Halley Participations 0,57%
(2009)[1]
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Carrefour est un groupe français du secteur de la grande distribution. C'est le 2e groupe mondial du secteur de la distribution en terme de chiffre d'affaires derrière l’américain Wal-Mart. Créé en 1959 à Annecy, il est présent en Europe, en Amérique du Sud et en Asie, ainsi que dans d’autres zones du monde sous forme de partenariat local. Pionnier du concept d’hypermarché en 1963[3], il est également présent dans d’autres formats de la grande distribution, essentiellement les supermarchés et le maxidiscompte. Hormis l'enseigne Carrefour, le groupe exploite d’autres enseignes, aussi bien internationales (Champion, Dia, Ed), que locales (GS, Supermarchés GB, Norte, Shopi, 8 à Huit). Aujourd'hui le groupe rassemble l'ensemble de ces enseignes sous un même nom, Carrefour (ex : Carrefour Market, Carrefour Express, etc). En 1999, l’entreprise a fusionné avec le groupe français Promodès, l’un de ses principaux concurrents, et est ainsi devenu le numéro 1 européen de la grande distribution. Le Groupe Carrefour a publié en 2008 un chiffre d’affaires de 87 milliards d’euros HT. Fin 2008, il possédait 8 006 magasins en propre et 15 430 sous enseignes (en incluant les franchisés et les partenaires)[4]. En 2007 il employait plus de 490 000 salariés au niveau mondial, dont 140 000 en France, en faisant le premier employeur privé de France et le neuvième mondial[5],[6]. Historique1959-1963 : Les premiers pasCarrefour est né d’une rencontre entre Marcel Fournier, dont la famille est propriétaire d’un grand magasin de nouveautés à Annecy et les frères Jacques et Denis Defforey, dont les familles Badin-Defforey sont propriétaires d’une maison de gros et petits succursalistes près de Lagnieu dans l’Ain[7]. Marcel Fournier est piqué au vif par les intentions de l’épicier de Landerneau Edouard Leclerc, venu à Annecy à la bourse du travail en novembre 1959 pour faire part de son expérience, qui a déclaré vouloir s’implanter dans la ville. Il prend rapidement contact avec la maison Badin-Defforey pour son approvisionnement en produits alimentaires et ouvre, dès janvier 1960 une épicerie dans le petit sous-sol de son magasin de mercerie rue Vaugelas. Son franc succès provoque le besoin de grandir, concrétisé par l’ouverture d’un supermarché, en juin 1960, au carrefour de l’Avenue Parmelan et de l’avenue André Theuriet, et par une association avec les familles Badin-Defforey pour leurs participations tant en savoir-faire qu’en capitaux. Ce magasin prend comme enseigne "Carrefour", du nom de l’immeuble dans lequel se trouve le magasin[8]. Lors d’un séminaire de Bernardo Trujillo, le « pape de la distribution moderne », aux États-Unis, Marcel Fournier et Denis Defforey puisent leur inspiration. Le 15 juin 1963, Carrefour met en œuvre pour la première fois le concept d’hypermarché (bien que le terme ne soit créé qu’en 1966 par le fondateur de la revue Livre-Service Actualités) en ouvrant le premier[7] dans la région parisienne à Sainte-Geneviève-des-Bois. Celui-ci regroupe les préceptes du théoricien américain : vaste choix, large place à la voiture, dramatisation du lieu de vente, bas prix… Ainsi la superficie est de 2 500 m² et 400 places de parking. Ce concept novateur de magasin, jugé avec suspicion, se révèle vite un succès, parce que répondant à la consommation de masse qui se développe en France. Le troisième magasin ouvert en mars 1964[9] est un supermarché à Villeurbanne en plein centre ville[10] (agrandi en hypermarché plus tard) et le quatrième sera un hypermarché de 10 000 m², aux dimensions démesurées pour 1966, dans la banlieue lyonnaise à Vénissieux[11]. Le concept du départ : « Un homme, un terrain »… 1963-1985 : Le temps des entrepreneursLes premières années, celles de la création et des pionniers est maintenant passée et c’est le développement du concept qui s’impose, toujours sous le contrôle de leurs dirigeants-actionnaires, les Deforrey-Fournier. Pendant toute cette période de forte croissance de la grande distribution, ils vont faire croître leur entreprise en s’impliquant directement dans la gestion du groupe, en ce sens on peut alors parler du temps des entrepreneurs. Profitant de l’engouement des consommateurs pour cette nouvelle forme de commerce, l’entreprise se développe rapidement, en se finançant notamment grâce à la trésorerie engrangée entre le passage en caisse - assez rapide - et le paiement à plusieurs semaines des fournisseurs. De PME elle devient vite un petit groupe, et le 16 juin 1970, Carrefour fait son entrée à la Bourse de Paris. Le groupe croît donc vite, ce à l’image de la grande distribution en général en France. Et bientôt des voix s’élèvent contre le développement des grandes surfaces, notamment celles des petits commerçants, alors une importante force électorale, par la voix de leur syndicat (CIDUNATI)[12]. En 1973 est donc votée la loi Royer, qui limite les ouvertures de magasins, en les faisant valider par des commissions départementales d’urbanisme commercial. Parallèlement à son développement en France, la société explore de nouveaux marchés et implante des hypermarchés en Belgique en 1969, en Italie (Carugate) en 1972, en Espagne (Barcelone) en 1973, au Brésil en 1975 ou encore en Argentine en 1982. Un essai d'expansion de l'Allemagne (Mayence) 1977 a échoué, en dépit de l'attitude fondamentalement francophiles de la population de Mayence. Le développement par ouverture de magasins est une chose mais Carrefour entend capitaliser sur son poids pour vendre ses propres produits, plus rentables. En 1976, il met dans ses rayons une ligne de produits dits libres, ne portant pas de marque, avec un packaging sobre et une promotion axée sur la composition avec des prix permanents. Ces produits prendront finalement la marque de distributeur Carrefour en 1985, suite à la mise sur le marché de produits concurrents sans marque par les magasins Continent respectant un cahier des charges différent et qui brouillaient l'image de ces produits. Le groupe développe par ailleurs une déclinaison de sa marque à d’autres métiers au cours des années suivantes. En 1981 est lancée la carte Pass, un moyen de paiement propre au groupe, en 1984 sont créées les Assurances Carrefour. Enfin en 1991 est créée la filiale Vacances Carrefour. 1985-1998 : D’une grosse entreprise familiale à un géant multinationalAprès un ralentissement dans la croissance du groupe au début des années 1980, en partie à cause de désaccords au sein des familles historiques, il est décidé en 1985 de nommer pour la première fois un dirigeant extérieur au groupe, Michel Bon, alors l’un des principaux responsables du Crédit agricole, un énarque dans une famille d’entrepreneurs. Il devient le PDG en 1990. Le groupe s’implante à Taïwan dès 1989, et en Grèce et en Turquie en 1991. Carrefour change définitivement de profil : la grosse entreprise encore familiale devient grande société française. Jusqu’alors focalisé essentiellement sur la croissance interne, Carrefour effectue en 1991 deux acquisitions d’importance en l’espace de quelques mois. En mars 1991, Carrefour rachète pour 1,05 milliard de francs (160 millions d’euros) le groupe languedocien Montlaur, suite à une décision du Tribunal de commerce de Montpellier[13], après un dépôt de bilan, consécutif à une gestion hasardeuse. Quelques mois plus tard, le 25 juin 1991, Carrefour déclare son intention de racheter son concurrent Euromarché (et notamment 77 hypermarchés) pour 5 milliards de francs[14], ce qu’il réalise dès l’année suivante. Euromarché avait elle-même participé à ce mouvement de concentration en ayant absorbé entre 1980 et 1992 de nombreuses enseignes régionales françaises : Escale, Berthier, Sabeco, Disque Bleu, SND, GEM, Sodima[15]. Michel Bon quitte le groupe fin 1992. Il est remplacé par Daniel Bernard (jusqu’ici PDG de Metro AG, le géant allemand du secteur), qui a fait toute sa carrière dans la grande distribution. Peu de temps après son arrivée, il solde les participations acquises dans Castorama et dans But, avec des plus-values respectivement de 1,9 milliards de francs et 225 millions (soit environ 290 millions € et 34 millions d’euros)[16], et met fin aux quelques diversifications du groupe pour mieux se consacrer au cœur de métier. Sous son mandat, le groupe prend véritablement sa dimension internationale, et s’implante :
1998-2000 : Croissance externeEn 1998, Carrefour rachète Comptoirs Modernes, dont il détenait 22,4 %, et met ainsi la main sur environ 500 supermarchés à l’enseigne Stoc, intègrant ainsi le format supermarché, dans lequel il était encore très peu présent[17]. Suite à cette opération de 19 milliards de francs français (environ 2,9 milliards d’euros), le groupe français passe de la sixième à la quatrième place mondiale, en devançant Metro et Sears. L’année suivante, en 1999, Carrefour et Promodès annoncent leur fusion pour donner naissance au premier groupe européen et au deuxième groupe mondial de distribution, après Wal-Mart; en partie par crainte d’une OPA hostile de ce groupe américain sur l’une des seules entreprises françaises du secteur dont le capital n’était pas entièrement verrouillé. À cette occasion, la famille de Paul-Louis Halley, patron de Promodès, devient le premier actionnaire du groupe avec 13 %. La société Promodis (future Promodès) est créée en 1961 par la fusion des entreprises de deux familles normandes de grossistes dirigées par Paul-Auguste Halley et Léonor Duval-Lemonnier. Une rationalisation des enseignes est alors effectuée. Par exemple, les hypermarchés français Continent de Promodès prennent l’enseigne Carrefour. À l’inverse, les supermarchés Stoc de Carrefour deviennent des supermarchés Champion. Cette stratégie d’enseignes illustre à la fois la prééminence dans chacun des domaines (Carrefour pour l’Hyper, Champion pour le Super), et le fait que ce soit une fusion et non l’absorption de l’un par l’autre. Dans les faits, l’intégration et l’homogénéisation des deux groupes se révèlent un peu plus difficiles que prévu. Clin d’œil de l’histoire, Promodès avait ouvert ses premiers hypers en franchise sous l’enseigne Carrefour, avant de créer sa propre enseigne Continent ( tout comme Cora.). En juillet 2000, Carrefour rachète, en Belgique, le groupe GB (Maxi et Super). Ce rachat se traduit par la création de la filiale belge du groupe (Carrefour Belgium). L'enseigne Maxi GB devient Carrefour (56 hypermarchés), quant à Super GB, l'enseigne et le concept sont dépoussiérés. 2001-2004 : Un groupe dans la tourmenteD’une part occupé et grisé par une fusion effectuée au sommet des valorisations de la distribution et d’autre part accélérant son développement à l’étranger, Carrefour n’a pas vu une menace peser sur la zone France, principale contributrice à ses résultats. Du fait de prix peu compétitifs sur le marché français, le groupe a perdu des parts de marché et donc du chiffre d’affaires et de la marge. Ainsi, le groupe publie des résultats jugés peu attrayants et perd peu à peu la confiance des marchés financiers au cours des premières années de la décennie 2000. De fait, le groupe perd de sa valorisation boursière, au point de faire l’objet de rumeurs d’OPA par son concurrent Tesco début 2005, qui s'ajoutent aux rumeurs récurrentes d’OPA de la part de Wal-Mart, d’autant plus persistantes que le capital de Carrefour est éclaté. En 2005, Daniel Bernard est remplacé par José Luis Duran, sous la surveillance de Luc Vandevelde, lui-même alors homme de confiance de la famille Halley. 2005-2007 : La rationalisationDès 2005, le nouveau PDG annonce la cession de nombreuses activités situées dans des pays déficitaires, peu rentables ou pour lesquelles le groupe n’a pas de puissance suffisante - c'est-à-dire où il n'est pas dans les trois premiers. Ainsi, Carrefour quitte le Mexique, le Japon et la République Tchèque. À l’inverse, le groupe doit se renforcer fortement dans certains pays, notamment la Chine, la Turquie ou le Brésil, où il accélère l’ouverture de nouveaux magasins. De cette manière, le groupe privilégie certains pays-cibles plutôt que disperser ses investissements. Le 24 janvier 2007, dans une interview au Figaro, José-Luis Duran évoque l’avenir et la stratégie de Carrefour et reconnaît explorer des pistes en Russie et en Inde, ainsi que ne pas envisager d’opérations financières lourdes du type du rapprochement avec Promodès. Par ailleurs, il indique que le groupe souhaite développer son offre dans de nouveaux services. En 2005, le groupe vend ses magasins au Japon et au Mexique. En 2006, le groupe vend ses supermarchés Champion en Chine, mais pour concentrer ses efforts sur les hypermarchés et le maxidiscompte. En 2007 :
L'entrée au capital de nouveaux acteursAvec l’entrée en force au capital de Blue Capital, qui réunit la société du fonds américain Colony Capital et le groupe Arnault (10 % du capital), un vif débat stratégique naît sur l’opportunité d’externaliser ou non le patrimoine immobilier du groupe. Lors de l’assemblée générale, l'Inde et la Russie sont désignées comme nouvelles cibles d’implantation pour 2008[19]. Prise de participation en 2009En 2009 le groupe Carrefour serait en train d'étudier la possibilité d'un rapprochement entre Seventh Continent[20] et Future Fashion Merchandise [21],[22] Métiers du groupeCarrefour intervient sur une grande partie des formats de la grande distribution[23] : HypermarchéArticles détaillés : Carrefour (enseigne), Hyper Champion et Atacadao.
Le format hypermarché représente le cœur de métier historique du groupe et compte encore en 2006 pour près de 60 % du chiffre d’affaires total. Il est présent sur l’ensemble des pays du groupe sous l’enseigne unique Carrefour, et est représenté par plus de 1 000 magasins depuis fin 2006. Les hypermarchés du groupe sont de dimension supérieure à 3 000 m2 pour atteindre jusqu’à 23 000 m2 (Carrefour Portet-sur-Garonne, en France), ceci pour une moyenne de 9 333 m2. Ils proposent de 20 000 à 80 000 références et emploient de 250 à 750 employés. Destinés à une zone de chalandise très large, ils représentent la conception du « tout sous le même toit » ainsi que la définition initiale de la grande distribution : nombreuses places de stationnement, spectacle permanent, bas prix… Depuis 1998, date du 35e anniversaire des hypermarchés Carrefour, est organisée chaque année une opération commerciale simultanée dans le monde entier sous le nom du Mois Carrefour. Il s’agissait alors de la première opération transnationale de l’enseigne Carrefour et mettant en œuvre à grande échelle les moyens du groupe. Fin 2006, le nombre du millier d’unités dans le monde a été atteint, avec l’ouverture d’un hypermarché à Tongzhou en Chine[24]. Fin 2008, 1302 magasins Carrefour existent dans le monde, dont 228 en France. SupermarchéArticles détaillés : Champion (supermarché), Carrefour market, Carrefour Express, Carrefour Bairro, Supermarchés GB et GS (enseigne).
Magasins de taille inférieurs à la première catégorie, pour la plupart de moins de 2 500 m2, les supermarchés du groupe sont présents dans un nombre plus restreint de pays en Europe et en Amérique Latine. Pour le groupe, l’ancrage local et la notoriété sont déterminants pour ce type de formats, raison pour laquelle les enseignes historiques ont été conservées : c’est ainsi le cas de la marque Champion et depuis 2008 Carrefour market en France, de GB en Belgique, de GS en Italie, Gima et Endi en Turquie, Globi en Pologne ou de Norte en Argentine. En Belgique, l'enseigne Champion n'est pas gérée par Carrefour Belgium. Le Groupe carolorégien Mestdagh possède la franchise de l'enseigne depuis 1996. Les supermarchés, essentiellement présents en Wallonie, s'appellent Champion Groupe Mestdagh. Carrefour y détient 49% du capital. Le siège du groupe se situe à Gosselies (Charleroi). La marque Champion est également utilisée en Espagne, en Pologne, en Grèce ou au Brésil. Après quelques tests, les essais d’extension en Norvège et en Chine ont été abandonnés en 2005 et 2006. Concernant cette même marque, elle a disparue dans ces derniers pays, et en France les magasins sont en cours de transformation, avec une disparition prévue fin octobre 2009. Les magasins Champion de Belgique n'est pour le moment pas concerné par ce changement. Cependant le groupe tend à unifier ses marques de supermarchés sous la bannière Carrefour, à l'encontre de la politique initiale qui réservait ce nom aux seuls hypers. Ainsi Carrefour Express est en développement, pour capitaliser sur la notoriété de l’enseigne Carrefour. Des tests sont actuellement en cours en Pologne et Turquie, alors que la nouvelle marque est déjà implantée en Espagne. De même en 2007, le groupe a aussi testé une nouvelle enseigne en remplacement des magasins Champion, Carrefour market[25]. 6 supermarchés bretons expérimentent ce concept. Il a pour but de fidéliser les clients grâce à une seule marque : Carrefour; tout comme son concurrent Casino. Ce passage sous enseigne Carrefour market des supermarchés Champion français devait être entériné au premier trimestre 2008 [26], après une période de test qui s'est révélée concluante. L'ensemble des Champion français passent donc sous l'enseigne Carrefour d'ici à fin 2009[27]. La stratégie commerciale pour les supermarchés du groupe consiste à la fidélisation du client; la carte IRIS pour les supermarchés Champion en étant une illustration. MaxidiscompteArticles détaillés : Dia (magasin), Ed et Minipreço.
Développé initialement après la Seconde Guerre mondiale par les spécialistes allemands Aldi, le format dit maxidiscompte a été repris par Carrefour à la fin des années 1970. Ce créneau représente un moteur de croissance pour le groupe, les consommateurs se tournant de plus en plus vers ces magasins proposant des produits à bas prix, notamment grâce à des coûts de structure et des frais de fonctionnement plus faibles que dans les magasins classiques. Le groupe est présent sur l’activité de maxidiscompte via trois enseignes :
Historiquement, l’enseigne Dia est issue de Promodès en Espagne en 1979, alors que Ed est une marque créée dans le giron de Carrefour en France en 1980. Les magasins ED en France vont progressivement changer pour devenir des Dia, un test est d'ores et déjà réalisé à Villeneuve-Saint-Georges depuis mai 2009. A peine un mois plus tard, la direction confirme le changement, une vingtaine de magasins en France auront changé de nom d'ici la fin de l'année. Proximité, cash & carry et autresArticles détaillés : Carrefour Express (Belgique), Carrefour City, Carrefour Contact, Shopi (supermarché), 8 à Huit, Marché Plus et Proxi.
En parallèle des principaux métiers, le groupe intervient dans les activités suivantes :
Le groupe dans le monde
Présence de Carrefour dans le monde (2007)
Directement Sous franchise Le groupe structure ses activités en quatre zones géographiques : la France, le reste de l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Asie. Il est également indirectement présent sous forme de partenariat et franchise auprès d’intervenants locaux dans certains pays (Moyen-Orient, Algérie, Japon pour les plus importants). Que ce soit sous forme de franchise ou directement, Carrefour est présent à fin 2006 dans 29 pays. Il s’est désengagé par le passé d’autres pays comme les États-Unis, ou plus récemment le Chili et le Mexique.
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Carrefour possède plus de 100 hypermarchés en Chine depuis mi-2007[62] et a cédé ses supermarchés pour se concentrer sur les hypermarchés et le maxidiscompte Dia (253 magasins en novembre 2006).
L’enseigne est le 1er distributeur étranger en Chine et le 5e en incluant les groupes de distribution locaux avec 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires[63].
Le groupe emploie plus de 40 000 personnes en Chine. Le nombre de clients est estimé à 188 millions. Le nom chinois de Carrefour a été transcrit à partir de la prononciation française : å®¶ä¹ç¦ (pinyin : jiÄ lè fú) ce qui signifie « Bonheur de la famille ».
Le 1er juin 2009, ouverture du 136e hypermarché Carrefour en Chine à Pékin[64].
Déjà présent dans ce pays avec 39 magasins, le groupe achète 75% du groupe Alfa Retailindo pour un montant de 49,3 millions d'euros[65].
Ce rachat permet de conforter sa place de leader avec 29 nouveaux magasins dont 13 à Jakarta.
Le groupe est arrivé en 1994 sur ce marché qui compte comme autres principaux acteurs de la grande distribution : Giant, Makro, Parkson et Tesco[66].
Dans un marché dominé par le format supermarché, Carrefour et ses deux hypermarchés représentent 2 % de part de marché[67].
La part de marché du groupe était de 32 % en 2005[68].
Présent dans plusieurs grandes villes, forte concurrence avec Tesco, BigC (groupe Casino).
Le 9 avril 2009, ouverture du 34ème hypermarché Carrefour en Thailande à Chonburi[69].
Le 8 avril 2009, ouverture du 23ème hypermarché Carrefour en Turquie à Pendik dans la banlieue d’Istanbul[56].
Carrefour est présent dans certains pays sans pour autant contrôler les magasins directement[70].
Carrefour s’est implanté en Algérie depuis le 16 janvier 2005 via un partenariat avec Ardis, une filiale du groupe Arcofina. Il était prévu d’ouvrir 18 hypermarchés dans le pays d’ici à 2012[71], toutefois il a mis fin au partenariat en février 2009[72]
Le groupe Carrefour a cédé ses huit magasins en mars 2005 à la société Aeon[73] qui les exploite depuis ce jour en franchise.
Carrefour s’implante au Maroc à travers un accord de franchise avec Label'Vie[74], lequel permettrait à cette dernière d’ouvrir des hypermarchés portant l’enseigne française au sein du Royaume. Il en existe déjà 2 [75].
Carrefour est implanté au Moyen-Orient en collaboration avec le groupe émirien, Majid Al Futtaim Group[76] (l'actionariat est divisé entre le groupe Majid Al Futtaim majoritaire et Carrefour), dans les Émirats arabes unis, au Qatar, en Oman, au Koweit, en Jordanie, en Égypte et en Arabie saoudite.
. MAF Hypermarkets, la société créée par les deux partenaires est le plus important franchisé Carrefour dans le monde en termes de chiffre d'affaire et de territoire. Le partenariat couvre la totalité du Moyen-Orient, l'Iran et le Pakistan. MAF Hypermarkets dont le siège régional est basé à Dubaï, aux Émirats arabes unis comptait vingt-cinq hypermarchés en 2007.
En février 2006, dans l’affaire des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten, la société Carrefour s’est illustrée par une grande campagne de communication en Égypte, qui, en anglais et en arabe, disait : chers clients, nous exprimons notre solidarité avec la communauté islamique égyptienne. Carrefour ne vend pas de produits danois. Des panneaux équivalents ont été affichés dans la rue et dans les supermarchés des autres pays musulmans où est implantée la chaîne d’hypermarchés [77].
Le groupe Louis Wane[78] franchisé du groupe Carrefour exploite les différentes enseignes dans la Polynésie Française.
Un hypermarché Carrefour depuis 2000.
Le groupe tunisien UTIC a ouvert un hypermarché Carrefour le 16 avril 2001[79].
Au fil des années, le groupe Carrefour, parallèlement à son expansion, a cédé certaines activités jugées peu rentables, peu stratégiques ou encore trop éloignées de l’activité principale du groupe.
Il est possible de distinguer trois grandes phases de cessions effectuées par le groupe :
La nouvelle stratégie du groupe a été publiée lors de la présentation des résultats de l’année 2005[80] par José-Luis Duran, lors de la clôture de son premier exercice en tant que PDG. Une première partie de la tâche était déjà en cours de traitement, à savoir la revente des actifs peu ou non rentables, comme vu plus haut.
Cette stratégie est celle telle que présentée, donc vendue par le groupe. Le meilleur baromètre de sa crédibilité et de sa perception par les spécialistes du secteur reste peut-être l’impact sur son cours de bourse (voir plus bas).
La stratégie du groupe repose sur une croissance rentable, conjugaison de croissance et de reconquête du client. Pour les années 2006 à 2008, l’objectif de croissance du chiffre d’affaires est de 5 à 10 % chaque année, à décomposer comme suit :
Depuis la fusion avec Promodès en 1999, et ses conséquences sur la marche du groupe, Carrefour ne souhaite plus s’investir dans de grandes opérations financières, mais tend à privilégier le développement des marchés émergents, la consolidation locale et l’extension du périmètre à de nouveaux pays :
Le nombre d’ouvertures annuelles d’hypermarchés dans les pays non-G4 a doublé entre 2004 et 2006 (passant de 41 à 57)[81]. Ces pays dont la Chine, la Turquie, le Brésil et aussi l’Italie ne sont pas encore matures en termes de grande distribution et les bons emplacements sont donc encore à prendre.
Le rachat d’unités concurrentes dans les pays où Carrefour est déjà présent (acquisitions ciblées) fait également parti de la stratégie de croissance. Ces acquisitions permettent de faire immédiatement des gains de synergies (chaîne logistique, plus de volumes donc pression sur les prix des fournisseurs, coûts marketing locaux…). C’est exactement l’esprit du rachat du groupe brésilien Atacado annoncé le 23 avril 2005, et permettant au groupe de devenir numéro un au Brésil [82]. C’est également la même analyse qui a conduit à la signature du protocole d’acquisition des actifs polonais d’Ahold, annoncée en décembre 2006.
Fait assez récent, le groupe étudie son extension à de nouveaux marchés, alors que la tendance jusqu’en 2006 était à la rationalisation (Chili, Mexique, République Tchèque…). Ainsi le groupe déclare s’intéresser aux marchés russes et indiens.
La croissance à périmètre comparable (même nombre de magasins) consiste à effectuer plus de chiffre d’affaires, en augmentant le panier moyen par client ou en accroissant la base de clientèle. Le groupe a ainsi identifié plusieurs pistes de développement :
Par ailleurs, le groupe tend à une convergence des enseignes et renforcement de la marque propre. Afin de capitaliser sur la notoriété de Carrefour, cette enseigne est déclinée sur de multiples formats. Ainsi 82 supermarchés ont été rebaptisés Carrefour Express en Espagne, et 34 en Carrefour Bairro au Brésil. Il en est de même pour le développement de la marque Carrefour sur les produits à forte croissance
Jusqu'au 28 juillet 2008, Carrefour était une société anonyme à directoire et conseil de surveillance, séparant les activités de contrôle et de gestion du groupe.
Le directoire[83] était dirigé par José-Luis Duran depuis 2005 :
| Nom | Direction |
|---|---|
| Lars Olofsson | Président du directoire |
| Gilles Petit | Directeur Général France |
| Thierry Garnier | Directeur Général International-hors Europe |
| Javier Campo | Directeur Général de DIA International |
| José Maria Folache | Directeur Général Commercial & Marketing |
| Jacques Beauchet | Directeur général DRH, Communication, Juridique, qualité, Responsabilité et Risque et Secrétaire Général |
Le 7 mars 2007, le groupe annonce que Robert Halley devient président du conseil de surveillance du groupe, jusqu’alors présidé par Luc Vandevelde. Ce dernier, ancien président de Marks & Spencer et Promodès, était encore quelques jours avant sa démission le représentant de la famille Halley. En mai 2008, suite à la décision de la famille Halley de mettre fin à son pacte d'actionnaires faisant donc diminuer ses droits de vote de 25% à 12,34%[84], Robert Halley démissionne et laisse sa place à Amaury de Sèze[85].
| Nom | Observations |
|---|---|
| Amaury de Sèze | Président |
| Jean-Martin Folz | Vice-président, Président de l'AFEP |
| Anne-Claire Taittinger | Membre du Directoire du groupe
Seniro Advisor de Wefcos- Women Forum |
| Bernard Arnault | |
| Sébastien Bazin | Président du conseil de surveillance de Colony Capital |
| Nicolas Bazire | Directeur général du groupe Arnault |
| René Brillet | Ancien Directeur Général Asie de Carrefour |
| José Luis Leal-Maldonado | Ancien Ministre de l’Économie en Espagne et ancien Président de la Banco Bilbao Vizcaya |
L’Assemblée Générale Mixte des actionnaires du groupe Carrefour, réunie le 28 juillet 2008 sous la Présidence d’Amaury de Sèze, approuve à une large majorité le changement de mode de direction du Groupe, par adoption du régime de Conseil d’Administration en lieu et place de celui de Conseil de Surveillance et Directoire.
Le Conseil d’Administration du Groupe est constitué de 12 membres :
• René Abate,
• Bernard Arnault,
• Sébastien Bazin,
• Nicolas Bazire,
• Jean Laurent Bonnafé,
• Thierry Breton,
• René Brillet,
• Charles Edelstenne,
• Jean Martin Folz,
• José Luis Leal Maldonado,
• Amaury de Sèze,
• Anne Claire Taittinger.
Les membres du Comité Exécutif sont :
• Javier Campo, Directeur Exécutif Hard Discount
• Pascal Duhamel, Directeur Exécutif Carrefour Property
• Thierry Garnier, Directeur Exécutif en charge de l’Asie du Sud Est (Indonésie, Malaisie, Singapour, Thaïlande), des Pays d’Europe (Bulgarie, Grèce, Roumanie, Turquie), de la Russie, de l’Inde et de la Direction des Partenariats Internationaux.
• Ignacio Gonzalez, Directeur Commercial et Marchandises
• Eric Legros, Directeur Exécutif Chine ; le Directeur Exécutif Taïwan lui rapporte directement.
• Gilles Petit, Directeur Exécutif France
• Jean Marc Pueyo, Directeur Exécutif Brésil ; les Directeurs Exécutifs Argentine et Colombie lui rapportent directement.
• Eric Reiss, Directeur Finances, Gestion et Services Financiers
• Guy Yraeta, Directeur Exécutif en charge de l’Espagne, l’Italie, la Belgique et la Pologne.
Le Groupe Carrefour est le neuvième employeur privé mondial (409 092 salariés en 2007), le premier en France et en Grèce, ainsi que le troisième au Brésil[88]. Environ deux salariés sur trois travaillent en Europe. La répartition des salariés du Groupe Carrefour est la suivante : 68 % en Europe, 16 % dans les Amériques et 16 % en Asie.
Il est difficile d’obtenir des informations sociales sur un groupe de plusieurs établissements, disposant de nombreuses enseignes et filiales et basé dans des pays aux marchés de l’emploi très disparates. Le bilan social de la principale unité du groupe, à savoir Carrefour Hypermarchés SAS donne des indications. Par exemple, celui de l’année 2006[89] indique que :
Le salaire de son dirigeant représente 90 fois le salaire médian français[90]; ce qui ne lui permet pas l'obtention de l'agrément "entreprise solidaire"[91].
D’après le rapport financier 2006 du groupe, les frais de personnel représentent 7 515 millions d’euros soit une part stable 9,6 % du chiffre d’affaires hors taxe ou encore une moyenne d'environ 16 500 euros par employé et par an, charges sociales et avantages compris. Ce dernier chiffre est néanmoins peu exploitable du fait de la disparité des niveaux de vie des pays où le groupe se trouve.
Le Groupe Carrefour est reconnu comme un employeur dur sur les conditions de travail de ses employés par exemple en ce qui concerne les horaires, tels que le temps partiel des caissières ou bien les résultats tels que ceux demandés aux chefs de rayons, comme le démontre l’ouvrage de Grégoire Philonenko, ouvrage qui a eu une forte couverture médiatique en 1997 (voir bibliographie).
En outre, il a été reproché au groupe une surveillance trop active et parfois proche de l’espionnage de ses employés[92], voire de s’en servir comme motif de licienciement[93].
L’enseigne Carrefour en France a été longtemps reconnue comme assurant à ses collaborateurs une meilleure rémunération que ne le faisait ses concurrents[16] et parfois même meilleure qu’ailleurs au sein du groupe (Champion, ex-Euromarché, établissements Sogara). Afin de préserver la paix sociale, Carrefour a privilégié historiquement le syndicat Force Ouvrière à la CFDT et à la CGT[16].
Parmi ses grands principes, en particulier pour attirer et de fidéliser ses collaborateurs, l'entreprise entend effectuer des initiatives auprès des jeunes (ouverture de 2 200 postes d’apprentis dans les hypermarchés français), respecter la diversité (signature d’une charte de la diversité en 2004, 7 333 personnes handicapées employées dans le monde à fin 2006, partenariat avec l’agence pour l’emploi de Madrid) et adopter des formations propres à chaque pays (Académie Chopin pour la formation des futurs directeurs en Pologne, programme de sensibilisation aux règles éthiques en Turquie).
Néanmoins, les magasins Carrefour connaissent des conflits sociaux (grèves) comme par exemple la journée nationale d'action dans la grande distribution du 1er février 2008 à l'appel de plusieurs syndicats. L'hypermarché Carrefour Grand Littoral est même devenu un symbole de ces revendications essentiellement salariales. Le magasin est resté bloqué 11 jours[94].
En octobre 2008, le Groupe Carrefour a été condamné à une amende de 1,287 millions d'euros pour avoir, pendant plusieurs années, payé en-dessous du SMIC 400 employés de deux hypermarchés[95].
Le nombre de magasins à fin 2008 sous enseigne (c'est-à dire détenu en direct par le groupe plus les magasins détenus par des franchisés) est le suivant :
Le chiffre d’affaires 2007 de 82,1 milliards d’euros HT s’est réparti comme suit : 45,8 % en France, 37,5 % dans le reste de l’Europe, 10 % en Amérique et 6,7 % en Asie. Ce sont ces deux dernières zones qui ont cru le plus fortement sur l'année (respectivement +38% et +17.3% en ventes HT).
À la fin 2007, le chiffre d’affaires par type de magasins se répartit comme suit : hypermarchés (60 %), supermarchés (17,4 %), magasins maxidiscomptes (9,2 %), autres (13,4 %). La part des hypers augmente d'un point en un an, au détriment des activités autres.
La marge opérationnelle 2007 des activités du groupe est de 4 % du chiffre d’affaires contre 4,1 % en 2007 (contre 5,7 % en 2006 pour son concurrent Tesco, l’un des plus rentables du secteur).
Au cours de la présentation des résultats 2006, la direction avait annoncé toutefois vouloir privilégier le chiffre d’affaires à la marge au cours de l'année à suivre. En 2008, toutefois, le résultat opérationnel devrait selon le groupe augmenter plus vite que les ventes.
Au 31 décembre 2007, l’endettement net du groupe atteignait 7 357 millions d’euros, soit 63 % de ses fonds propres.
Ce ratio - entre autres - est utilisé par les analystes financiers et les agences de notation financière pour juger de la solvabilité d’une entreprise. Il correspond simplement à la dette nette (dette moins trésorerie disponible) divisée par les capitaux propres. Il est communément admis qu’un ratio de 100 % est un plafond à ne pas dépasser pour la plupart des entreprises.
Pour comparaison et pour illustrer la diminution de l’endettement du groupe, le ratio était de 123 % en 2000[96]. En effet, à partir de cette dernière date, la politique gourmande en capitaux de grosses acquisitions a pris fin, et l’autofinancement à depuis toujours été supérieur aux investissements. En outre, les cessions ultérieures ont rapportés de la trésorerie au groupe, diminuant plus encore la dette nette. La diminution a été de 481 millions d’euros par rapport à 2005.
En 2007, le gearing augmente de trois points, ce qui est du essentiellement aux acquisitions effectuées sur l'année.
| Années | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 68 728 | 70 486 | 72 668 | 74 497 | 77 901 | 82 148 |
| Résultat d’exploitation | 3 025 | 3 251 | 3 234 | 3 175 | 3 274 | 3 291 |
| Résultat net | 1 539 | 1 738 | 1 509 | 1 582 | 2 269 | 2 299 |
| Capitaux propres | 7 546 | 7 380 | 7 586 | 9 386 | 10 503 | 11 770 |
| Endettement net[97] | 9 021 | 7 892 | 6 794 | 6 790 | 6 309 | 7 357 |
Chiffre d’affaires publiés (hors taxe[98], en Milliards d’euros) :

Le saut de chiffre d’affaires est évident en 1991, 1999, 2000 et 2001, quatre années liées à une politique de croissance externe :
Carrefour est coté à la bourse de Paris depuis 1970 (code ISIN = FR0000120172) et entre dans la composition de l’indice CAC 40.
Le 7 mars 2007, Colony Capital et Groupe Arnault, réunis dans la structure Blue Capital, annoncent avoir acquis 9,1 % du capital de la société, auquel s’ajoute 0,7 % acquis de concert par Axon Capital. Ils se sont engagés à ne pas dépasser la barre des 20 % du capital d’ici au 30 juin 2008, sauf cession des parts de la famille Halley[99].
Au 7 mars 2007, le capital de la société composé de 704,9 millions de titres était réparti comme suit :
Le 5 mars 2008, La famille Halley annonce mettre fin à leur action de concert au sein du capital du groupe. Le bloc d'actions va donc disparaître à l'issue de l'assemblée générale du 15 avril 2008, et de fait les droits de vote double vont être perdus[100].
Le graphique ci-contre permet de distinguer cinq grandes phases de la vie boursière de Carrefour depuis 1989, qui reflètent assez bien les phases historiques de la société :
D’après le rapport de développement durable 2006 du groupe (audité et certifié)[102], l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 77 901 millions d’euros ainsi 43 millions d’euros de résultat financier et 1 043 millions d’euros de redevances de franchisés, de locations et autres revenus; soit un total de 78 987 millions d’euros de rentrées.
Le groupe les redistribue de la manière suivante[103] :
À noter que le résultat annuel part du groupe était de 2 267 millions d’euros en 2006, ce qui signifie que 36 % des gains net de l’année ont été reversés aux actionnaires cette année-là, le reste étant donc conservé en capitaux propres pour le développement ultérieur du groupe.
En avril 2005, le PDG Daniel Bernard a quitté le groupe après avoir obtenu une enveloppe (correspondant notamment au paiement d’une retraite dite « chapeau ») pouvant s’élever jusqu’à 38 millions d’euros[108]. Ce qui crée un débat sur la rémunération des dirigeants des grands groupes[109].
Une enquête judiciaire avait été ouverte par le juge Courroye suite à des soupçons de délits d’initié révélés par la COB suite au rapprochement Carrefour-Promodès[110]. Une ordonnance de non-lieu a finalement été rendu le 22 décembre 2005 par le même juge[111].
Face au fort développement de la grande distribution et son impact sur le petit commerce, les lois Royer de 1973 et Raffarin du 5 juillet 1996 ont été instaurées, afin d’encadrer les ouvertures et agrandissements de magasins. Si la critique touchait la grande distribution en général, Carrefour en tant qu’un des principaux acteurs du marché était concerné au premier chef[12].
D’autres critiques se sont faites entendre en 2004 à propos de la hausse des prix, et toujours relayées par les pouvoirs publics français. Celles-ci ont montré du doigt les grandes surfaces et notamment sur le principe des marges arrières[112].
À l’inverse, et parfois en contradiction avec l’argument précédent, il a été reproché aux enseignes de grande distribution d’être particulièrement dures avec leurs fournisseurs - et notamment avec les PME aux reins moins solides - pour obtenir les prix les plus bas.
Comme le secteur en général, il est reproché à Carrefour une politique sociale assez rude. Des ouvrages témoignent de l’envers du décor[113].
Par ailleurs, le secteur de la grande distribution dans son ensemble a été maintes fois montré du doigt pour des faits de corruption. Ce fut notamment le cas dans les années 1970 en France, lorsque le secteur se développait très rapidement, pour obtenir au plus vite les permis de construire des élus locaux, et des commissions départementales d’urbanisme commercial (CDUC)[114].
En juin 2007, le groupe a été condamné par le tribunal d’Évry à 2 millions d’euros d’amende pour publicités mensongères, reventes à pertes et pour contrats de marges arrières jugés imprécis[115]. Le groupe a fait appel de cette décision et met en avant la « pression amicale » du gouvernement sur les prix, à l’époque des faits.
Le 20 décembre 2007, le conseil de la concurrence français a infligé une amende de 27,4 millions d'euros aux Hypermarchés Carrefour pour entente sur les prix des jouets. Sept autres sociétés ont également été punies. Le groupe a fait appel[116].
Le 1er mai 2008, des manifestations ont lieu devant des magasins Carrefour en Chine car certains chinois accusent le groupe Carrefour de soutenir le Dalaï-lama. De plus, le passage de la flamme olympique à Paris quelques jours plutôt à provoqué une vague de boycott des produits français en Chine[117].
Suite aux caricatures de Mahomet au Danemark, la chaîne d'hypermarchés Carrefour cesse de distribuer des produits danois dans les pays du Moyen-Orient où elle est implantée[118]. Des panneaux placés dans ces supermarchés et dans les rues de nombreuses villes arabes (par exemple en Égypte) annoncent : « Chers Clients, Nous exprimons notre solidarité avec la communauté musulmane égyptienne. Carrefour ne vend pas de produits danois »[119].
Le logotype de cette chaîne a été construit sur l’initiale du mot Carrefour, la lettre C traitée en blanc, mise au milieu d’un losange, rouge à gauche, bleu à droite et filets noirs en haut et en bas. Ce logo figurait peint - le losange nettement visible - sur les portes du premier supermarché Carrefour (550 m2), à Annecy. Pour l’anecdote, ce supermarché (revendu depuis à Casino) se situait justement à un carrefour. Selon toute vraisemblance, l’origine de l’enseigne vient de là.
Rapidement, les filets noirs ont disparu laissant le « C » moins visible, quasiment subliminal. Le logo est, depuis, plus difficile à décoder, mais cela fait sa particularité et en ce sens, lui apporte une dimension supplémentaire. En effet, peu de gens voient le « C » écrit en blanc, couleur signalétique habituelle du fond, mais la plupart l’interprètent comme une flèche en 2 morceaux car, mis à part sur certains produits, il est rare de voir le logotype sur un fond d’une autre couleur que le blanc. Une fois que l’œil voit le « C », il est difficile de voir autre chose, comme dans le logo de la marque FedEx, où une flèche apparaît en blanc entre le « E » et « X », symbolisant l’envoi, la rapidité. Ou, dans un registre plus artistique, le fameux Nu du crâne de Dalí, où plusieurs femmes nues prennent une pose qui représente un crâne humain.
Depuis, le logo n’a guère évolué; hormis l’adjonction récente d’un léger dégradé lumineux horizontal, l’arrondissement très fin des arêtes et le mot Carrefour (passé du bleu au noir) qui donnent un aspect moins discompteur à l’enseigne.
Dans la version institutionnelle du logotype du groupe Carrefour, la partie gauche du losange est passée du rouge au bleu ciel, donnant au logotype un aspect moins discount. Le changement typographique va également dans ce sens : la police de caractère, grasse et de type serif dans le logotype des grandes surfaces, c’est-à-dire avec des empattements, a légèrement évolué en les perdant, devenant ainsi plus clair, plus sobre. La majuscule de la première lettre a également disparu, ce qui donne un aspect plus connivent au visuel, aspect conforté par les angles des arrêtes ici aussi très légèrement arrondis.
Depuis 1976 et les premiers produits libres, Carrefour a développé des marques de distributeur au sein des diverses enseignes du groupe.
Depuis, l’offre a été segmentée et diversifiée :
Par ailleurs, le groupe possède sa propre marque de textile (Tex), d’électroménager et produits bruns (Firstline), de vélos (Topbike) ou de tondeuses (Greencut).
Les produits cités plus hauts sont des émanations de l’enseigne Carrefour. Certains se retrouvent par ailleurs dans d’autres enseignes du groupe, ce qui permet des synergies. C’est ainsi le cas des produits Reflets de France qui se retrouvent dans l’ensemble des magasins français.
D’autres produits non estampillés Carrefour existent, tels les produits Champion. Enfin, les magasins hard-discount ont leur propre filière sous la marque ombrelle de produits Dia.
Dans la plupart des pays où il est présent, Carrefour fait face à une concurrence locale. En France, son marché historique, ses principaux concurrents sont Auchan, Casino, E.Leclerc, Les Mousquetaires, Système U et Cora (Louis Delhaize). Les trois premiers cités sont également fortement présents hors de France.
: Source utilisée pour la rédaction de l’article
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