Filière bois, le coup de gueule de Christian Pinaudeau

Le 13ème Congrès Forestier Mondial est fini. Des discours et des exposés, principalement présentés par des consultants, des universitaires et/ou scientifiques, autant d’articles utiles à leur carrière et à leur bibliographie, déjà entendus et lus 50, 100 fois.

Et l’écho politiquement correct, inodore, incolore et sans saveur de quelques fonctionnaires représentant des Etats ou des Institutions publiques internationales.

Mais des solutions, des réponses concrètes, des engagements … rien de cela.

Comme il est étrange ce «laisser dire » et ce « laisser-faire ». Est-ce le résultat d’une absence totale de conscience du risque ou d’une absence totale du sens des responsabilités ? Peut-on imaginer qu’au contraire les politiques spéculent sur les catastrophes, les peurs et l’émotion jusqu’au prochain rendez-vous international … A Copenhague ?

L’Union Européenne ne se présente pas mieux où l’indécision rivalise avec le silence. Ses déclarations et autres discours reflètent même une situation exemplaire : ah ! que les forêts sont belles ! multifonctionnelles, multiservices … parées de toutes les vertus pour la sauvegarde de notre planète.

Or dans le même temps les instruments financiers européens pour la forêt sont en voie de disparition. Il n’y a plus aucun financement pour la protection des forêts alors que les risques ne cessent d’augmenter, les tempêtes mais aussi et surtout les feux, notamment à cause de la croissance de la pression démographique et sociale : risques prévisibles et annoncés depuis des années, comme le changement climatique.

Les forêts d’Europe brûlent : et alors ? Quel spectacle que celui des pompiers et des colonnes de camions (l’armée de terre et ses blindés), des avions et des hélicoptères : c’est la guerre. Il ne manque que la marine mais les télévisions sont là. Et puis, « tout sera mis en œuvre pour reboiser »… jusqu’au prochain feu.

Quant aux budgets des Etats membres dédiés à la forêt, ils sont tous en baisse.

Comment les politiques et les hauts fonctionnaires de l’Union Européenne, de la FAO, de l’ONU de la Banque Mondiale vont-ils expliquer cela à Copenhague ?

Il est vrai qu’ils ne s’intéressent pas à la protection des forêts européennes. Pour eux, l’essentiel reste l’expression de leur consensus autour de la lutte contre la déforestation des forêts tropicales… Voilà une bien plus belle cause … oui mais comment vont-ils faire?

Le bois est un matériau naturellement renouvelable qui stocke le CO2, économise l’énergie.

Cette valeur ajoutée doit être reconnue et payée : elle assurera ainsi la source de financement nécessaire au développement des forêts tropicales avec toutes les autres. Ne pas reconnaitre la fonction clé de « pompe à carbone » du bois, c’est condamner les forêts à disparaitre au profit d’autres spéculations plus rentables à court terme et doper le commerce de matériaux plus polluants comme le plastique, le béton ou l’acier.

Il faut prendre des décisions et l’urgence se rapproche devant un fait tout simple et décrit depuis longtemps :

1960 : 3 milliards d’habitants
2005 : 6 milliards d’habitants
2040 : 9 milliards d’habitants

Bien plus rapidement que le changement climatique cette pression démographique va faire exploser les modes de vie et l’occupation des territoires urbains, agricoles et … forestiers. Les solutions sont connues. C’est en décembre 2009 à Copenhague qu’elles doivent être enfin adoptées.


Le SECRETAIRE GENERAL
Christian PINAUDEAU DE L’USSE

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2 Commentaires sur "Filière bois, le coup de gueule de Christian Pinaudeau"

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Pastilleverte
Invité

encore les fprêts, mais c’est pour la bonne cause, et la démographie (tiens tiens) Il faut arrêter les discours de bon sens, Monsieur, à Copenhague l’important sera le couverture médiatique de l’homme politique qui sera désigné “meilleur sauveur de la Planète” (Nicolas S est en lice, ainsi que Barrack H; O, Silvio B semble HC)

yp
Invité

il faut répeter le message encore et encore, le plus drôle c’est que la majeure partie du peuple est demandeur, mais les gouvernements peinent à suivre, à sauter vraiment le pas, à enclencher les transformations, à changer pour de bon de siècle et de millénaire.

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