Energies renouvelables : le plan qui valait 3 milliards

Alors que l’heure est à l’économie au sein du gouvernement, le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) a tenu à lui rappeler les engagements pris lors du Grenelle de l’Environnement en matière d’énergies renouvelables. Le SER estime à 3 milliards d’euros les investissements nécessaires pour mettre en oeuvre les objectifs fixés.

"Respectez les engagements du Grenelle", a lancé André Antolini, président du Syndicat des Energies Renouvelables lors d’une conférence de presse. "Ne révisez pas à la baisse les objectifs de production d’énergie renouvelable alors que la France doit prendre la présidence de l’Union européenne."

Le SER estime entre 2,5 et 3 milliards le montant de l’investissement initial nécessaire à la mise en oeuvre du plan de développement des Enr. Défini lors du Grenelle de l’Environnement, celui-ci fixait un objectif de production des Enr de 20 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) en 2020. Selon les engagements européens, les Enr devront à cette date représenter 23% de la consommation énergétique française.

Cette somme de 3 milliards devra notamment permettre d’alimenter à partir de 2009 un "fonds chaleur"de 300 millions d’euros pour le financement des chaudières à bois et des pompes à chaleur pour les habitats collectifs. 600 millions d’euros par an seraient allouées au crédit d’impôt pour les particuliers qui souhaitent investir dans les Enr. La contribution au service public des énergies, qui finance les tarifs de rachat atteindrait pour sa part les 500 millions d’euros.

Pour le SER, ces dépenses fiscales de 3 milliards d’euros sont à mettre en perspective avec les bénéfices qu’offrira le développement des énergies renouvelables.

La réduction des émissions de CO2, but premier de ce plan de développement, devrait permettre de répondre au exigences du protocole de Kyoto. Si tel n’était pas le cas, la France devrait payer une amende de 40 dollars par tonne de CO2 dépassant les quotas fixés.

D’autre part, les énergies renouvelables offrent un potentiel de recettes fiscales évalué par le SER à 4 milliards d’euros, notamment grâce à des créations d’emploi estimées entre 120 000 et 220 000.

Les économies d’énergie représenteraient quant à elles quelques 6 milliards d’euros, en prenant en compte les hausses futures des tarifs de l’électricité, du gaz et du fuel.

"Le développement des énergies renouvelables ne coûte pas cher, entraîne des gains en recettes fiscales, en dépenses évitées – chômage et charges sociales – et des gains en pouvoir d’achat pour les ménages", résume Antolini, soulignant que les chiffres avancés par le Syndicat sont "très proches" de ceux que propose l’Ademe. En revanche, il s’est inquiété de ne pas connaître à ce jour les estimations du ministère de l’économie.

En juin prochain, la loi devra être débattue devant le Parlement. Le SER redoute déjà une "bataille", craignant que "certains parlementaires recommencent à attaquer l’éolien".

L’éolien représente une économie de 4 millions de tep sur les 20 millions envisagées pour 2020.

Partagez l'article

 



Articles connexes

Poster un Commentaire

24 Commentaires sur "Energies renouvelables : le plan qui valait 3 milliards"

Me notifier des
avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
Momo
Invité

C’est ” rigolo” de lire cela juste apres le commentaire d’hier de ” Dan ” sur les chiffres de l’ADEME concernant les inegalites des Francais face aux prix de l’energie … Enfin des prises de conscience chiffrees devant les problemes concrets des gens ” normaux ” ( c’est a dire ” ds. la norme ” ,c’est a dire ” hors marginaux des 2 bords ” ( de la courbe de Gauss ), c’est a dire les + nombreux , tt. simplement !) Et si vs. voyiez hors de France et d’Europe ….. On vit une epoque formidable !

G.lecoq
Invité
Bonjour,La liste des adhérents du S.E.R. comporte quelques Poids Lourds, entre autre Total, Eiffel, EDF, GDF, BP, Areva, Société Générale,etc… enfin toute une filière ayant senti la bonne affaire.Et tous ces gens là auraient pris conscience des problèmes liés au Réchauffement Climatique ou bien alors est-ce simplement une histoire de business comme une autre?Et ce sont les mêmes qui interpellent le gouvernement par rapport à la promesse faite lors du Grenelle de l’environnement?Mais ces mêmes groupes tels Total ou Areva n’ont-ils pas accentué les effets du réchauffement climatique ou n’y ont -ils pas participé?Mais peu importe, le beurre et l’argent… Lire plus »
Dan
Invité
On commence semble-t-il à se préoccuper du financement des EnR. Le problème, c’est que l’enjeu essentiel, c’est la réduction de l’émission des gaz à effet de serre et non le développement des EnR (ce dernier peut contribuer au premier, mais n’inversons pas !). Or l’Europe fixe à la fois les deux objectifs et cela peu parfois être contradictoire ! Je rappelle qu’en France, le nucléaire a évité 9 milliards de tonnes d’émission de CO 2 (principalement depuis 1978) par rapport à une solution charbon et quand même presque 4 milliard depuis 2000. Ce n’est pas la panacée, mais ça pèse… Lire plus »
Guydegif(91)
Invité
Encore qq volées de flèches ou bois vert ci-dessus à ce que je vois…mais ça anime le débat, et la passion qui vous anime tous les 3 (Dan, Momo, G.lecoq), et d’autres, relève la richesse et l’honnêteté du débat et…des empoignades! Mais j’apprécie votre attitude participative…et vos arguments respectifs. Si nos représentants à l’Assemblée avaient qq fois votre assiduité et votre punch….!! La communication est la seule manière d’aboutir à un accord ou entente quand tout le monde aura objectivement présenté et défendu ses arguments… Je reviens sur le coup de semonce et rappel au MEEDDAD & F.Fillon / N.Sarkozy… Lire plus »
Guydegif(91)
Invité
…dans ci-dessus j’avais évidemment oublié de mentionner dans la 2ème partie, càd quand les gâchis et pertes d’énergie et GES par manque d’isolation ou d’étanchéïté sont solutionnés, et qu’on parle d’EnR, en plus de ceux évoqués ci-dessus, il y a évidemment aussi à considérer: – installations hydro-électriques sur nos fleuves et montagnes (vieilles!) à revamper en gagnant certainement 10 à 15% de productivité (voir mon intervention sur un autre article/forum Enerzine à ce sujet), et qq pompage/turbinage amont/aval à mettre en place ou booster ! – hydrolien (vu notre potentiels en kms de côtes et amplitudes marées donc courants afférents…)… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité

Pfff.. C’est le chant du cygne? Tu nous sors tout d’un coup , là? Bon, plus sérieusement, qu’il y ait des industriels, et des grands, dans des syndicats professionnels n’a rien d’étonnant.. Et si quelqu’un pense que les renouvelables n’ont de l’avenir que dans le fond des jardins des particuliers sur la base de leur bonne volonté, je pense qu’ils se trompent…Revenons ausx enjeux, comme le dit Dan…

Dgewai
Invité
Ces discussions sur les énergies renouvelables sont obscures si on ne fait clairement pas la différence entre énergie thermique et énergie électrique. Autant il paraît intéressant, à la fois pour le porte monnaie des particuliers et pour la préservation de l’environnement, de développer les techniques thermiques solaires, géothermie, biomasse, autant développer l’électricité éolienne et photovoltaïque conduit à une augmentation du prix de l’électricité et n’a que peu d’influence sur les émissions de CO2. Et sans doute que ça aboutiré à dégrader les bonnes caractéristiques d’émissions de la filière électrique française. Car le développement de l’éolien est corrélé à cette sorte… Lire plus »
Dan
Invité
Nous entrons dans une ère intéressante où beaucoup de contradictions vont apparaître au commun des mortels. L’augmentation en partie artificielle du prix (et non du coût) du kWh en France va sûrement susciter des débats passionnés. Car il est évident que l’on va avoir du mal à expliquer aux foyers modestes que c’est une très bonne chose pour la planète d’augmenter la facture d’électricité, alors même qu’en France, l’électricité est responsable de moins de 6 % des émissions de CO2. Dans le même temps, on va se lamenter sur l’inexorable augmentation de la part énergie dans le budget des ménages… Lire plus »
Dgewai
Invité
“c’est une très bonne chose pour la planète d’augmenter la facture d’électricité” ? Non pas du tout. La bonne chose pour la planète et pour le porte monnaie c’est de lutter contre l’augmentation du prix du kWh électrique. Parce qu’il n’y a pas de raison que le coût du kWh augmente puisque basé essentiellement sur la production nucléaire peu sensible aux augmentations du prix de l’uranium. Plus loin cela encourage le développement du nucléaire (non émetteur de CO2) , limite à des proportions décentes l’éolien (cher et couplé obligatoirement à des centrales thermiques donc source de CO2) ce qui est… Lire plus »
Jerome
Invité

Il est certain qu’il faut augmenter le prix de vente du kWh et celui provenant du nucléaire, est tt autant concerné car : l’uranium n’est pas une ressource inépuisable, les centrales ont un caractère “irréversible”, cette production procure de breux risques (été chaud, manque d’eau, instabilité politique…), les coûts de démentellement ne sont pas intégrés…

Dan
Invité
Pour Dgewai : Personnellement, je ne suis pas favorable à l’augmentation artificielle du prix du kWh et je resterai au tarif régulé EDF le plus longtemps possible (tant que les gendarmes… de Bruxelles me le permettront !). Comment peux-t-on soutenir le pouvoir d’achat et augmenter sans raisons physiques le prix en France du kWh (gérer les contradictions). je rappelle cependant que dans notre facture d’électricité nous donnons moins de 30 % au producteur. dans ma facture 2007, sur 445 €, j’ai payé seulement 130 € à EDF, mais 115 € à RTE, 16 € de CSPE et 94 € de… Lire plus »
Jake
Invité
En réponse au message de Dgewai: elec pas chère Suivant l’angle d’analyse on peut arriver à des conclusions opposées : -Un prix bas de l’électricité ne fera qu’augmenter la consommation d’électricité, historiquement la France est un peu un cas typique en la matière. La rentabilité d’un réacteur nucléaire étant quasiment proportionnelle à son taux d’utilisation, si on se retrouve avec un parc en surcapacité comme cela s’est produit en France dans les années 1990, l’exploitant du parc en l’occurrence EDF est fortement incité à brader les kWh excédentaires, d’où les multiples programmes d’incitation au chauffage électrique qui n’ont existés nulle… Lire plus »
Dgewai
Invité
Sur les prix. Faisons attention aux évolutions. Aujourd’hui avec l’augmentation du pétrole, le prix pour le consommateur du kWh « thermique utile » fuel devient proche du kWh électrique. Si on table en plus sur l’équipement d’une pompe à chaleur le chauffage électrique devient moins onéreux que le chauffage au fuel. C’est moins vrai pour le gaz naturel qui reste meilleur marché que le fuel (25 % environ) tant que le tarif du premier est régulé. Mais au rythme où augmente le baril et avec la libéralisation de tout le secteur de l’énergie……….. Si en plus on se met à… Lire plus »
Fxa
Invité

Votre analyse est juste Dgewai, mais comment faisons-nous avec les déchets. Car si beaucoup ne veulent pas du nucléaire, c’est bien à cause de cela. Quel est votre point de vue ?

Dan
Invité
Certains se préoccupent à juste titre des déchets nucléaires. Fort bien, mais qu’en est-il des solutions alternatives ? Si on arrête les réacteurs nucléaires en France, on les remplace par quoi ? Proposez moi un mix électrique qui tiennent la route pour produire au moins 400 TWH (besoin 2007 – 20 % de MDE), ce sans augmenter la quantité de déchets émis ! Je rappelle que le monde s’est servi, se sert et se servira encore de l’atmosphère comme d’une gigantesque poubelle sans frontière (ça on le sait depuis 1986), simplement un peu moins en France qu’ailleurs. Je rappelle que… Lire plus »
Dan
Invité
Pour Jake : le paragraphe sur le chauffage électrique est bien argumenté, ce système est effectivement assez cher à l’usage… mais très peu à l’installation, d’où son immense succès… chez les constructeurs de maison ! et une ardoise souvent lourde chez les familles modestes logées parfois dans des logements sociaux. En revanche, avec 80 % d’électricité nucléaire, il est globalement peu émetteur de CO2, même en période de pointe. Sinon, il faut se chauffer avec autre chose et le bilan carbone n’est pas forcément meilleur. Les pompes à chaleur ne sont vraiment intéressantes, que si elles sont de bonne qualité… Lire plus »
Dgewai
Invité
La mise en œuvre de l’énergie nucléaire pose à mon avis trois problèmes que je hiérarchise de la manière suivante : la prolifération de l’arme nucléaire, les accidents que l’on doit considérer comme « non impossibles » et enfin les déchets. C’est ce dernier sujet qui apparemment suscite le plus d’interrogations dans l’opinion publique. A mon avis à tort. Si l’on compare la gestion des déchets radioactifs (dans notre pays) à la gestion de déchets toxiques générés par l’industrie il n’y a pas photo du côté traçabilité et conditionnement (cf le scandale de l’installation Stocamine)…. On met souvent en avant… Lire plus »
Dan
Invité
Je suis complètement d’accord avec Dgewai sur la hiérarchisation des dangers du nucléaire civil et sur l’analyse de la gestion des déchets en France. Un peu d’objectivité fait du bien au débat ! Si je suis confiant dans la manière dont la France gère son nucléaire, c’est à la fois à cause des procédures misent en place et de l’expérience acquise, mais aussi du fait que la radioactivité est une “pollution” facilement détectable. C’est d’ailleurs en partie à cause de cela que l’on a pu parfois, voire souvent, “affoler” le “peuple” pour des doses infimes. A contrario, cela est rarement… Lire plus »
Guydegif(91)
Invité
Nous savons tous que le CO2 n’est pas la seule nuisance dans un diesel…; il y a aussi des NOx (oxydes d’azote)…et peut-être d’autres GES, et des particules… Le FAP s’occupe des particules, et de plus en plus de véhicules diesel en proposent, soit en standard, soit en option,… donc Très Bien. Mais les NOx on n’en parle pas trop…voire jamais…pourquoi? pas beaucoup en volume? pas très gênant? fort cher à traiter? autres? J’avais vu un jour sur un salon des solutions anti-NOx testées par des (gros)motoristes et un chimiste (SNA? ex-Norsk-Hydro?) où la solution consistait à injecter une petite… Lire plus »
Dan
Invité
Si on en parle des NOx ou N2O. l’ennui c’est qu’on en parle surtout à propos des voitures diesels. Ce ne serait pas ennuyeux si leurs émissions étaient prépondérantes. Oui mais, le CITEPA ne dit pas la même chose. Le plus gros émetteur de N2O en 2005 est… la culture (67 % du total), vient ensuite la chimie (9 %), puis… l’élevage (8,3 %). En milieu de liste, on trouve effectivement les voitures essence catalysées (1,9 %) puis les voitures diesels catalysées (1,9 %). On voit donc que l’agriculture représente à elle seule 75 % du total contre 3,8 %… Lire plus »
Guydegif(91)
Invité
Dan, merci pour vos explications fort probantes sur les origines des NOx dont N2O…car je présume que le x cache d’autres déclinaisons… Cultures = 67% du total, agriculture = 75%, donc le plus gros contributeur ! Quelle est la part NOx du volume des GES? Comment peut-on réduire, voire éliminer? Comme le CITEPA et autres ne sont pas d’accord, comment peut-on avoir un bilan objectif et envisager des mesures contre. Les cultures, 1er contributeur de N2O, est-ce lié aux engrais transformés? Si culture tout court, est-ce à dire que les forêts, donc les forêts primaires et vierges en produisent également?… Lire plus »
Dan
Invité
Lorsque que j’ai fait référence au CITEPA, c’était pour fixer les ordres de grandeur car c’est à partir de là que l’on peut discuter et identifier les marges de manoeuvre… s’il y en a. Cela concerne évidemment uniquement la France. Les explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des émissions de N2O se trouve à la page 10 du rapport de synthèse des émission de GES (MAJ de mai 2007). Je cite le rapport : “Les émissions de ce secteur sont imputables aux apports azotés sur les sols cultivés avec l’épandage des fertilisants minéraux et d’origine animale.” en revanche les… Lire plus »
Stefgre
Invité

“Proposez moi un mix électrique qui tiennent la route pour produire au moins 400 TWH (besoin 2007 – 20 % de MDE), ce sans augmenter la quantité de déchets émis !”L’asso negawatt ça te dit quelque chose ?

Dan
Invité
Negawatt me dit en effet quelque chose et je ne l’ai pas découvert hier. Le scénario proposé, que l’on retrouve parfois inclu dans des publications étatiques est intéressant car il est chiffré et daté. Le problème, c’est que les mesures proposées me paraissent globalement exagérément optimistes. En matière de MDE, les mesures prises individuellement sont sans doute réalisables dans l’absolu, mais en pratique, il existe de nombreux obstacles. Je cite deux exemples : aujourd’hui, il est possible d’acheter un réfrigérateur ou un congélateur de grande capacité (> 200 litres) et consommant chacun nettement moins de 200 kWh par an (voir… Lire plus »
wpDiscuz