Environnement : quelle place dans la stratégie du gouvernement ?

Pour la Fondation Nicolas Hulot, la seconde conférence environnementale qui arrive devrait mettre le gouvernement sur la trajectoire de la réussite ou sur celle de l’échec selon l’ambition qui en ressortira.

"Un bilan pour le moment insuffisant au regard des enjeux, insuffisant au regard des ambitions annoncées, alors même que la transition écologique peut contribuer à sortir de la crise".

Selon la FNH, si des avancées notables ont été actées, comme l’interdiction du bisphénol A ou le statut des lanceurs d’alerte, d’autres chantiers structurants dont le changement de modèle agricole, la loi biodiversité, la rénovation énergétique ou le déploiement des filières renouvelables doivent s’accélérer.

Sur les questions d’énergie et de fiscalité écologique en particulier, la FNH estime que gouvernement tarde trop à prendre ses responsabilités, alors que de nombreuses propositions sont sur la table. En amont de la préparation de la loi sur la transition énergétique, "il est temps d’acter la division par deux des consommations d’ici 2050, d’assurer les conditions de financement (BPI, livrets A et LDD, circuits courts, Société de financement de la transition) et de réaliser avant novembre une étude détaillée sur la réduction à 50 % de la part du nucléaire en 2025."

Sans avancées notables sur la fiscalité écologique, comment continuer à croire à la volonté du gouvernement d’engager réellement le pays sur la transition énergétique et écologique ?

Enfin, certains engagements sont malheureusement en net retard : "sur la biodiversité en raison de gels budgétaires ou sur la réduction des risques sanitaires environnementaux. Il faut rectifier le tir."

Pour la FNH, ce bilan révèle aussi un problème de méthode : "un trop grand nombre d’engagements portent sur la mise en place de comités, de commissions, de groupes de travail… alors que les objectifs à atteindre et la concrétisation restent flous. Pour 2013, il nous faut disposer d’engagements précis, dont l’atteinte et la contribution au changement de société peuvent être évaluées. La Fondation revendique aussi un «droit de suite» plus opérationnel sur l’ensemble des thématiques (ex. un comité de suivi du débat sur l’énergie)."

Représentée dans chacune des 5 tables rondes, la Fondation portera 10 mesures phare pour préparer 2025, ainsi qu’une vingtaine de mesures structurantes. En synthèse, ces propositions visent à :

Table ronde Economie circulaire
: Repenser notre modèle de production en mettant en place un fonds de soutien aux entreprises (notamment les petites) s’engageant dans l’économie circulaire et l’éco-conception, et un plan de lutte contre l’obsolescence programmée.

Table ronde Emploi de la transition écologique
: Concrétiser enfin les emplois de la transition par une gestion territoriale des emplois et des compétences «transition écologique» dans chaque région et un changement d’échelle sur la formation des professionnels du bâtiment.

Table ronde Politique de l’eau : Construire une autre politique de l’eau et changer de modèle agricole par une application volontariste de la nouvelle PAC, le développement de l’agriculture biologique sur les 34000 zones de captage d’eau potable, le renforcement de la fiscalité sur les produits phytosanitaires et l’azote minéral.

Table ronde Biodiversité marine, mer et océans : Préserver la biodiversité marine, en portant, au niveau international, l’identification de zones de non exploitation en Haute-mer et en soumettant l’exploitation à des dispositifs type APA.

Table ronde Education à l’environnement et au développement durable
: Mettre l’éducation à l’environnement et au développement durable au cœur du système éducatif, en faisant de chaque établissement scolaire un lieu de découverte et d’application de la transition écologique et de la solidarité et en instaurant un droit à un séjour nature.

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