Enr : quoi de neuf au Danemark ?

L’actualité scientifique en bref du pays hôte de la 15ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique.

La ville de Copenhague se dote d’un nouveau parc scientifique

Les premiers coups de pioche ont été donnés cet été à la construction du premier parc scientifique danois consacré aux biotechnologies. Cet équipement d’un coût de 250 millions de couronnes (33,5 millions d’euros) devrait ouvrir ses portes aux chercheurs en octobre 2009. COBIS, pour Copenhagen Bio Science Park est une initiative commune de trois opérateurs de parcs scientifiques : Scion DTU (Copenhague), Symbion (Copenhague) et Forskerpark Aarhus (Aarhus). Cette structure privée sera située à proximité de nombreux autres équipements consacrés aux biotechnologies, dont un centre de recherche sur le cancer.

Le premier think-tank vert danois

Concito, signifiant "mettre en mouvement" en latin, est depuis le 1er septembre 2008 le premier think-tank danois consacré à la problématique du changement climatique. Son objectif est de déterminer comment la nécessaire "transition durable" peut être conduite dans les meilleures conditions économiques, environnementales et sociales.

Composé d’industriels, d’ONG et de politiques, il souhaite contribuer à la réduction des émissions de gaz à effets de serre non pas en influençant les décisions qui pourraient être prises l’an prochain à Copenhague à l’occasion de la COP15, mais en analysant comment ces nouveaux objectifs pourront être traduits en décisions politiques directes et en initiatives industrielles.

Des pales d’éoliennes en bambou

Le laboratoire national Danois Risoe DTU a conclu un accord de collaboration avec le Centre chinois pour le bambou et le rotin, dans le but de produire des pales en bambou pour des petites et moyennes éoliennes d’une capacité maximale de 1 MW. Le premier prototype devrait être prêt d’ici deux ans. Selon cet accord, Risoe DTU contrôlera et authentifiera le matériau tandis que le centre chinois développera la technologie nécessaire pour produire les pales. L’objectif à long terme est de se passer progressivement de tous les matériaux non biodégradables en remplaçant la résine d’époxy, qui recouvrira dans un premier temps les bandes de bambou, par une colle bio. Les éoliennes seront ainsi transformées sur place en compost à la fin de leur vie.

Si les pales en bambou ont un avenir prometteur en Chine – laquelle souhaite agrandir son parc éolien et a besoin de petits équipements capables d’alimenter des villages à la très faible consommation – elles ne présentent que peu d’intérêt en Europe où le bambou ne pousse pas et où les éoliennes sont souvent nettement plus grosses.

La reine Margrethe inaugure une centrale à hydrogène

Le Lolland, 4ème plus grande île du Danemark, produit deux fois plus d’énergie éolienne qu’il n’en consomme. Afin de ne pas gaspiller cette production, la région a choisi de devenir la première " communauté hydrogène " danoise. La première centrale produisant de l’hydrogène et de l’oxygène par électrolyse a été inaugurée et est d’ores et déjà connectée à quelques maisons du village de Vestenskov équipées de piles à combustible. L’objectif est d’équiper une centaine de maison d’ici deux ans et de leur fournir ainsi électricité et chauffage. Le Lolland veut ainsi se positionner comme un moteur européen pour l’implantation des technologies hydrogène à grande échelle.

Sous le sunlight de Roskilde

L’Université Technologique Danoise (DTU) a profité du festival de Roskilde, un des plus grands festivals de rock d’Europe, pour faire la première démonstration mondiale de l’utilisation de panneaux solaires polymères à large échelle. Plus de 2.000 cellules de 13 cm de diamètre ont ainsi été distribuées aux festivaliers pour alimenter des "casquettes radios". Les cellules solaires en polymère représentent un grand espoir car elles ont un coût de fabrication nettement inférieur aux cellules classiques et peuvent être produites à très grande échelle.

Leur faible efficacité énergétique, 5 à 6% de récupération de l’énergie solaire contre 15 à 20% pour les technologies existantes, est certes un obstacle à leur développement rapide. Mais celui-ci est largement compensé par leur prix et la facilité de production qui permettraient à des futures usines de produire en une heure autant de panneaux qu’une usine à panneaux solaires traditionnelle n’en produit en un an.

Le Danemark, 2ème pays à la plus grande efficacité énergétique

Le magazine Forbes a publié un classement des pays les plus efficaces énergétiquement en analysant le nombre de Joules requis à la production d’un dollar du PIB. Le Danemark arrive deuxième, précédé par le Japon et suivi par la Suisse, 3 pays qui ont en commun la difficulté d’accès à des ressources énergétiques abondantes. Dans le cas du Danemark, la recherche de l’indépendance et donc de l’efficacité énergétique a été initiée après le choc de 1973. La chasse au gaspillage a été depuis lors un objectif clair de tous les gouvernements successifs qui ont ainsi cherché à dissocier croissance et consommation d’énergie. Au cours des 15 dernières années, l’économie danoise a progressé de 40% sans augmentation de ses émissions de gaz à effet de serre.

Désignation des trois premières "Villes Energie"

La ministre danoise du climat et de l’énergie, Connie Hedegaard, a annoncé que Copenhague, Kolding et Skrive ont été choisies comme les trois premières "villes énergie" danoises, en raison de leur engagement, de leurs résultats et de leurs plans ambitieux concernant les questions de climat et d’énergie. L’objectif est de les aider à devenir des modèles internationaux en terme de développement durable.

De plus en plus d’énergies renouvelables

Les dernières statistiques de l’Autorité danoise de l’énergie ont montré que la part d’énergie provenant de sources renouvelables au Danemark a augmenté en 2007 pour atteindre 17% de la production totale. Selon la ministre du climat et de l’énergie, il s’agit d’un pas important vers l’objectif danois de 20% en 2011. Presque un tiers de l’électricité est aujourd’hui "verte" et cette proportion devrait encore augmenter avec les trois éoliennes offshores supplémentaires qui seront opérationnelles en 2012. Un bémol néanmoins pour le secteur des transports – le "talon d’Achille" selon Connie Hedegaard – où la consommation d’énergie a augmenté entre 2006 et 2007.

Des entreprises danoises reconnues pour leur technologie propre

Six entreprises danoises sont répertoriées dans le top 100 européen des entreprises de technologies propres élaboré par The Guardian. Ce classement est basé sur le potentiel des firmes quant à une croissance future comparé à leur impact environnemental. Ont ainsi été récompensées A2SEA pour la construction de parcs éoliens offshore, Vertesen et Stirling Danmark pour leur création d’énergie à partir des déchets, AQUAporin pour l’épuration d’eau, LM GlasFiber pour sa production de pales d’éoliennes et BioGasol pour sa production de bioéthanol à partir de biomasses cellulosiques.

Prix et récompenses

DONG Energy a remporté le prestigieux prix Petroleum Economist 2008 dans la catégorie "Meilleure initiative pour une énergie propre". Ce prix vient récompenser le producteur d’électricité danois pour son projet Castor de séparation et capture du CO2 provenant des gaz d’échappement liés à la production d’électricité.

Le Professeur Sven Erik Jørgensen a reçu des mains du roi Carl Gustav de Suède le prestigieux "Stockholm Water Prize", souvent considéré comme le Nobel de l’écologie marine. Il est récompensé aux côtés d’un chercheur américain pour ses travaux sur la modélisation mathématique du comportement des lacs et cours d’eaux qui l’ont conduits à proposer des processus d’assainissement des principaux lacs d’Afrique, le Tanganyika, le Malawi et le lac Victoria.

[BE Danemark numéro 21 (16/10/2008) – Ambassade de France au Danemark / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/56310.htm]

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2 Commentaires sur "Enr : quoi de neuf au Danemark ?"

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dede29
Invité

  C’est bien ces efforts ,mais il faut encore progresser car les Danois produissent 8,9 tonnes de CO2 par habitant (données 2002) et se trouvent en 31ième position !

pasnaif
Invité

Il serait facile d’avoir un gros PIB/tonne de CO², il suffit de développer son activité dans le tertiaire et avec le fric produit, acheter à l’extérieur les équipements nécessaires (Chine ou autre). Comme les besoins basique de la population sont en gros les mêmes partout, ceci conduit à faire libérer ailleurs le CO² nécessaire et se délivrer des auot-satisfecits en CO².Avec 2.5t/an et habitant, ils sont les pires d ‘Europe occidentale, la France seulement 1.67t.

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