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49° 24′ 57″ N 6° 13′ 05″ E / 49.4158, 6.2181

La centrale nucléaire de Cattenom, exploitée par Électricité de France (EDF), est située en Lorraine sur la commune de Cattenom sur les bords de la Moselle entre Thionville (à 10 km en amont) et Trèves (à 80 km en aval), non loin des villes de Luxembourg (35 km) et de Metz (40 km).

Cattenom dispose de quatre réacteurs nucléaires à eau légère (REP) d'une puissance de 1300 mégawatts électriques chacun. Cattenom est la première centrale de France par sa production d'électricité, avec 37 TWh produit en 2007 (8% de la production nationale d'EDF). Son record de production date de 2005, quand elle produisit 38,2 TWh.

La centrale emploie environ 1150 salarié(e)s. Pendant les périodes de visite décennale des réacteurs, elle fait appel à près de 1000 personnes supplémentaires.

Refroidissement

La centrale possède quatre aéroréfrigérants et prélève de l'eau dans la Moselle pour assurer son refroidissement. Lors de la construction de la centrale, EDF a également créé à proximité une retenue d'eau : le lac du Mirgenbach. De plus, un lac d'approvisionnement a été créé en 1985 pour soutenir le cours de la Moselle en cas de sécheresse, par construction d'un barrage dans la vallée de Pierre-Percée, en bordure du massif des Vosges.

Risque sismique

Le risque sismique est extrêmement faible à Cattenom, qui n'est pas placée dans une zone à aléa sismique significatif, comme le montre la carte 2005 (la plus récente) du Ministère de l'Ecologie[1].

Surveillance de l'environnement

(Source : réponse faite au député luxembourgeois Henri Kox à une question écrite [2])

EDF a l'obligation, de part un arrêté interministériel de 2004, de surveiller l'environnement. La centrale opère les installations de mesures suivantes :

  • 4 stations de prélèvements de poussières atmosphériques
  • 4 balises permettant de mesurer le débit de dose à 1 km
  • 4 balises permettant de mesurer le débit de dose à 5 km
  • 10 détecteurs mesurant le débit de dose à la clôture du site
  • 11 détecteurs dans l'environnement mesurant le débit de dose à 10 km.
  • 5 mesures dans les eaux souterraines (3 dans le site et 2 à l'extérieur)

De plus, des échantillons sont prélevés dans l'environnement (sol, rivière, production de lait).

Les données mensuelles sont accessibles sur internet [3]

Le laboratoire de la centrale réalisant ou faisant réaliser ces mesures est astreint à un agrément délivré par le COFRAC, ce qui implique des programmes d'assurance qualité. Les résultats des mesures réglementaires doivent être consignés dans des registres qui sont communiqués mensuellement à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui en assure un contrôle.

EDF est juridiquement responsable de respecter les limites de rejets fixés par l'arrêté ministériel, ainsi que de déclarer immédiatement tout dépassement éventuel. En vertu de l'accord bilatéral de 1983 avec la France, relatif aux échanges d'informations en cas d'incident ou d'accident pouvant avoir des conséquences radiologiques, les informations d'un dépassement des limites sont également transmises au Luxembourg, en l'occurrence à la division de la radioprotection.

De plus, l'environnement autour de la centrale de Cattenom est surveillé de manière indépendante par :

  • l'Association Lorraine pour la qualité de l'Air[4], créée en Janvier 1992 à l’initiative du Conseil Régional de Lorraine, et qui dispose de 8 capteurs du rayonnement gamma ambiant (à Thionville, Malling, Breistroff-la-Grande, Stenay, Fixem, Bar-le-duc, Nancy et Plainfaing) 4 capteurs des rayonnements alpha et beta artificiels, 1 radiamètre portable à scintillateur plastique, 1 spectromètre gamma NaI et 1 Analyseur Radon en continu. Les résultats de mesure sont accessibles sur internet, sur le site de l'ALQA (cf référence).
  • l'Etat, au travers de l'établissement public IRSN et son réseau Teleray. IRSN opère une station de prélèvements de poussières atmosphériques, deux balises téléray à 1 km et à Roussy-le-Village, ainsi qu'une sonde hydrotéléray sur la Moselle à Apach. Les résultats en temps réel sont accessibles sur internet [5]
  • l' ASN s'assure, par des inspections inopinées, que les exploitants respectent bien les dispositions réglementaires. Au cours de ces inspections, des inspecteurs font prélever des échantillons dans les effluents ou l'environnement et les font analyser par un laboratoire spécialisé et indépendant. En 2007, l' ASN a réalisé une inspection avec prélèvement à Cattenom, où aucune irrégularité n'a été constatée.
  • Le Grand-Duché de Luxembourg, qui dispose de 23 stations de mesure, dont une en territoire français, à mi-distance entre la centrale et la frontière luxembourgeoise, à Roussy-le-Village, en vertu d'un accord international de 1994 [6]. La division de la radioprotection [7] dépendant du Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale a commencé dès 1983 à installer un réseau de mesure et d'alerte automatiques sur le sol luxembourgeois. II s'y ajoute un programme d'échantillonnage dans divers milieux biologiques, comme les eaux et les boues de la Moselhttp://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Cattenom&action=editle, et dans la chaîne alimentaire. Tous ces échantillons sont mesurés par le laboratoire de radiophysique de la division de la radioprotection. Les résultats mensuels de ces mesures sont accessibles sur internet [8].
  • Le Land de Sarre en Allemagne, qui dispose de 3 stations de mesure de la radioactivité le long de la frontière avec la France, à Perl, Biringen (Rehlingen-Siersburg) et Berus (Überherrn). [9]. Les mesures en temps réel son accessible sur le site du Land de Rhénanie (voir ci-dessous).
  • Le Land de Rhénanie-Palatinat, qui dispose d'un réseau de stations de mesure, dont 4 placées entre Treves et la France. Les mesures sont accessibles en temps reel sur internet [10]

Histoire

Le chantier des réacteurs de la centrale a débuté en 1979 et s'est terminé en 1991.

Le Pendule de Foucault de 1986

En 1986, pendant la construction de la centrale, l'École nationale d'ingénieurs de Metz a installé au coeur d'un aéroréfrigérant le plus grand Pendule de Foucault du monde.

Incidents de mars 2001

En mars 2001, 131 personnes ont évacué par précaution le bâtiment réacteur N°3, à la suite d'une alarme intempestive. Il n'y a jamais eu de fuite radioactive et aucune personne n'a été contaminée ou irradiée[11].

Toujours en mars 2001, une inspection de l'Autorité de Sûreté Nucléaire a mis en évidence un problème de rupture des gaines de combustible. Des défauts d'étanchéité ont conduit à une augmentation de la radioactivité de l'eau du circuit primaire du réacteur n°3. [12] Selon Wise-Paris, cet incident est significatif d’une érosion de la sûreté liée à la recherche de performance économique.[13]

La canicule de 2003

Lors de la canicule 2003, la centrale a bénéficié, du 12 août au 30 septembre 2003, d'une dérogation officielle de la température de ses rejets en Moselle [14]. Elle n'a en fait pas eu besoin de faire usage de cette dérogation.

Hors période de canicule, le 8 octobre 2003 entre 13h00 et 14h00, la centrale nucléaire de Cattenom a causé accidentellement un échauffement de l’eau de la Moselle de 2,2°C alors que cet échauffement est limité à 1,5°C par arrêté préfectoral[15]. Cet échauffement a été considéré comme non dangereux par l'ASN et classé 0 sur l'échelle INES.

Augmentation des rejets de tritium

En octobre 2003, des militants de Greenpeace se sont opposé au projet d'EDF d'augmenter la limite annuelle des rejets radioactifs liquides en tritium.[16] Dans le même temps, la CRIIRAD accuse EDF de ne pas justifier l’évolution à la hausse de ces rejets et de ne pas analyser les conséquences pour la population autour de Cattenom.[17]

De plus, l'association Wise-Paris a montré que la demande d’EDF n’est pas conforme aux obligations d’information du public, de minimisation de l’ensemble des impacts sur l’environnement et de justification de ces impacts[18] En 2001, un problème de rupture de gaines contenant le combustible a provoqué une augmentation notable des rejets pour toutes les catégories de rejets mesurées : gaz, halogènes, aérosols et rejets liquides. Globalement, l’augmentation des performances de la centrale, plus l’aléa sur les gaines du combustible, conduisent parallèlement à un accroissement de l’ensemble des rejets radioactifs de la centrale [19]

Tour de France 2006

Le 3 juillet 2006, à l'occasion du passage du Tour de France à proximité de la Centrale, le journaliste Jean-Paul Ollivier de la chaîne télévisée France 2 annonça par erreur que ces personnes avaient été irradiées, provoquant une vive émotion. Il s'est ensuite excusé pour son erreur.

Certifications

La centrale a obtenu en 2005 une certification environnementale ISO 14001, en 2007 une certification qualité ISO 9001, et début 2008 une certification hygiène et sécurité OHSAS 18001.

Références

  1. La carte d'aléa 2005
  2. http://www.greng.lu/files/documentcenter/20080522-2553-KO-Sante-Cattenom-QR.pdf
  3. http://energies.edf.com/accueil-fr/la-production-d-electricite-edf/-nucleaire/les-centrales-nucleaires/cattenom/indicateurs-environnementaux/controles-environnementaux-120702.html
  4. Site de l'ALQA
  5. Résultats de mesure Teleray en Lorraine
  6. Enregistrement de l'accord auprès de l'ONU
  7. Site de la division de la radioprotection du Luxembourg
  8. Mesures de radioactivité réalisées par le Luxembourg
  9. Page spécifique du site de l'administration du Land de Sarre pour l'environnement
  10. Mesures réalisées par les Lands de Sarre et Rhénanie
  11. Réacteur 3 Évacuations préventives du bâtiment réacteur - Autorité de sûreté nucléaire
  12. Avis d'incident à Cattenom : Réacteur 3 - Nombreux défauts d'étanchéités d'assemblages combustibles - ASN, 19/03/2001
  13. La sûreté nucléaire à Cattenom - Wise Paris, 6 février 2003
  14. Arrêté du 12 août 2003 relatif aux conditions exceptionnelles de rejets d'eau des centrales de production d'électricité, J.O n° 186 du 13 août 2003 page 14012
  15. Échauffement accidentel de la température de la Moselle - Autorité de sûreté nucléaire
  16. Communiqué de Greenpeace Luxembourg du 3 octobre 2003
  17. Etude critique du dossier Catenom - CRIIRAD
  18. Revue sommaire du dossier d’enquête publique - Wise Paris
  19. Renouvellement des autorisations de rejets et de prélèvements de la centrale nucléaire de Cattenom - Wise-Paris



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