Ethanol : Le remède pire que le mal ?

Les attaques contre l’Ethanol font feu de tout bois. C’est l’Academie Nationale des Sciences qui fait ressortir l’appétit, connu, de cette céréale pour l’eau et la haute intensité d’utilisation d’engrais dans sa production. C’est l’Association Américaine du Poumon qui exprime son inquiétude sur certaine forme de pollution qui ont été identifiés comme étant liées aux biocarburants. C’est un rapport de l’EPA qui pointe du doigt le fait qu’il semble que les biocarburants soient associés à de (plus) hauts niveaux d’émission d’ozone. C’est un expert extérieur qui de manière très excessive et condamné d’ailleurs par les Nations unies a qualifié les cultures pour faire des biocaburants comme des " crimes contre l’humanité"(!!!). C’est dire l’ardeur du débat et l’excés des arguments des uns et des autres.

Ceci dit le vrai problème, c’est l’impact de la montée en charge des cultures de maïs à usage énergétique sur le prix de ce produit qui se traduit par une augmentation considérables des produits qui en dérivent à usage alimentaire, comme vous pouvez voir sur le schema ci dessous. Les débuts du boom du maîs ont été accepté sans acrimonie particulière par les autres utilisateurs du produits et de ses dérivés à titre alimentaire. Et puis au fur et a mesure que le prix en montait, ces utilisateurs ont commencés à hausser le ton. C’est l’élevage qui utilisait le maîs pour engraisser les animaux qui s’est plainte de la hausse des prix de ce composant important de l’alimentation animale. C’est l’industrie alimentaire qui, par ricochet, s’en est plainte également.

Sur le plan international, c’est le Mexique qui s’est plaint de l’augmentation du prix de la "tortilla", produit de base de l’alimentation des Mexicains. C’est Monsieur Fidel Castro qui a qualifié les cultures de maïs de "mauvaise idée" et le Président vénézuélien Hugo Chavez qui a affirmé que le maïs doit être utilisé pour la nourriture et pas les carburants, un argument facile quand on regorge de pétrole ! C’est le Canada qui après avoir subventionné la construction d’usines à éthanol, nous dit aujourd’hui que" le cout environnemental de l’éthanol à partir de maîs est plus elevé que prévu".

Bien sur, tout ceçi est sur fond de positionnement politique anti Bush en cette période prè électorale et sur fond de lobbying intense entre bénéficaires des subventions et victimes de la hausse du produit.

D’une certaine mesure, même les diatribes en France de Michel Edouard Leclerc contre les hausses de prix de certains produits reflètent ce rejet de l’utilisation de produits et surfaces agricoles à l’usage d’application énergétiques.

Car, c’est bien de cela qu’il s’agit. L’opinon publique américaine qui questionne et remet en question l’utilisation à titre énergétique de surfaces dévolues précedemment à l’alimentation des populations. Il est vrai qu’une estimation récente de l’utilisation des surfaces de culture du maîs aux Etats Unis montrent qu’actuellement 30% de ses surfaces sont à usage énergétique et 70% à usage agricole mais désormais au prix du maîs "énergétique". Et certains de poser la question de la répartition acceptable entre surfaces utilisées à usages alimentaires et énérgétiques. Sans se rendre compte néanmoins que quelle que soit cette répartition, l’impact prix n’en sera pas changé.

Ce débat dans un monde dont la population ne cesse de s’accroitre et qui cherche frénétiquement des substituts aux produits pétroliers plutot que d’en limiter l’usage, ne vas pas manquer de s’amplifier. Il est seulement dommage qu’après l’intense effort du Grenelle de l’Environnement, nos penseurs français de tous bords et nos médias soient absent de cette prise de conscience…

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Caderange

Partagez l'article

 



Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
avatar
wpDiscuz