La Compagnie nationale du Rhône (CNR) est une société française productrice d'électricité d'origine hydraulique. À majorité publique (50.05%), son actionnaire principal (49,95 %) est la société Electrabel, filiale énergie du groupe Suez. La Caisse des dépôts et Consignations CDC en détient 29,43% et diverses collectivités locales 20.62%. Créée en 1933, elle exploite 19 centrales hydro-électriques construites sur le cours du Rhône. Cette société est totalement indépendante d'EDF depuis 2002 et constitue son premier concurrent dans le marché de l'électricité en France. Sa production s'élève à 16 milliards de kWh par an, soit moins de 3 % de la production d'EDF, mais 25% environ de la production d'énergie hydroélectrique française.
La société a été chargée, à son origine, d'organiser l'aménagement hydraulique du Rhône en vue d'une production électrique. Les barrages de Génissiat, Donzère-Mondragon, Seyssel et Chautagne, exploités auparavant par EDF, en sont les principales installations.
Historique[1]
1899 : A l'intiative de la Chambre de commerce de Lyon, 27 délégués des Chambres de commerce de la région se prononcent en faveur d'un aménagement du Rhône au triple point de vue de la navigation, de l'irrigation et de l'utilisation de la force motrice afin d'en assurer le financement. Ils demandent à l'Etat d'intervenir.
1921 : Le 27 mai la loi organique de la CNR est publiée au Journal Officiel. L'aménagement du Rhône doit se faire selon le triple point de vue, chacun étant indissociable.
1933 : Le 27 mai, la CNR tient son assemblée générale constitutive. Le capital est divisé en quatre catégories égales. La première (A) est entièrement détenue par la Ville de Paris. La deuxième (B), par 251 actionnaires, collectivités locales de la région intéressées par l'aménagement. La troisième (C), par le PLM. Enfin, la quatrième (D), par les principaux industriels du secteur de l'énergie de l'époque (groupes Giros, Azaria, Empain, Mercier, Durand, etc.).
1934 : La CNR reçoit la concession des travaux d'aménagement du Rhône.
1946 : La CNR échappe de peu à la nationalisation du secteur électrique. A la suite de l'intervention de Léon Perrier et d'Edouard Herriot, l'article 41 de la loi de nationalisation est ainsi rédigé : "Une loi particulière à intervenir avant le 31 décembre 1946 déterminera les conditions de la liquidation de la CNR et celles dans lesquelles seront assurés les services autres que celui de l'électricité confiés à cette compagnie par la loi du 27 mai 1921". Cette loi n'a jamais été votée.
1948 : La CNR et EDF passent une première convention financière à l'occasion de la mise en service de la centrale et du barrage de Génissiat.
1965 : La mission de la CNR est redéfinie dans le cadre d'une politique d'aménagement du territoire.
1980 : Fin de l'aménagement du Bas-Rhône (Vaugris) et loi sur la liaison Rhin-Rhône.
1986 : Fin de l'aménagement du Haut-Rhône (Sault-Brenaz).
1997 : Abandon du projet de liaison Rhin-Rhône.
2000 : Loi de modernisation et de développement du service public de l'électricité.
2001 : La loi Murcef confirme le statut majoritairement public de la CNR.
2003 : Parution des décrets relatifs à la modernisation de la concession et à la mise en oeuvre des statuts ; entrée d'Electrabel dans le capital.
2006 : La CNR expolite seule les aménagements du Rhône.
Notes et références
- ↑ Alexandre Giandou, Histoire d'un partenaire régional de l'Etat, la Compagnie nationale du Rhône (1933-1998), PUG, Grenoble, 1999
Liens externes
Compagnie nationale du Rhône, site officiel
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