour prendre le controle du fabricant allemand RePower face à l’Indien Suzlon. Depuis il a réussi avec un autre fabricant d’éoliènne, Multibrid. Nouvelle récente, la prise de controle du Brésilien Koblitz, spécialiste des systèmes électrique pour les centrales à Biomasse pour lesquelles j’avais eu l’occasion, dans un message du 25 janvier de vous donner une idée de la plus grosse construite au monde en Allemagne. Areva qui a dejà obenu des contrats pour 6 centrales à Biomasse au Brésil et en Thailande et a en portefeuille une douzaine de projets voit Koblitz, outre ses 200MW de puissance installée lui apporter son savoir faire dans ce domaine nouveau et prometteur.

Pour les électriciens eux mêmes dont EDF la diversification est vers la production d’électricité à partir des énergies renouvelables via sa filiale, déjà introduite en Bourse, EDF Energies Nouvelles mais surtout par la diversification géographique comme le montre ses offres de construction ou d’exploitation de centrales nucléaires aux Etats Unis ou en Grande Bretagne. Autre diversification importante pour EDF depuis la séparation avec GDF, une diversification en amont avec la recherche de gaz à l’achat ou en exploration pour ses clients français et étrangers. Un modéle tout integré du combustible à l’elecricité," à la ArcelorMittal" pourrait on dire. Enfin savez vous que la filiale italienne d’EDF, Edison, vient de signer avec l’Iran pour l’exploration d’un bloc pétrolier dans le golfe Persique.

Une question que pose ce déploiement tous azimuths de notre électricien national : Dans ce comportement expansioniste qui est celui d’une compagnie totalement privée, lui restera t il de l’argent en temps voulu pour investir… en France ou la production a de la peine à suivre la demande et où il va falloir renouveler notre parc de centrales, comme en Grande Bretagne mais à plus grande échelle. Et qu’en pense son actionnaire, l’Etat qui me parait un peu absent du débat ?

Autre acteur énergéticien, GDF qui va devenir le bras armé de Suez dans le gaz, lequel va par contre lui fournir l’électricité pour proposer à sa clientèle face à EDF. Diversification par la gamme de produits proposés mais aussi diversification vers l’exploration comme en fait foi l’accord conclu récemment avec le Qatar pour coopérer dans le domaine de l’exploration, en particulier à l’international. Une manière de combler le scandale de 50 ans de monopole dans la distibution, à des prix et marges fixés par l’Etat, sans entrer dans l’exploration/production ! Une opportunité manquée et qui ne se représentera pas, typique de la gestion des monopoles publics, alors qu’en 50 ans de marges assurées, GDF aurait pu devenir le Gazprom français. Pensez que GDF n’avait jusqu’à présent pas de représentation dans ce pays qui possède les reserves gazières les troisièmes plus importantes au monde !!! Consternant.

Enfin un mot sur Suez, déjà placé sur la production d’électricité y compris nucléaire et sa distribution ainsi que sur celle du gaz via GDF, je ressens pour eux une opportunité de développement dans le domaine des centrales nucléaires mixtes, à électricité et à eau, c’est à dire produisant du courant mais dessalant de l’eau de mer en même temps. La conjonction du savoir faire de l’electricien et du producteur d’eau potable de la branche environnement. Dommage pour cette opportunité, notre Président ne semble pas l’avoir comprise. Gageons que le président de Suez, Gerard Mestrallet, y travaille encore.

Que font les autres dans le monde ? Un peu la même chose mais me semble t il pas avec le même activisme. Pour les pétroliers internatuionaux, ils me semblent poursuivre dans la voie de l’exploration gazière et pétrolière, à l’exception peut être de BP très présent historiquement dans le photovoltaïque. L’approche Total me parait une première dans la profession. Pour les electriciens c’est le développement dans les filières de production avec des combustibles ou des sources d’énergie non émetteurs de CO2. Enfin il y a Gazprom, le monstre mondial du gaz, qui poursuit son rêve de maitriser peu à peu la distribution dans les pays développés

A suivre.

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Caderange


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